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Transfert de la capitale à Yamoussoukro : Le décret de Bédié qu`on vous a caché

L`histoire du transfert de la capitale politique de la Côte d`Ivoire d`Abidjan à Yamoussoukro a commencé en 1983. Ce sont les députés de la cinquième législature qui ont émis l`idée. Le débat a été engagé à l`hémicycle où ne siégeaient que des représentants issus du Parti démocratique de Côte d`Ivoire (PDCI, ex-parti unique). Le 21 mars 1983, les députés ont adopté la loi portant transfert de la capitale. A l`unanimité. La séance était présidée par Henri Konan Bédié, alors président de l`Assemblée nationale. Pour des raisons peut-être personnelles, peut-être liées à la question de l`opportunité et de la conséquence, le Président Félix Houphouët-Boigny, n`a jamais adoubé cette loi. L`on ne saura peut-être jamais pourquoi, il ne l`a pas fait. Pendant dix ans, la loi tomba dans le domaine des calendes grecques. Félix Houphouët-Boigny se coucha parmi ses pères et Henri Konan Bédié lui succéda. Le 7 décembre 1993. En 1994, c`est la fameuse dévaluation du CFA. C`est la ruée des investisseurs vers la Côte d`Ivoire. Le marché des investissements longtemps domaine monopoliste de la France, s`ouvre à l`Asie (Chine) et à l`Amérique (Etats-Unis). Le lancement, un an plus tard, du projet de l`Eléphant d`Afrique (en comparaison avec les Dragons d`Asie) appelle de plus en plus d`investisseurs étrangers et nationaux. La croissance économique passe à 7% et le Premier ministre Daniel Kablan Duncan prévoit une croissance à deux chiffres, à moyen terme. Abidjan, capitale économique et politique de la Côte d`Ivoire risque d`être engorgée, submergée. C`est dans ce contexte que les autorités ivoiriennes ont ressuscité la loi n°83-242 du 21 mars 1983. Henri Konan Bédié décide de la mettre en puissance. Il signe son décret d`application. Nous sommes le 19 mars 1997. Le décret est pris en conseil des ministres. Il porte le numéro 97-177 du 19 mars 1997. Le décret porte "approbation et déclaration d`utilité publique du périmètre du projet d`urbanisation de la ville de Yamoussoukro" "Approbation" parce qu`en 1990, Houphouët-Boigny avait confié l`étude du projet de plan de détail de la zone administrative et politique au cabinet français de Pierre Fakhoury. L`étude avait été bouclée et l`esquisse était exposée dans les bureaux de l`architecte français Antoine Cesario (bâtisseur principal de la Basilique Notre Dame de la Paix de Yamoussoukro) à la Direction et contrôle des grands travaux (DCGT) qui sera transformée en 1994 par Henri Konan Bédié en Bureau national d`études techniques et de développement (BNETD). Houphouët-Boigny ne montrait-il pas là, la voie à suivre pour un transfert réussi ? Une chose est certaine, quand Henri Konan Bédié remet sur la table le "schéma directeur", il l`y inclut d`autres détails. Ainsi prévoit-il, par exemple, la construction d`un musée de l`agriculture. Etant entendu que "le développement de la Côte d`Ivoire repose sur l`agriculture". Au terme de toutes ces études, les travaux démarrent avec la mise en chantier de la Voie triomphale. Une immense artère de 6 kilomètres de long et large comme deux fois l`autoroute du nord. L`équivalent de la célèbre avenue Foch à Paris. Nous sommes fin 1998. Le 24 décembre 1999, c`est le coup d`Etat. Coup d`arrêt aussi des travaux de transfert de la capitale. Le 31 janvier 2004, Laurent Gbagbo a remis au goût du jour le projet en posant la première pierre du palais de la Présidence de la République.

André Silver Konan
kandresilver@yahoo.fr

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