C'est maintenant officiel. La candidature de la Côte d'Ivoire à la Banque centrale des Etats de l'Afrique de l'Ouest (BCEAO) a été présentée hier, officiellement, par le Premier ministre ivoirien Guillaume Soro au président du Burkina Faso, président en exercice de la CEDEAO. Et c'est le ministre d'Etat, ministre du Plan et du Développement, Paul Antoine Bohoun Bouabré qui, parti avec Soro, a été présenté à Compaoré comme le successeur désigné de Charles Konan Banny. Selon une source proche du dossier interrogée sur place à Ouagadougou, la rencontre s'est bien déroulée. Avec cette officialisation de la candidature de la Côte d'Ivoire, c'est tous ceux qui, tapis dans l'ombre, mettent tout en ?uvre pour torpiller la candidature de M. Bouabré qui voient leurs illusions s'envoler. Certains sont dans l'enceinte de la Banque centrale à Dakar, d'autres sont ici à Abidjan. Au départ, ils luttaient pour que le chef de l'Etat ivoirien n'ait pas l'exclusivité du choix du candidat. Mais la chose s'est imposée à eux. Ils se battent maintenant pour que le candidat de la Côte d'Ivoire ne soit pas Bohoun Bouabré. La raison ? Selon eux, M. Bouabré est trop marqué et très proche du chef de l'Etat. Comme s'il y avait homme plus marqué que Dominique Strauss-Khan qui vient d'atterrir à la tête du FMI. Ancien ministre de Lionel Jospin, socialiste connu, il a été candidat à la candidature au sein de son parti, pour l'élection présidentielle française passée.
C'est en décembre prochain, au sommet des chefs d'Etat de la CEDEAO, que se fera le choix du nouveau gouverneur de la BCEAO. Selon le partage des responsabilités dans la gestion des organes de l'Union économique et monétaire ouest africaine (UEMOA), la tête de la BCEAO est l'affaire exclusive de la Côte d'Ivoire qui est le plus gros fournisseur en devises. C'est dire donc que pratiquement, depuis hier, Bohoun Bouabré est le nouveau gouverneur de la BCEAO. Il devrait, dans les tout prochains jours, commencer à dire ce qu'il entend faire comme changement dans cette institution régionale où, semble-t-il, l'on ne travaille plus comme il se doit.
La rencontre Soro-Compaoré a eu lieu en marge de la réunion qui se tient à Ouaga et qui devrait accoucher d'un accord qui devrait s'appeler Ouaga II et dont la signature est prévue pour ce matin.
Abdoulaye Villard Sanogo