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SEM Abderrahim Ould Hadrami (Ambassadeur de Mauritanie en Côte d`Ivoire) - Il n`y a rien qui nous empêche de revenir à la Cedeao si

L'ambassadeur de Mauritanie est en Côte d'Ivoire depuis août 2002. Sans aucune pression, le diplomate mauritanien parle de son pays, du président Laurent Gbagbo, de l'accord de Ouagadougou. SEM Abderrahim Ould Hadrami croit que la solution des conflits reste dans le dialogue et la négociation. La Mauritanie peut revenir à la Cedeao, si les intérêts le dictent
Excellence, peut-on dire aujourd'hui que la Mauritanie est un Etat démocratique ?
Abderrahim Ould Hadrami : oui. Dans la mesure où, pour la première fois, dans l'histoire du pays, les mauritaniens dans leur ensemble, ont pu choisir librement et sans aucune pression d'aucune sorte, leurs représentants au niveau de l'Assemblée Nationale, du Sénat et des Conseils Municipaux, en dehors de toute immixtion de l'administration et des pouvoirs publics. Le vote indépendant, régulier et transparent des mauritaniens, s'est également appliqué à l'élection présidentielle, le 25 mars dernier, qui a vu le candidat Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdellahi, remporter le scrutin, au deuxième tour grâce à un score de 52,85% de voix. Ce résultat n'a été contesté par aucun des 18 candidats qui avaient brigué la magistrature suprême aux côtés de Ould Cheikh Abdellahi. Ces élections constituent l'aboutissement d'une période de transition politique de 19 mois, au cours de laquelle le Conseil Militaire pour la Justice et la Démocratie, et le gouvernement de transition, sous la Direction du Colonel Ely Ould Mohamed Vall, ont opéré les réformes nécessaires pour la mise en place d'un Etat véritablement démocratique où les libertés et les droits de l'homme sont respectés, la bonne gouvernance érigée en système et la justice au service de tous. Actuellement quelle est la qualité des relations de la Mauritanie avec le reste du monde arabe?
Il s'agit de très bonnes relations que ce soit au niveau bilatéral, dans le cadre de la Ligue des Etats Arabes ou au sein de l'Union Africaine, pour ce qui concerne les Etats à la fois arabes et africains. Aujourd'hui, Excellence, quelles leçons, la Mauritanie tire-t-elle de ses relations avec Israël ?
S'il y a une leçon à tirer de ces relations c'est celle de toujours privilégier la solution des conflits par le dialogue et la négociation et éviter de recourir à la guerre. Je m'explique: en établissant des relations diplomatiques avec Israël, la Mauritanie avait voulu contribuer à la réalisation de la paix entre palestiniens et israéliens par la voie de la négociation. Elle ne pouvait pas apporter sa contribution, aussi modeste soit-elle, sans pouvoir parler aux israéliens. Sa position vis-à-vis de ce conflit est constante: soutien à l'option de paix par la voie de la négociation sur la base des résolutions internationales pertinentes, de l'initiative arabe de paix, de la feuille de route, devant garantir le retrait israélien de tous les territoires arabes occupés en Palestine, en Syrie et au Liban et permettant au peuple palestinien de recouvrer ses droits légitimes dont, en premier lieu, celui de fonder son Etat indépendant, ayant pour capitale Al Qods Al Sherif.
La Mauritanie est-elle prête à revenir à la Cedeao ?
Il n' y a rien qui empêche la Mauritanie de revenir à la Cedeao si, toutefois, les intérêts du pays le dictent. Il appartient aux autorités mauritaniennes de définir ces intérêts et, par conséquent, de se prononcer sur cette question. La Mauritanie a quitté la zone CFA. Peut-on s'attendre aussi à un retour?
Je vous renvoie à la réponse précédente avec la nuance, cette fois, que le retrait de la Mauritanie de la zone CFA, en 1973, était dicté par ses intérêts comme ceux de son indépendance financière et monétaire. Je ne vois pas comment, avec une croissance économique prévisionnelle de
plus de 10% cette année, avec la réalisation des équilibres financiers, un budget excédentaire, une
inflation maîtrisée, la Mauritanie pourrait renoncer à sa monnaie nationale. Excellence quel regard portez-vous sur l'accord de Ouagadougou, sur la crise ivoirienne?
L'accord de Ouagadougou est un excellent accord dans la mesure où il a été accepté par toutes les parties ivoiriennes et soutenu par la communauté internationale. Ceci est à mettre au crédit de Son Excellence le Président Gbagbo qui a pris l'initiative du dialogue direct ainsi que du Premier Ministre Soro Kigbafori Guillaume qui s'est totalement investi pour la réussite de ce dialogue qui vient d'être couronné par la formation du nouveau gouvernement, devant conduire à la paix. Je suis sûr que, durant l'année en cours, des élections transparentes et incontestables seront organisées. L'année 2007 sera, assurément, l'année de la paix en Côte d'Ivoire, pays important qui retrouvera la place qui est la sienne dans la sous- région et dans le concert des Nations. C'est en tout cas le souhait de la Mauritanie, qui a toujours entretenu d'excellentes relations avec ce pays frère, à qui elle souhaite prospérité et concorde dans la paix.
Interview réalisée par
Ben Ismaël

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