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Le Temps
· 2 min de lecture

La responsabilité de Soro est engagée

Guillaume Soro, Premier ministre, veut-il continuer à jouer double jeu avec l'Etat de Côte d'Ivoire ? Veut-il s'attacher au poste officiel de chef du Gouvernement et être à la fois le mentor d'une rébellion autrement active, qui n'entend pas mettre de l'eau dans son vin ? Guillaume Soro, Secrétaire général de la rébellion, a été catapulté à la Primature pour une et unique raison : faire entrer sa bande dans la République afin qu'elle renonce à sa mission de rébellion, en déposant les armes et laissant aux autorités légales, la gestion du pays, y compris l'exploitation de ses ressources. Mais on se rend compte qu'en déposant ses valises à la Primature, l'étudiant devenu rebelle voulait doubler l'Etat. Il voulait à la fois avoir à sa disposition le budget de cette Institution et continuer à couler le pays par les zones qu'il contrôle. Il a divisé la Côte d'Ivoire en deux, son économie en deux. Lui et ses suiveurs sont payés par le peu que produit le Sud. Ce peu qui supporte l'Etat officiel et ses engagements divers. Mais sa bande continue de piller les zones CNO pour leur seul compte. Le cacao est volé par les Forces nouvelles que l'idée d'unifier les caisses de l'Etat ennuie. Elles luttent contre le programme du désarmement, pour continuer de voler à l'ombre des armes illégales. Soro estime-t-il cela honnête ? Les soldats des FDS n'étant pas encore autorisés dans les zones CNO, les préfets et sous-préfets y sont redéployés sans autorité. Si bien qu'à la moindre mauvaise humeur des assaillants, ces fonctionnaires sont exposés. On leur arrache leurs véhicules, on les menace et leur enlève l'envie de servir là-bas. Pendant ce temps, Soro est assis à la Primature, faisant les bilans de ses performances à rebours. Et on tourne en rond. Ceux qui en ont le c?ur, nous consolent avec des paroles diplomatiques. Pour sûr, Soro joue à un double jeu. " Il mange pour nous, petit-là, et il va manger seul, pour lui, gros-là ", caricature quelqu'un. On comprend que c'est pour toutes ces raisons que Issiaka Ouattara dit Wattao s'était opposé au calendrier précis du désarmement débutant le 22 décembre dernier. Les hommes de Soro n'ont pas fini de piller l'économie du pays. Il faut permettre aux retardataires d'achever leurs châteaux et de bourrer leurs comptes. La République a tout donné. Elle a toujours joué sa partition. Depuis la combine de Marcoussis. La balle est dans le camp de Soro. Car sa responsabilité est engagée dans le retard de sa feuille de route et les crimes économiques perpétrés par ses hommes. Mais à l'analyse, on se rend compte que la xénophobie et l'exclusion pour lesquelles Soro et ses amis ont pris les armes contre la mère patrie, se sont muées en cacao, diamants, bois de Teck, etc., à " exterminer ". Voilà ce qui arrive à la Côte d'Ivoire.

Germain Séhoué

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Article publié par Le Temps et référencé par 225.ci.