Code de bonne conduite : Gbagbo et le FPI, les gros violeurs
Que reste-t-il du code de bonne conduite en période électorale signé le 25 avril 2008 par l'ensemble de la classe politique ivoirienne en présence du Secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon ? Du moins, qu'est-ce que les leaders politiques ont-ils fait de ce code qui devrait guider leurs discours et déclarations dans cette période sensible ? Pour l'instant, il est presqu'aux oubliettes. De toutes les formations politiques qui l'ignorent royalement pour s'adonner aux diatribes et autres attaques, le FPI de Gbagbo Laurent détient la palme du meilleur violeur du code. Voici quelques extraits des propos incendiaires des pontes du FPI.
De tous les hommes politiques ivoiriens, le chef de l'Etat devait être le moins virulent, parce que justement il est le chef de l'Etat. Il est le président de tout le monde et en tant que tel, il ne devrait en aucun cas, opter pour sa chapelle politique, dans un discours qui se veut républicain. Le Président Gbagbo Laurent oublie souvent cela et franchissant rapidement le pas entre le statut du Chef de l'Etat et celui du candidat du FPI, pour envoyer des flèches voilées à ses adversaires politiques. Au grand dam du code de bonne conduite.
Devant les populations de Duékoué, le 21 octobre 2008 au palais, il n'a pu s'empêcher de voir en Doué un adversaire qu'il faut ridiculiser pour l'affaiblir : " Doué Mathias peut venir. Il peut faire la politique s'il le veut, installer un magasin de vente de riz, aller au champ comme il l'entend. " Cette phrase qui frise le mépris est de nature à révolter les partisans du Général Doué. Parlant des partis houphouëtistes comme le PDCI-RDA, le RDR et l'UDPCI dont les présidents ont été investis candidats à la prochaine présidentielle, le Chef de l'Etat s'est cru obligé de chercher à les accuser là aussi. Donnant ainsi dans la provocation. Surtout que ce n'est ni le lieu, ni le moment. " C'est la guerre des héritiers qui nous a conduits ici. Parce que cette guerre- là, il faut qu'on en fasse la genèse. Quand je réclame un débat radiotélévisé avec eux, c'est pour parler de cela. Comment la guerre est venue en Côte d'Ivoire ? Si je me tais, c'est parce que je suis pour le moment dans les fonctions de Président de la République. C'est cela le vrai débat. Pour eux, le poste de Président de la République est leur chasse gardée. ", dit-il devant les populations de Tabou, le 22 octobre 2008. Il va même plus loin, pour contester aux autres candidats leur droit au point d'assimiler leur légitime ambition aux germes de la guerre civile. Une autre accusation politicienne. " () Quand certaines personnes veulent faire croire que c'est leur place, c'est un poison pour la République. Si on ne comprend pas cela, on ne peut pas évoluer. Si on ne comprend pas cela, c'est qu'on n'a pas encore enlevé les germes de la guerre civile. Je voudrais dire aux Ivoiriens que ce sont ces genres de discours, à savoir les discours dangereux de la prédestination, de l'héritage, qui nous a amenés progressivement vers l'abîme. Il faut mettre fin à ces discours. "
Quelques mois auparavant, soit le 14 mars 2008 dans une interview sur le plateau de l'intégration africaine, il a pratiquement porté une insulte à l'endroit de ses adversaires en ces termes : " Je n'appelle pas opposants, ceux que vous considérez comme des opposants parce que quand quelqu'un partage le gouvernement avec un Chef d'Etat élu, il ne peut plus dire vraiment, qu'il est opposant... " Mais quant à l'éventualité de sa perte, il s'écrie sur France 24, le 06 mai 2008 " Oui, oui, oui, mais pourquoi je serais battu ? Pourquoi je serais battu ? " Cette peur bleue de perdre les élections est bien révélatrice, lorsqu'on sait qu'il a déclaré au début de 2008 qu'il ne voudrait pas que quelqu'un sorte pour contester la victoire de son vis-à-vis.
Pendant que Laurent Gbagbo fait feu de tous bois sur ceux qu'il voit en ennemis, son épouse Simone n'y va pas du dos de la cuillère. Elle qui ne rate aucune occasion pour pourfendre adversaires et partenaires, sans prendre des gants et au grand dam des accords de paix et du Code de bonne conduite. " Moi, partout où je passe, je mène mon même combat. Mon combat, c`est que nous avons une nation à bâtir. Pour bâtir la nation, nous avons besoin d`un Etat. Pour que l`Etat soit debout, nous avons besoin d`une part que l`Etat soit respecté ; que les lois de l`Etat soient respectées ; que les institutions soient respectées et puis, nous avons besoin que l`ordre soit respecté. Que nous n`ayons plus dans notre pays, deux mondes. Un monde qui est dans la République et un monde qui revendique encore la rébellion. Quand j`entends com-zone, M. le ministre, ça me dérange. On ne doit plus avoir de zones ", déclarait-elle à Katiola le 31 août 2008. Cette sortie, qui a effarouché les Forces nouvelles lui a valu un entretien serré à Bouaké d'au moins 3 heures d'horloge. Toutefois, elle aura déjà mis à mal le processus. Au nez et à la barbe de tout le monde. Comme si cela ne suffisait pas, elle enfonça le clou à Sakassou le 12 septembre 2008, en versant dans le tribalisme des plus rétrogrades : " Le pouvoir n`appartient pas qu`aux Baoulé !... Nous ne sommes pas dans un royaume pour qu`un Konan vienne remplacer un Kouadio. Nous sommes dans une République où le peuple choisit librement ses gouvernants ! ". Le samedi 15 novembre, à l'occasion de la célébration de la journée nationale de la Paix, à Attiégouakro, dans le département de Yamoussoukro, le Chef de l'Etat Gbagbo Laurent, à qui devait être remis une distinction "d'Homme de Paix", n'a peu s'empêcher d'endosser son manteau de candidat et d'attaquer à visage découvert ses adversaires. " On dit que Gbagbo a peur des élections, c'est pourquoi il fait tout pour les retarder. Mais qu'est-ce que je vois devant moi ? Sont-ils dans un état où je dois avoir peur d'eux ? Les gens que je regarde-là, aujourd'hui quelqu'un peut-il avoir peur d'eux ?... Vous laissez l'arbitre et vous dites que c'est Gbagbo. Là encore, c'est du mensonge. Dites-leur que personne ne peut avoir peur d'eux encore ". Il n'y a pas pires mépris et insulte à ses adversaires.
Le président du FPI Affi NGuessan Pascal détient la palme des dérives et autres bourdes confligènes. Les dernières sorties en date sont évocatrices. Dans sa tournée des "agoras" et "parlements" FPI, il a endossé son manteau de guerrier contre les adversaires du FPI. En brandissant les milices tribales, instruments de la terreur de la réfondation. A Abobo le 28 octobre 2008, il a préparé les esprits à ce qui pourrait advenir si jamais le FPI devrait perdre la présidentielle : " Ils ne doivent pas traîner les pieds. Certains disent que la résistance est terminée, je suis venu vous dire que la résistance n'est pas terminée. Elle ne se terminera jamais ". Cette sorte de prophétie noire, il l'a expliquée la veille à la Sorbonne au Plateau : " le FPI a gagné la lutte militaire, médiatique et diplomatique, il lui faut remporter celle des élections ". Et d'ajouter : "Si nous perdons, c'est la résistance qui aura perdu. Si nous perdons, c'est la rébellion qui aura eu raison de la résistance ", avant de l'étayer en long et en large le lendemain à Koumassi : " Avec les milices, nous avons fait échec à la rébellion armée. Et je pense que dès l`année prochaine, je vais proposer à la direction du Front Populaire Ivoirien que nous rendions hommage aux milices et aux groupes d`auto défense parce qu`il faut que nous revendiquions de façon responsable la notion de milice. On a voulu faire croire que cette notion est une notion dégradante, péjorative, non ! Nous devons revendiquer la milice. Il faut que très prochainement au début de l`année 2009, nous organisions une grande journée de la milice pour montrer en quoi la milice a été un soutien déterminant de la résistance en Côte d`Ivoire que nous leur rendons hommage et que nous leur disions que leur travail n`est pas terminé, qu`ils doivent être la sentinelle de la démocratie et de la refondation, qu`ils doivent être là comme des anciens combattants prêts à se réengager si les circonstances l`exigent. Si nous oublions que ceux que nous aurons en face de nous à l`occasion des élections sont naturellement, congénitalement des tricheurs, nous aurons oublié l`essentiel.Je dis souvent que Houphouët a fait beaucoup de choses en Côte d`Ivoire, de bonnes choses, de mauvaises choses. Mais les deux erreurs les plus grandes en Côte d`Ivoire, c`est Alassane et Bédié. C`est des erreurs historiques. Une erreur plus une erreur, est-ce que ça donne quelque chose de bon ? L`addition des erreurs, c`est la catastrophe Les élections ne sont plus possibles le 30 novembre, mais au premier trimestre de 2009, Soro Guillaume doit se débrouiller. Car si les élections n`ont pas lieu, il faudra que quelqu`un paye parce que nous n`allons pas nous asseoir à regarder qu`on nous mène en bateau. Sinon chacun prendra ses responsabilités ". Pourtant, c'est Affi Nguessan qui a signé le Code de bonne conduite pour le compte du FPI.
Eddy PEHE
De tous les hommes politiques ivoiriens, le chef de l'Etat devait être le moins virulent, parce que justement il est le chef de l'Etat. Il est le président de tout le monde et en tant que tel, il ne devrait en aucun cas, opter pour sa chapelle politique, dans un discours qui se veut républicain. Le Président Gbagbo Laurent oublie souvent cela et franchissant rapidement le pas entre le statut du Chef de l'Etat et celui du candidat du FPI, pour envoyer des flèches voilées à ses adversaires politiques. Au grand dam du code de bonne conduite.
Devant les populations de Duékoué, le 21 octobre 2008 au palais, il n'a pu s'empêcher de voir en Doué un adversaire qu'il faut ridiculiser pour l'affaiblir : " Doué Mathias peut venir. Il peut faire la politique s'il le veut, installer un magasin de vente de riz, aller au champ comme il l'entend. " Cette phrase qui frise le mépris est de nature à révolter les partisans du Général Doué. Parlant des partis houphouëtistes comme le PDCI-RDA, le RDR et l'UDPCI dont les présidents ont été investis candidats à la prochaine présidentielle, le Chef de l'Etat s'est cru obligé de chercher à les accuser là aussi. Donnant ainsi dans la provocation. Surtout que ce n'est ni le lieu, ni le moment. " C'est la guerre des héritiers qui nous a conduits ici. Parce que cette guerre- là, il faut qu'on en fasse la genèse. Quand je réclame un débat radiotélévisé avec eux, c'est pour parler de cela. Comment la guerre est venue en Côte d'Ivoire ? Si je me tais, c'est parce que je suis pour le moment dans les fonctions de Président de la République. C'est cela le vrai débat. Pour eux, le poste de Président de la République est leur chasse gardée. ", dit-il devant les populations de Tabou, le 22 octobre 2008. Il va même plus loin, pour contester aux autres candidats leur droit au point d'assimiler leur légitime ambition aux germes de la guerre civile. Une autre accusation politicienne. " () Quand certaines personnes veulent faire croire que c'est leur place, c'est un poison pour la République. Si on ne comprend pas cela, on ne peut pas évoluer. Si on ne comprend pas cela, c'est qu'on n'a pas encore enlevé les germes de la guerre civile. Je voudrais dire aux Ivoiriens que ce sont ces genres de discours, à savoir les discours dangereux de la prédestination, de l'héritage, qui nous a amenés progressivement vers l'abîme. Il faut mettre fin à ces discours. "
Quelques mois auparavant, soit le 14 mars 2008 dans une interview sur le plateau de l'intégration africaine, il a pratiquement porté une insulte à l'endroit de ses adversaires en ces termes : " Je n'appelle pas opposants, ceux que vous considérez comme des opposants parce que quand quelqu'un partage le gouvernement avec un Chef d'Etat élu, il ne peut plus dire vraiment, qu'il est opposant... " Mais quant à l'éventualité de sa perte, il s'écrie sur France 24, le 06 mai 2008 " Oui, oui, oui, mais pourquoi je serais battu ? Pourquoi je serais battu ? " Cette peur bleue de perdre les élections est bien révélatrice, lorsqu'on sait qu'il a déclaré au début de 2008 qu'il ne voudrait pas que quelqu'un sorte pour contester la victoire de son vis-à-vis.
Pendant que Laurent Gbagbo fait feu de tous bois sur ceux qu'il voit en ennemis, son épouse Simone n'y va pas du dos de la cuillère. Elle qui ne rate aucune occasion pour pourfendre adversaires et partenaires, sans prendre des gants et au grand dam des accords de paix et du Code de bonne conduite. " Moi, partout où je passe, je mène mon même combat. Mon combat, c`est que nous avons une nation à bâtir. Pour bâtir la nation, nous avons besoin d`un Etat. Pour que l`Etat soit debout, nous avons besoin d`une part que l`Etat soit respecté ; que les lois de l`Etat soient respectées ; que les institutions soient respectées et puis, nous avons besoin que l`ordre soit respecté. Que nous n`ayons plus dans notre pays, deux mondes. Un monde qui est dans la République et un monde qui revendique encore la rébellion. Quand j`entends com-zone, M. le ministre, ça me dérange. On ne doit plus avoir de zones ", déclarait-elle à Katiola le 31 août 2008. Cette sortie, qui a effarouché les Forces nouvelles lui a valu un entretien serré à Bouaké d'au moins 3 heures d'horloge. Toutefois, elle aura déjà mis à mal le processus. Au nez et à la barbe de tout le monde. Comme si cela ne suffisait pas, elle enfonça le clou à Sakassou le 12 septembre 2008, en versant dans le tribalisme des plus rétrogrades : " Le pouvoir n`appartient pas qu`aux Baoulé !... Nous ne sommes pas dans un royaume pour qu`un Konan vienne remplacer un Kouadio. Nous sommes dans une République où le peuple choisit librement ses gouvernants ! ". Le samedi 15 novembre, à l'occasion de la célébration de la journée nationale de la Paix, à Attiégouakro, dans le département de Yamoussoukro, le Chef de l'Etat Gbagbo Laurent, à qui devait être remis une distinction "d'Homme de Paix", n'a peu s'empêcher d'endosser son manteau de candidat et d'attaquer à visage découvert ses adversaires. " On dit que Gbagbo a peur des élections, c'est pourquoi il fait tout pour les retarder. Mais qu'est-ce que je vois devant moi ? Sont-ils dans un état où je dois avoir peur d'eux ? Les gens que je regarde-là, aujourd'hui quelqu'un peut-il avoir peur d'eux ?... Vous laissez l'arbitre et vous dites que c'est Gbagbo. Là encore, c'est du mensonge. Dites-leur que personne ne peut avoir peur d'eux encore ". Il n'y a pas pires mépris et insulte à ses adversaires.
Le président du FPI Affi NGuessan Pascal détient la palme des dérives et autres bourdes confligènes. Les dernières sorties en date sont évocatrices. Dans sa tournée des "agoras" et "parlements" FPI, il a endossé son manteau de guerrier contre les adversaires du FPI. En brandissant les milices tribales, instruments de la terreur de la réfondation. A Abobo le 28 octobre 2008, il a préparé les esprits à ce qui pourrait advenir si jamais le FPI devrait perdre la présidentielle : " Ils ne doivent pas traîner les pieds. Certains disent que la résistance est terminée, je suis venu vous dire que la résistance n'est pas terminée. Elle ne se terminera jamais ". Cette sorte de prophétie noire, il l'a expliquée la veille à la Sorbonne au Plateau : " le FPI a gagné la lutte militaire, médiatique et diplomatique, il lui faut remporter celle des élections ". Et d'ajouter : "Si nous perdons, c'est la résistance qui aura perdu. Si nous perdons, c'est la rébellion qui aura eu raison de la résistance ", avant de l'étayer en long et en large le lendemain à Koumassi : " Avec les milices, nous avons fait échec à la rébellion armée. Et je pense que dès l`année prochaine, je vais proposer à la direction du Front Populaire Ivoirien que nous rendions hommage aux milices et aux groupes d`auto défense parce qu`il faut que nous revendiquions de façon responsable la notion de milice. On a voulu faire croire que cette notion est une notion dégradante, péjorative, non ! Nous devons revendiquer la milice. Il faut que très prochainement au début de l`année 2009, nous organisions une grande journée de la milice pour montrer en quoi la milice a été un soutien déterminant de la résistance en Côte d`Ivoire que nous leur rendons hommage et que nous leur disions que leur travail n`est pas terminé, qu`ils doivent être la sentinelle de la démocratie et de la refondation, qu`ils doivent être là comme des anciens combattants prêts à se réengager si les circonstances l`exigent. Si nous oublions que ceux que nous aurons en face de nous à l`occasion des élections sont naturellement, congénitalement des tricheurs, nous aurons oublié l`essentiel.Je dis souvent que Houphouët a fait beaucoup de choses en Côte d`Ivoire, de bonnes choses, de mauvaises choses. Mais les deux erreurs les plus grandes en Côte d`Ivoire, c`est Alassane et Bédié. C`est des erreurs historiques. Une erreur plus une erreur, est-ce que ça donne quelque chose de bon ? L`addition des erreurs, c`est la catastrophe Les élections ne sont plus possibles le 30 novembre, mais au premier trimestre de 2009, Soro Guillaume doit se débrouiller. Car si les élections n`ont pas lieu, il faudra que quelqu`un paye parce que nous n`allons pas nous asseoir à regarder qu`on nous mène en bateau. Sinon chacun prendra ses responsabilités ". Pourtant, c'est Affi Nguessan qui a signé le Code de bonne conduite pour le compte du FPI.
Eddy PEHE