Demain s'ouvre le 2e congrès du RDR - ADO face à cinq défis
En ouvrant son congrès demain, le Rdr prend a priori une longueur d'avance sur ses adversaires déclarés à la prochaine présidentielle : le Pdci et le Fpi. Un mérite autant qu'un test pour son président Alassane Dramane Ouattara.
Ça y est ! Une fois reporté, le congrès du Rassemblement des Républicains (Rdr) s'ouvre demain.
Sur un air de campagne ? On peut le dire.
Selon les confidences du président du Rdr, Alassane Dramane Ouattara (ADO), la réunion du Cpc du 24 janvier à Ouagadougou a laissé aux acteurs la possibilité d'engager en février, la campagne pour la présidentielle de juin.
Présidentielle dont on sait qu'elle sera reportée.
Le test de mobilisation des républicains arrive à son heure, puisque le chef de l'Etat Laurent Gbagbo a décrété 2008 d'année électorale .
Tout semble sourire pour le mentor républicain.
Il a réussi à se défaire d'une épine : son éligibilité.
Le dernier Cadre Permanent de Concertation (Cpc) a réaffirmé sa candidature et celles de tous les neuf autres leaders signataires des accords de paix de Linas-Marcoussis du 23 janvier 2003.
Homme d'exception , titre de la biographie signée de son ministre de l'enseignement Ibrahim Bacongo Cissé, ADO serait-il l'homme de la présidentielle ? En se faisant adouber par le congrès, le directeur honoraire du FMI réussit déjà là où son allié du Parti démocratique de Côte d'Ivoire (Pdci) n'a pas voulu s'aventurer.
Plutôt que ce genre de grand-messe, qui parfois peut devenir un couteau à double tranchant, Henri Konan Bédié a préféré aller à l'essentiel en se faisant investir en février 2007, candidat du vieux parti, sans autre forme de risques.
Le patron des républicains a, lui, ouvert crânement la boîte de pandore.
La commission écoute et suggestions du congrès a en effet enregistré les critiques les plus acerbes contre la Direction du parti.
Du moins, sur ses dirigeants, qui, comme ceux du Front Populaire Ivoirien (Fpi) sont accusés de s'embourgeoiser en se coupant de la base.
Satisfaire ses militants frustrés sans effaroucher ses plus proches collaborateurs : tel est l'un des défis du président du Rdr qui a fêté ses 14 ans de lutte en septembre dernier.
Il doit aussi remédier à deux syndromes qui sont autant de défis.
Le premier, c'est le syndrome Odjé Tiakoré , du nom de l'ex-chef de file des jeunes républicains, les grenadiers voltigeurs , comme ils se font appeler.
Des passes d'armes avaient eu lieu entre joseph Odjé Tiakoré et la direction de son parti.
Pour Tiakoré, la direction, en ne donnant pas tous les moyens à sa jeunesse en faisait des candidats au suicide .
Que les jeunes aient toute leur place.
Dans la famille, il faut qu'on sache que les jeunes ont grandi et qu'ils ne sont plus des enfants , a prévenu l'actuel meneur des jeunes républicains, Karamoko Yayoro.
Autre défi à relever : le syndrome Zémogo ou le phénomène des rénovateurs.
Après avoir claqué crânement la porte, l'ex ministre et député de Boundiali, Zémogo Fofana, a enfoncé le clou de l'audace en créant son parti, l'Alliance pour la Nouvelle Côte d'Ivoire (Anci).
Un départ qui rallonge une liste de cadres débauchés par les régimes successifs.
Adama champion, Alexandre Ayié Ayié, Jean Pierre Malan, Hyacinthe Leroux, Jacqueline Oble, Mamadou Ben Soumahorotous ont quitté la case Rdr, sous le règne du Pdci.
Alors qu'ils étaient, pour certains, des membres fondateurs.
Le phénomène s'est rappelé à la mémoire des militants avec les départs récents de Zémogo Fofana, de l'ex-ministre Jean Jacques Béchio et de l'ancien porte-parole Aly Kéita.
Leurs sorties sont les résultats des coups de canif du Fpi.
A l'image de la démission anecdotique du maire de Arrah, Kouamé Oi Kouamé, frère aîné du président du Fpi, Pascal Affi N'Guéssan.
Par-dessus tout, le Rdr doit se défaire des épithètes de phénomène urbain ou de club de soutien que lui collent ses détracteurs, parmi lesquels, les transfuges.
Pour se faire, le deuxième parti houphouétiste doit sortir du congrès avec une organisation qui réponde aux exigences tactiques et stratégiques d'une machine électorale.
Là-dessus, la direction a choisi de s'inspirer du modèle Ump, de Nicolas Sarkozy.
Reste son adaptation.
Parti-martyr, à l'image de son leader Alassane Ouattara plusieurs fois forcé à l'exil, le Rdr reste dans le trio de tête sur la scène, malgré tout, et en dépit de tous les coups reçus.
ADO, l'économiste saura-t-il capitaliser cet actif ? Saura-t-il transférer son record des municipales de 2001 dans les urnes lors de la présidentielle prochaine ? Cinq défis en un.
Benoît HILI
Ça y est ! Une fois reporté, le congrès du Rassemblement des Républicains (Rdr) s'ouvre demain.
Sur un air de campagne ? On peut le dire.
Selon les confidences du président du Rdr, Alassane Dramane Ouattara (ADO), la réunion du Cpc du 24 janvier à Ouagadougou a laissé aux acteurs la possibilité d'engager en février, la campagne pour la présidentielle de juin.
Présidentielle dont on sait qu'elle sera reportée.
Le test de mobilisation des républicains arrive à son heure, puisque le chef de l'Etat Laurent Gbagbo a décrété 2008 d'année électorale .
Tout semble sourire pour le mentor républicain.
Il a réussi à se défaire d'une épine : son éligibilité.
Le dernier Cadre Permanent de Concertation (Cpc) a réaffirmé sa candidature et celles de tous les neuf autres leaders signataires des accords de paix de Linas-Marcoussis du 23 janvier 2003.
Homme d'exception , titre de la biographie signée de son ministre de l'enseignement Ibrahim Bacongo Cissé, ADO serait-il l'homme de la présidentielle ? En se faisant adouber par le congrès, le directeur honoraire du FMI réussit déjà là où son allié du Parti démocratique de Côte d'Ivoire (Pdci) n'a pas voulu s'aventurer.
Plutôt que ce genre de grand-messe, qui parfois peut devenir un couteau à double tranchant, Henri Konan Bédié a préféré aller à l'essentiel en se faisant investir en février 2007, candidat du vieux parti, sans autre forme de risques.
Le patron des républicains a, lui, ouvert crânement la boîte de pandore.
La commission écoute et suggestions du congrès a en effet enregistré les critiques les plus acerbes contre la Direction du parti.
Du moins, sur ses dirigeants, qui, comme ceux du Front Populaire Ivoirien (Fpi) sont accusés de s'embourgeoiser en se coupant de la base.
Satisfaire ses militants frustrés sans effaroucher ses plus proches collaborateurs : tel est l'un des défis du président du Rdr qui a fêté ses 14 ans de lutte en septembre dernier.
Il doit aussi remédier à deux syndromes qui sont autant de défis.
Le premier, c'est le syndrome Odjé Tiakoré , du nom de l'ex-chef de file des jeunes républicains, les grenadiers voltigeurs , comme ils se font appeler.
Des passes d'armes avaient eu lieu entre joseph Odjé Tiakoré et la direction de son parti.
Pour Tiakoré, la direction, en ne donnant pas tous les moyens à sa jeunesse en faisait des candidats au suicide .
Que les jeunes aient toute leur place.
Dans la famille, il faut qu'on sache que les jeunes ont grandi et qu'ils ne sont plus des enfants , a prévenu l'actuel meneur des jeunes républicains, Karamoko Yayoro.
Autre défi à relever : le syndrome Zémogo ou le phénomène des rénovateurs.
Après avoir claqué crânement la porte, l'ex ministre et député de Boundiali, Zémogo Fofana, a enfoncé le clou de l'audace en créant son parti, l'Alliance pour la Nouvelle Côte d'Ivoire (Anci).
Un départ qui rallonge une liste de cadres débauchés par les régimes successifs.
Adama champion, Alexandre Ayié Ayié, Jean Pierre Malan, Hyacinthe Leroux, Jacqueline Oble, Mamadou Ben Soumahorotous ont quitté la case Rdr, sous le règne du Pdci.
Alors qu'ils étaient, pour certains, des membres fondateurs.
Le phénomène s'est rappelé à la mémoire des militants avec les départs récents de Zémogo Fofana, de l'ex-ministre Jean Jacques Béchio et de l'ancien porte-parole Aly Kéita.
Leurs sorties sont les résultats des coups de canif du Fpi.
A l'image de la démission anecdotique du maire de Arrah, Kouamé Oi Kouamé, frère aîné du président du Fpi, Pascal Affi N'Guéssan.
Par-dessus tout, le Rdr doit se défaire des épithètes de phénomène urbain ou de club de soutien que lui collent ses détracteurs, parmi lesquels, les transfuges.
Pour se faire, le deuxième parti houphouétiste doit sortir du congrès avec une organisation qui réponde aux exigences tactiques et stratégiques d'une machine électorale.
Là-dessus, la direction a choisi de s'inspirer du modèle Ump, de Nicolas Sarkozy.
Reste son adaptation.
Parti-martyr, à l'image de son leader Alassane Ouattara plusieurs fois forcé à l'exil, le Rdr reste dans le trio de tête sur la scène, malgré tout, et en dépit de tous les coups reçus.
ADO, l'économiste saura-t-il capitaliser cet actif ? Saura-t-il transférer son record des municipales de 2001 dans les urnes lors de la présidentielle prochaine ? Cinq défis en un.
Benoît HILI