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Débat républicain- PDCI-RDA: Battre Gbagbo autrement

Depuis le déclenchement de cette grave crise, qui secoue le pays dans tous les domaines de ses activités, comme dans ses fondamentaux historiques, sociologiques, culturels et humains ; la question devient récurrente au niveau de l'opinion nationale comme internationale, de savoir le rôle du PDCI-RDA dans le retour de la paix. Plus qu'un souhait, c'est aujourd'hui un désir. Bon nombre d'Ivoiriens, las d'attendre des lendemains meilleurs, fatigués de tourner en rond, acculés par la pauvreté et la misère, voudraient que le PDCI-RDA, dans l'opposition, fasse ce que le FPI, pendant ses dix années dans l'opposition, a fait : des marches de protestations tous azimuts; des meetings d'injures publiques et de dénigrements des autorités ; des sit-in à la place de la république ; des grèves dans tous les secteurs d'activité qui paralyseraient l'économie du pays; des casses et tout autre acte de vandalisme contre les édifices publics; enfin la gangstérisation de la jeunesse estudiantine et scolaire. Ils ont raison ces Ivoiriens qui pensent ainsi. Ils ont raison de vouloir écourter cette crise, de vouloir par cette méthode de la violence et de la barbarie, mettre fin à une présidence non mandatée. Ils pensent juste quand ils veulent ainsi mettre un terme à la misère, au chômage, à la montée de la criminalité, à la déliquescence de la morale et des valeurs qui sont censées caractériser un peuple, une nation, un Etat. Ils sont dans le vrai ces Ivoiriens parce qu'ils croupissent sous le poids des dettes, pendant que le train de vie de l'Etat s'accroît exagérément (de 15 milliards de budget de souveraineté sous BEDIE, on est à 65 milliards sous la Refondation) faisant même penser que la Côte d'Ivoire ne serait pas en crise. Ils ont raison parce qu'ils souffrent trop de cette situation, parce qu'ils sont ruinés et ne savent vraiment pas comment sortir de cette crise autrement que par la violence face à un pouvoir politique, ancré dans la violence qui apparemment semble avoir d'autres priorités que le bonheur des Ivoiriens. Oui, c'est effectivement révoltant de savoir que les orphelins de guerre de l'orphelinat de Danané n'ont rien à manger et voir leur Président Laurent GBAGBO remplir les avions de vivres et d'habits pour, selon ses propres termes, "aider les Burundais et les Angolais qui souffrent".
Oui, c'est pratiquement rationnel de vouloir se soulever contre un Chef d'Etat qui choisit le jour de la fête des travailleurs pour les insulter alors qu'ils faisaient des revendications tout justifiées. Oui, ça pousse à déverser sa bile de savoir que celui-là même qui plus que tous, sait la gravité de la crise que nous vivons ne s'empêche pas d'augmenter son budget de souveraineté pendant que les prix des matières de première nécessité augmentent exagérément.
Ici, on pourrait dire comme SORO Guillaume qu'il n'y a qu'un seul langage que Laurent GBAGBO comprend, le langage de la violence. On pourrait également dire comme Albert CAMUS que "le suicide devient un acte légitime quand la vie est faite de peines sans compensations". Pourquoi attendre et mourir bêtement de la politique du FPI sans réagir ? Toutes ces pensées sont légitimes au regard de la souffrance du peuple et de la permanence de cette crise malgré les sacrifices. Mais le PDCI-RDA, premier parti politique de ce pays, qui a su le bâtir, en lui donnant une Ame de paix, un Corps de fraternité et un Comportement de travailleurs, n'aura pas raison d'emprunter au FPI sa méthode de violence, d'incivilité, d'indignité et d'irresponsabilité. Non, le PDCI-RDA ne sera pas crédible s'il ne mettait plus comme il a toujours su le faire depuis les indépendances, au devant de sa démarche l'HOMME. En effet, de même qu'il est impossible d'attirer les mouches avec du vinaigre, on ne gagne jamais le c?ur des hommes avec la violence, la haine et le mépris ; encore moins le c?ur des Ivoiriens habitués à la paix et au dialogue. Il faut informer les Ivoiriens qu'un parti politique même dans l'opposition n'a pas le droit de s'opposer dans l'illégalité. L'Opposition, dans un contexte démocratique, s'oppose mais dans la stricte légalité c'est-à-dire dans le respect des lois en vigueur, lesquelles sont nécessaires pour juger de la moralité des peuples et des nations. En tant qu'hommes politiques, nous avons un devoir de dénoncer, d'interpeller les consciences certes mais nous sommes tenus par le devoir moral d'être raisonnables, d'être un modèle pour le peuple, pour nos enfants qui nous écoutent et nous regardent. Le PDCI-RDA le sait qu'il travaille habilement avec subtilité et sagesse pour jouer le rôle qui est le sien : porter haut les douleurs du peuple ivoirien quand les lois le permettent. Le PDCI-RDA sait jouer entre les lignes du possible et de l'impossible dans un contexte de rébellion, de guerre avec des dirigeants qui n'ont que l'alibi de possibilités imminentes de coups d'Etat comme verbe et répressions sauvages pour se maintenir au pouvoir comme moyen d'action. Le PDCI-RDA a su avec intelligence et tact jouer son rôle de parti politique de l'opposition. Avec à sa tête le Président Henri KONAN BEDIE, le PDCI-RDA dont la sagesse et le vrai sens du politique sont à saluer, nous aura donné une deuxième leçon. Après celle d'un parti démocratique au pouvoir, il nous donne la leçon d'un parti démocratique dans l'opposition. Au pouvoir d'Etat, Henri KONAN BEDIE et le PDCI-RDA, par souci de la démocratie et par respect de l'homme, n'ont jamais utilisé les Forces de l'Ordre pour tuer leurs concitoyens et /ou pour empêcher l'expression réelle de la démocratie. Le peuple ivoirien le sait parce qu'il n'a jamais entendu de la bouche du Président Henri KONAN BEDIE comme dans les différents discours du PDCI-RDA au pouvoir, les expressions dictatoriales comme "couvre-feu", "zone rouge" "état d'urgence" etc. Le FPI et ses militants le savent parce que sous Henri KONAN BEDIE, ils ont marché et protesté quand ils ont voulu et comme ils l'ont souhaité et cela avec la bénédiction du PDCI-RDA et Henri KONAN BEDIE qui dégageaient les artères de la ville d'Abidjan devant être utilisées pour leurs manifestations. Une police républicaine les a toujours encadrés avec des instructions fermes du Président Henri KONAN BEDIE de ne répondre aux provocations des manifestants. Le PDCI-RDA et Henri KONAN BEDIE le faisaient non pas par faiblesse mais par esprit démocratique et par humanisme. Le PDCI-RDA et Henri KONAN BEDIE savaient que la république ne se réduisait pas seulement au parti au pouvoir mais aussi et surtout à toute la Côte d'Ivoire dont une partie peut et doit marcher librement et revendiquer quand certaines décisions du gouvernement ne lui semblaient pas porter son intérêt. Le PDCI-RDA et Henri KONAN BEDIE savaient que l'Opposition par ses nombreuses marches attirait le regard du gouvernement sur des problèmes réels de la société ivoirienne- Ils savaient qu'être au pouvoir ne signifie pas avoir la solution à tous les problèmes, être informé de tous les problèmes. Ils n'avaient donc pas le droit de réprimer les manifestations légales de l'Opposition ni de les passer sous silence. Ainsi, sitôt la marche terminée, au journal télévisé de 20 heures, les militants du FPÏ se satisfaisaient de voir les images de leurs manifestations. Les sorbonnards savent que le PDCI-RDA est le parti vraiment démocratique parce qu'à un pas du Palais Présidentiel, ils étaient libres de faire toutes sortes de critiques contre le gouvernement du PDCI-RDA sans jamais être inquiétés ; et il n'était pas rare que certaines de leurs critiques soient prises en compte dans les décisions du gouvernement. Laurent GBAGBO le sait, lui qui pouvait se mettre en première ligne des marches parce que assuré d'avance de la non intervention brutale des Forces de l'Ordre. Laurent DONA FOLOGO le sait très bien, lui qui, excédé par les nombreuses marches de l'Opposition, déclara "tu marches, je marche". Nous avons connu ces moments d'une expression plurielle, diverse et fraternelle de la démocratie dans ce pays sous Henri KONAN BEDIE. Ce parti dont le Président a toujours prôné la démocratie apaisée et participative n'a pas le droit de sacrifier la vie des Ivoiriens sur l'autel de la religion politique. Il n'a pas ce droit même au nom de la défense des intérêts des Ivoiriens de les jeter à l'abattoir. Le PDCI-RDA sait plus que tous qu'un parti politique est une organisation politique et donc gouvernementale dans l'attente de sa consécration éventuelle au bout des élections. Dans une telle organisation, il y a toujours une hiérarchie et chacun fait son travail. Réclamer BEDIE par-ci ou par-là, c'est méconnaître le fonctionnement d'un véritable parti politique. Un Elu, un Délégué du parti ou un Cadre de la Direction du Parti qui se déplace, c'est Aimé Henri KONAN BEDIE qui s'est déplacé. Les sages savent que le grand masque ne sort du bois sacré qu'en dernière instance. Le Président Henri KONAN BEDIE sait qu'un président de parti politique est un président de la république dans l'anti-chambre du pouvoir. Le PDCI-RDA et son Président même dans l'opposition doivent se garder d'attitudes anti- institutionnelles, de comportements passionnels et de discours insurrectionnels. Que gagnons-nous à l'embrasement de notre pays ? Quelle dignité avons-nous d'accéder au pouvoir en passant sur le corps des Ivoiriens ? Quel modèle d'hommes politiques serions-nous si nous n'avions plus de repère, d'idéal ? Un leader de l'opposition est un président, un modèle dont l'attitude, les discours et actes doivent servir d'exemple au peuple. Le PDCI-RDA et Henri KONAN BEDIE au pouvoir d'Etat ont donné aux Ivoiriens une leçon de la gestion des hommes dans leur diversité, une leçon de construction du pays, une leçon de raffermissement des liens fraternels et de collaboration avec les pays frères. Le PDCI-RDA et Henri KONAN BEDIE dans l'Opposition donnent encore aux Ivoiriens une leçon sur l'attitude d'un parti de l'Opposition dans une nation, une leçon sur le rôle de l'Opposition dans le maintien de la paix dans la nation, une leçon de citoyenneté et de tolérance et une leçon républicaine. Si les autres avaient eu cette attitude, cette sagesse et cet amour véritable pour les Ivoiriens pendant le temps qu'ils étaient à l'opposition, la Côte d'Ivoire ne serait pas devenue ce qu'elle est aujourd'hui à savoir, une Côte d'Ivoire divisée, déchirée non crédible et humiliée. C'est pourquoi, je voudrais inviter les Ivoiriens meurtris dans leur âme comme dans leur chair à savoir être raisonnables dans la raison, en utilisant la bonne méthode à la recherche d'une bonne fin. On ne peut jamais obtenir la paix, le développement, la fraternité et la prospérité dans un pays où l'on fait de la violence, de la haine et de la roublardise un comportement politique. Les Ivoiriens dans leur for intérieur sauront reconnaître le jour des élections au PDCI-RDA et à Henri KONAN BEDIE leur sens élevé de l'humain, leur amour pour la nation. Soyons donc fiers de militer dans ce parti politique respectueux des institutions du pays, respectueux des dirigeants du pays et respectueux des lois même quand elles sont parfois inopportunes. Soyons fiers que le président de notre parti sache contenir certaines attaques gratuites. C'est le prix de tout l'amour qu'il nous porte, c'est le prix de tout l'amour qu'il a pour son pays. Dans cette lutte, sachons restés nous-mêmes c'est-à-dire fidèles à nos principes. Les Ivoiriens jugeront.
ZOKOU ALAIN
Militant du PDCI-RDA

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