Les vérités de Guillaume Soro
Pour la première fois, l'ancien chef rebelle se lâche sur son avenir. "J'ai hâte d'être au lendemain du scrutin pour pouvoir enfin exprimer mes ambitions pour mon pays", dit-il. On ne saurait être plus clair ! A bientôt 36 ans, Guillaume Soro est un jeune homme impatient.
Certes, l'accord de Ouagadougou de mars 2007 lui interdit d'être candidat à la prochaine présidentielle, mais dans son esprit, cette élection va "clore un cycle politique et ouvrir la voie à de nouvelles générations". Comme si la future compétition électorale entre Gbagbo, Bédié et Ouattara n'était qu'une parenthèse à refermer au plus vite. Après 2008, place aux jeunes !
Pour accélérer l'identification des électeurs, le Premier ministre ivoirien évoque l'éventualité d'un arrêt des audiences foraines le jour où le cap des 500.000 jugements supplétifs sera franchi, c'est-à-dire à la fin de ce mois. Dans ce cas, le futur président élu finirait le travail. En toute logique, Laurent Gbagbo devrait apprécier. Son parti, le FPI (Front populaire ivoirien) affirme depuis six mois que les audiences foraines ne doivent pas délivrer plus de 300.000 documents. En revanche, le RDR (Rassemblement des républicains) d'Alassane Ouattara risque de faire la grimace. En privé, il plaide pour la délivrance d'au moins 1 million de jugements supplétifs. A Séguéla et Odienné, les audiences foraines n'ont débuté que la semaine dernière et peuvent durer légalement trois mois. On imagine la réaction des sans-papiers de ces deux régions nordistes après la proposition de Soro Y a-t-il un deal ? Soro est-il prêt à aider Gbagbo à gagner cette année en échange d'un renvoi d'ascenseur dans cinq ans ? Evidemment, le Premier ministre nie farouchement. Et il argumente : "Ce serait un calcul aussi précaire qu'aléatoire." Sous-entendu : "Laurent Gbagbo n'est pas un homme fiable". Oui, Soro est tente de faire un bout de chemin avec Gbagbo. Non, il connaît trop bien son aîné pour conclure un vrai pacte avec lui. Soro hésite, tâtonne. Ce qu'il ne dit pas, c'est que, depuis l'attentat du 29 juin dernier à Bouaké, il est "couvé" par le Président ivoirien. De bonne source. Laurent Gbagbo aurait même réussi à lui faire croire qu'il était plus en sécurité avec lui qu'avec les Forces nouvelles (FN) !
"Je ne crois pas à un danger des Forces nouvelles", affirme le Premier ministre. Est-ce si sûr? Il sait que les chefs de guerre sont inquiets. Le retour annoncé des douanes et des régies financières dans les zones qu'ils contrôlent va mettre fin à leur système de prébendes. La reconversion est loin d'être assurée pour tout le monde. Plus on approche de l'échéance, plus le mécontentement grandit au sein des FN. Dans cet entretien à c?ur ouvert, Guillaume Soro fait aussi quelques confidences sur ses relations "filiales" ou "affectives" avec Blaise Compaoré, Omar Bongo Ondimba ou Abdoulaye Wade. Tout juste oublie-t-il de dire que la brouille Gbagbo-Wade date du jour de 2002 où le président sénégalais lui a délivré un passeport diplomatique. Apparemment, Guillaume Soro a beaucoup d'amis, mais aussi un ennemi intime. C'est le sergent-chef Ibrahim Coulibaly (dit IB), l'autre chef rebelle. Sora l'accuse d'avoir voulu le tuer. Mais il omet l'essentiel. À savoir les représailles de Korhogo. De sources onusiennes, le 23 juin 2004, soixante-dix partisans d'IB sont morts par suffocation dans un conteneur surchauffé. Il est vrai que cet épisode est à oublier très vite dans la vie d'un homme qui aspire aux plus hautes fonctions. .
CHRISTOPHE BOISBOUVIER,
pour J.A.
Certes, l'accord de Ouagadougou de mars 2007 lui interdit d'être candidat à la prochaine présidentielle, mais dans son esprit, cette élection va "clore un cycle politique et ouvrir la voie à de nouvelles générations". Comme si la future compétition électorale entre Gbagbo, Bédié et Ouattara n'était qu'une parenthèse à refermer au plus vite. Après 2008, place aux jeunes !
Pour accélérer l'identification des électeurs, le Premier ministre ivoirien évoque l'éventualité d'un arrêt des audiences foraines le jour où le cap des 500.000 jugements supplétifs sera franchi, c'est-à-dire à la fin de ce mois. Dans ce cas, le futur président élu finirait le travail. En toute logique, Laurent Gbagbo devrait apprécier. Son parti, le FPI (Front populaire ivoirien) affirme depuis six mois que les audiences foraines ne doivent pas délivrer plus de 300.000 documents. En revanche, le RDR (Rassemblement des républicains) d'Alassane Ouattara risque de faire la grimace. En privé, il plaide pour la délivrance d'au moins 1 million de jugements supplétifs. A Séguéla et Odienné, les audiences foraines n'ont débuté que la semaine dernière et peuvent durer légalement trois mois. On imagine la réaction des sans-papiers de ces deux régions nordistes après la proposition de Soro Y a-t-il un deal ? Soro est-il prêt à aider Gbagbo à gagner cette année en échange d'un renvoi d'ascenseur dans cinq ans ? Evidemment, le Premier ministre nie farouchement. Et il argumente : "Ce serait un calcul aussi précaire qu'aléatoire." Sous-entendu : "Laurent Gbagbo n'est pas un homme fiable". Oui, Soro est tente de faire un bout de chemin avec Gbagbo. Non, il connaît trop bien son aîné pour conclure un vrai pacte avec lui. Soro hésite, tâtonne. Ce qu'il ne dit pas, c'est que, depuis l'attentat du 29 juin dernier à Bouaké, il est "couvé" par le Président ivoirien. De bonne source. Laurent Gbagbo aurait même réussi à lui faire croire qu'il était plus en sécurité avec lui qu'avec les Forces nouvelles (FN) !
"Je ne crois pas à un danger des Forces nouvelles", affirme le Premier ministre. Est-ce si sûr? Il sait que les chefs de guerre sont inquiets. Le retour annoncé des douanes et des régies financières dans les zones qu'ils contrôlent va mettre fin à leur système de prébendes. La reconversion est loin d'être assurée pour tout le monde. Plus on approche de l'échéance, plus le mécontentement grandit au sein des FN. Dans cet entretien à c?ur ouvert, Guillaume Soro fait aussi quelques confidences sur ses relations "filiales" ou "affectives" avec Blaise Compaoré, Omar Bongo Ondimba ou Abdoulaye Wade. Tout juste oublie-t-il de dire que la brouille Gbagbo-Wade date du jour de 2002 où le président sénégalais lui a délivré un passeport diplomatique. Apparemment, Guillaume Soro a beaucoup d'amis, mais aussi un ennemi intime. C'est le sergent-chef Ibrahim Coulibaly (dit IB), l'autre chef rebelle. Sora l'accuse d'avoir voulu le tuer. Mais il omet l'essentiel. À savoir les représailles de Korhogo. De sources onusiennes, le 23 juin 2004, soixante-dix partisans d'IB sont morts par suffocation dans un conteneur surchauffé. Il est vrai que cet épisode est à oublier très vite dans la vie d'un homme qui aspire aux plus hautes fonctions. .
CHRISTOPHE BOISBOUVIER,
pour J.A.