Anticiper la fraude électorale
Tout est lié. Les dissidences factices créées au sien des partis politiques significatifs de l'opposition ne sont en rien isolées du processus de paix et du processus électoral notamment. Le régime du Chef de l'Etat Laurent Gbagbo prépare, depuis de longues années, une fraude généralisée aux élections présidentielles. Ces dissidences contrefaites, au sein des partis de l'opposition, ne seront qu'une couverture pour un passage en force au premier tour du scrutin présidentiel. Tout ceci s'inscrit dans un vaste programme de tricherie. C'est pourquoi, les partis politiques, à défaut de pouvoir maintenir des cadres attirés par des espèces sonnantes et trébuchantes, ne doivent jamais baisser la garde. Les partis du Rassemblement des Houphouetistes pour la Démocratie et la Paix (RHDP) doivent tenir le ministère de l'Intérieur de Désiré Tagro loin de l'organisation pratique des élections. L'organisation des élections est l'affaire de la Commission électorale indépendance qu'il faut encourager à prendre ses responsabilités et aider à jouir de toutes ses prérogatives. Malheureusement, le régime Gbagbo discrètement est en train d'étendre ses tentacules à toutes les structures (CEI, CNPRA, INS) concernées dans une certaine mesure par le processus électoral sous les yeux hagards des opposants. Il ne faut pas. Il faut que l'opposition sans complexe aucun ? elle a peur de passer pour ceux qui sont contre la paix- interpelle tous ceux qui sont sensés aider la Côte d'Ivoire à organiser un scrutin juste et crédible. A commencer par les Forces Nouvelles qui se sont proclamées arbitres? du processus au détriment des Nations Unies. Le Premier ministre Guillaume Soro doit prendre conscience que c'est lui le patron du processus et non le chef de l'Etat Laurent Gbagbo. Et qu'à ce titre, il lui revient de garantir la transparence des élections à tous les niveaux. Un échec du processus électoral sera mis à son actif. La prise des armes, par les Forces Nouvelles, n'aura tout son sens que lorsque l'identification des Ivoiriens et les élections seront menées avec objectivité et transparence. Pour l'instant, en donnant leur caution au départ du Haut représentant des Nations Unies aux élections, il n'en donne pas l'impression. D'ailleurs, les Nations Unies qui maintiennent des soldats et un grand dispositif en Côte d'Ivoire doivent sortir de leur torpeur pour aider ce pays à réussir ces élections. I'ONU ne rendra aucun service à ce pays en observant, de très loin, pour enfin dénoncer après coup, comme ce fut le cas au Nigeria, la fraude électoral. Tout ce monde, y compris le Président Blaise Compaoré, qui a accepté d'endosser le dialogue direct doit donc ouvrir les yeux, anticiper la fraude à grande échelle que prépare le régime Gbagbo.
KIGBAFORY Inza
KIGBAFORY Inza