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Opération de séduction avortée

Hier, il a réalisé le rêve de sa vie, parler à la tribune de l'ONU. Malheureusement pour lui, ce fut presque devant une salle vide, une assemblée clairsemée d'ambassadeurs et ministres d'Affaires étrangères. Tous les grands chefs d'Etat du monde se sont exprimés avant-hier et beaucoup d'entre eux comme le Président français Nicolas Sarkozy sont rentrés dans leur pays respectif. Ecouter Gbagbo, la star d'Abidjan, n'était pas un souci. C'est donc dans une atmosphère presque glaciale que le chef de l'Etat ivoirien s'est adressé au monde ( ?) D'ailleurs son discours n'a soulevé aucune ovation. Que retenir de son discours ? Pas grand'chose. Il a remercié l'Union africaine, la CEDEAO, le Secrétaire général de l'ONU, la communauté internationale mais pas la France, signe que les griefs et la ranc?ur contre le pays de Sarkozy n'ont pas encore quitté le c?ur de notre cher président. A la tribune de l'ONU, Laurent Gbagbo a surtout voulu apparaître comme un homme nouveau, un grand démocrate, quelqu'un qui a un amour fou pour les élections. D'ailleurs à ce propos, le chef de l'Etat s'est présenté comme un véritable défenseur de la démocratie et des libertés publiques. En l'écoutant, on avait le net sentiment que notre président bien aimé voulait enseigner au monde civilisé les vertus de la démocratie et des élections. On avait du mal à croire que c'était le même homme qui, en 2005, avait tordu le cou à notre loi fondamentale pour se maintenir au pouvoir par la force, que c'était lui qui avait fait massacrer ses opposants en mars 2004, que c'était lui qui avait donné instruction à l'armée du général Mangou de "vacciner le peuple" quand celui-ci voulait manifester contre les déchets toxiques, que c'est toujours lui qui s'est constitué comme un obstacle aux accords de paix signés et aux résolutions de l'ONU.
Heureusement que le monde n'a pas la mémoire aussi courte et qu'il ne se laisse pas séduire par les propos de quelqu'un qui a toujours joué la carte de la défiance vis-à-vis de la communauté internationale.
ASC

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