Cas de conscience
La liberté d'expression a ceci de particulier qu'elle expose très souvent l'individu qui, en fait mauvais usage à son propre procès dialectique. Suis-je bien conscient de ce que je dis, ou suis-je conscient de ce que je suis dans la société ? Voilà qui doit préoccuper chaque homme avant de jeter la pierre à l'autre. Shérif Ousmane, ex-déserteur de l'Armée ivoirienne, auteur de plusieurs tentatives de coup d'Etat et aujourd'hui, rebelle n'a pas voulu faire ce genre d'exercice avant de parler de Laurent Gbagbo, Président de la République de Côte d'Ivoire. Interviewé par Jeune Afrique l'Intelligent, l'homme lâche le morceau et dit, contre tout bon sens que " Gbagbo traîne des casseroles et il sait pourquoi il ne veut pas quitter le pouvoir " Venant d'un rebelle, tueur, voleur et violeur, cela est tout de même surprenant. Parce qu'en fait, un rebelle ne veut pas forcément dire qu'il est illettré, encore moins amnésique. Le Chef rebelle de Bouaké l'aurait-il oublié, à moins qu'on nous révèle qu'il n'a ni fait les bancs, ni servi dans l'Armée ivoirienne. Dans ces conditions, on est en droit de penser que Shérif ne sait pas ce qu'il dit et ce que renferme l'expression traîner des casseroles. Par contre, affirmer que lui, Shérif Ousmane, traîne des casseroles, ce n'est ni divaguer, ni déraisonner. En effet, y a-t-il plus amoral qu'un rebelle ? Qui donc a cassé la Banque centrale des Etats d'Afrique de l'Ouest (BCEAO) de Bouaké et de Man ? Qui en réalité a pillé Bouaké durant cinq ans de crise et qui a tué, violé ? En un mot, qui a posé plus d'actes contraires à la morale ? La question reste posée à Shérif seul puisque c'est lui qui, ramant à contre-courant du processus, veut qu'on lui rappelle le mal qu'il a fait subir aux ivoiriens.
Simplice Zahui
simplicezahui@yahoo.fr
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