Chirac avait raison
Il avait raison de troubler le sommeil de Gbagbo. Le Chef de l'Etat n'a de cesse de déclarer qu'il dort d`un sommeil profond depuis le départ de l'Elysée de Jacques Chirac. Entre 2000 et 2007, les deux Chef d'Etats n'ont pas eu les meilleures relations du monde. Les conditions de l'accession de Laurent Gbagbo n'ont pas paru orthodoxes à l'Elysée. Du coup, les portes de l'Elysée lui sont restées longtemps closes. Une situation envenimée ensuite par l'insurrection armée de mi septembre 2002. Le Chef de l'Etat Laurent Gbagbo, soupçonneux, n'a pas compris que Paris n'ait pas fait intervenir ses soldats. En revanche, la France a préféré une voie plus diplomatique en convoquant les protagonistes à Marcoussis près de Paris. Un accord auquel, après avoir adhéré de bon c?ur, le Chef de l'Etat Laurent Gbagbo a fini par saborder. Sa descente armée sur les ex-rebelles fin 2004 a été une véritable Berezina faisant même des morts dans le camp des soldats français. Du coup, Jacques Chirac a presque rompu avec lui. Il s'est même dit désespéré de Gbagbo qui dit une chose et son contraire alors qu'il ne lui demande que des élections crédibles. Tandis que le Chef de l'Etat ivoirien se plaçait en victime de Paris, de Chirac notamment, qui entend le renverser par tous les moyens. La rupture était de fait consommée entre Gbagbo et la France, mais surtout entre Gbagbo et Chirac. Il est vrai, ce dernier qui a toujours eu une relation quasi filiale avec le Président Houphouët-Boigny a traité le dossier ivoirien avec une main paternelle. L'arrivée à l'Elysée de Nicolas Sarkozy, un politicien dune autre génération ? de celle de Gbagbo notamment- a été donc perçue comme le détonateur de nouvelles relations entre les deux pays. Le chef de l'Exécutif ivoirien s'en est félicité. Et les deux hommes ont tout fait pour ne pas se fâcher l'un et l'autre. Sarkozy, patient, a alors accordé plusieurs sursis à Gbagbo dans l'espoir qu'il organiserait les élections. Mais le dernier message de l'Ivoirien au Français mettant en doute le respect de la date des élections l'a fait sortir de ses gongs. A Libreville, le Président Français a accusé son homologue Ivoirien de faire des promesses fallacieuses . Une première. Il avait toujours traité Gbagbo avec beaucoup d'égards. Sa patience a sûrement atteint ses limites. Il doit se dire que Chirac avait raison sur ce dossier. Et aussi que le Gbagbo est infréquentable du socialiste François Hollande n'était point excessif. Sans doute, le sommeil de Gbagbo va de nouveau être troublé.
KIGBAFORY Inza
KIGBAFORY Inza