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Opération de charme a Boundiali - Le RDR expose sa frilosité face à Zemogo

Opération de charme et démonstration de force. Le RDR n'est pas à une stratégie près, pour tenter de mettre hors d'état de nuire Zemogo Fofana. C'est désormais connu : le départ du président du conseil général de Boundiali du RDR reste en travers la gorge d'Alassane Ouattara et ses lieutenants. Malgré les apparentes assurances, la sérénité n'est pas de mise à la Rue Lepic, siège du parti ouattariste. Samedi dernier, le RDR a mis en branle sa stratégie pour mettre Zemogo en quarantaine dans son fief électoral. Un meeting a servi de rampe de lancement à ces manigances. Koné Kafana, dignitaire du RDR et les autres intervenants n'ont pas eu de mots assez durs pour disqualifier celui qui est devenu leur adversaire politique. Ils ont déployé un trésor d'imaginations qui fait dire à plus d'un que face à Zemogo, le RDR vient encore d'exposer sa frilosité. Une assertion qui a de quoi tenir. L'on se souvient ainsi que Ado, tout à sa défaite, après avoir essayé de maintenir le partant, a qualifié cet abandon d' " épiphénomène. " Une litanie reprise par tous les fidèles du ''brave-tchê''. Aussi l'opinion s'étonne-t-elle qu'un cas isolé entraîne une réaction aussi bruyante, et toute une mise en scène pour espérer isoler Zemogo Fofana. Samedi à Boundiali, Ouattara, hors du pays et qui craint une défection massive de ses partisans locaux, les a entretenus au téléphone. Son combat, ruse-t-il, sert "particulièrement la région de Boundiali." "Je me battrai parce que je sais qu'il s'agit de l'honneur de la population de Boundiali et la construction de Boundiali" promet Ouattara dans un discours à relent de campagne électorale. Puis de noircir l'image de Zemogo, estimant que la jeunesse "a besoin de leader, d'un chef, de gens justes, de gens qui ne trahiront jamais la cause." Ceci dit, ADO plaide en sourdine, afin que les populations ne se détournent pas du RDR. "Je sais que vous allez soutenir les équipes qui vont venir vous voir, l'équipe du RDR ", implore le patron de la ''case'' visiblement conscient du poids politique de l'ex-secrétaire général adjoint du RDR, chargé des affaires extérieures. Il promet en outre "pour très bientôt " une visite à Boundiali, sans doute pour poursuivre le difficile travail de démolition de l'image de Zemogo Fofana. De fait, cette sortie des républicains achève de convaincre les plus sceptiques, sur la popularité de l'élu dans sa zone. Et que sa démission est le signe annonciateur du déclin du RDR dans ce département. Qui plus est, ADO et les siens expriment le caractère tribal de leur engagement politique. Autrement, se justifie une certaine opinion, une délégation aurait aussi investi le champ de Kouamé Oi Kouamé, autre transfuge de taille qui, lui, a déposé ses valises au FPI dans la même période où Zemogo exprimait son ras le bol à ses anciens camarades de lutte. Mais sans doute qu'une visite se prépare dans le Moronou où Kouamé Oi Kouamé est parti avec des milliers de militants RDR. Ce n'est pas tout. Ni la base de Jean Jacques Bechio, ni celle de Georges Koffi ne font l'objet d'attention particulière. A moins que Ouattara et ses proches ne s'apprêtent à investir ces zones et tenter de recoller les morceaux, tant les démissions sont légion dans bien des contrées. Encore que, comme à Boundiali, à en croire des sources proches du nouveau parti de Zemogo, rien n'est gagné d'avance. Le cas d'Anyama est de fraîche mémoire. Dans ce qui est devenu l'ex-fief du RDR, l'incursion de Mamadou Koulibaly du FPI a laissé des traces. C'est par milliers que les nordistes de ''la cité de la cola'' ont tourné dos au RDR. En dépit de la contre-offensive d'Amadou Gon Koulibaly et d'autres pontes de son parti politique.

Guillaume N'Guettia



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