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A la veille de la présidentielle : ça grogne au PDCI-RDA

Le torchon brûle-t-il vraiment entre le président du PDCI-RDA et son secrétaire général comme le prétend une certaine presse inféodée au pouvoir FPI ? Y a-t-il un malaise à la direction du PDCI-RDA comme le soutiennent certaines langues au sein du parti du président Henri Konan Bédié ? Certes le contexte de la pré-campagne électorale semble constituer un terreau fertile à toute sorte d`amalgames, de spéculations, d`extrapolation, voire de manipulations dommageables à la cohésion du parti mais il convient ici, à la lumière des questions soulevées, de faire le juste état des lieux et d`apporter quelques précisions pour mieux comprendre ce qui se passe au PDCI-RDA. Réellement. La première clarification à faire, c`est qu`il n`y a l`ombre d`aucun nuage dans les rapports entre le président Bédié et son secrétaire général Djédjé Mady. Qu`il a librement choisi et présenté au congrès d`avril 2002 qui l`a accepté par acclamation. Et depuis Djédjé Mady a toujours travaillé avec l`accord et sous le contrôle du président Bédié. Il répond aux sollicitations des délégués départementaux et de la base, il arbitre les différends, coordonne les activités sur le terrain, instruit, examine et fait des propositions au président Bédié pour décision. Mady devance toujours le président du parti sur le terrain, recueille les préoccupations des militants, les transmet au chef qui en concertation avec lui retient les dates et localités que le président doit sillonner. Souvent, le secrétaire général met à contribution ses secrétaires généraux adjoints ou ses secrétaires nationaux pour parfaire tel ou tel aspect de la préparation de la tournée du président.
Peut-on donc raisonnablement soutenir que Bédié et Mady ne s`entendent pas simplement parce que le secrétaire général n`intervient pas généralement au cours des meetings de tournée ?
La vérité, c`est que ceci procède d`un choix délibéré et concerté. Quand Mady a fini sa tâche, il s`efface pour faire place au président Bédié qui parle directement à ses militants de base.
Bédié ne ferait pas confiance à Mady qu`il ne l`aurait jamais désigné comme son secrétaire général et mieux comme son directeur national de campagne ou désigné pour diriger le directoire du RHDP. Bédié ne va jamais en mission sans son numéro 2 au PDCI. Marcoussis, Kléber, Pretoria, Accra, Ouaga et j`en passe. Quand le président est empêché, c`est Mady qu`il envoie le représenter. Mais cela dit, on ne peut pas empêcher des gens de commenter et de comprendre ce qu`ils ont envie de comprendre dans les déclarations de Mady. Déclaration à polémique du genre "Gbagbo est mon frère". Mais le même Mady a aussi, plus d`une fois, interpellé les Bété qu`ils n`avaient aucune obligation de suivre Gbagbo parce qu`il est Bété. Ce sont des positions courageuses qui lui ont valu, à un moment de la crise, d`être banni par les siens. C`est la parfaite maîtrise du terrain, du discours et du temps de l`action qui ont permis à la doublette Bédié-Mady de réaliser les promesses de mobilisation qui font rêver toute la Côte d`Ivoire. Pour autant, tout n`est pas rose au PDCI et des mesures urgentes seraient les bienvenues avant les joutes électorales proprement dites.
Les urgences au PDCI
Le Président Bédié a désigné son directeur national de campagne et annoncé que les délégués départementaux et communaux sont d`office ses directeurs locaux de campagne. Mais depuis cette déclaration de février 2008, l`on ne connaît pas encore le staff du directeur national de campagne. A part quelques personnalités dont les noms ont été avancés, on ne sait pas qui va épauler Mady dans sa tâche de coordonnateur en chef de cette campagne. Or, les élections devraient se tenir le 30 novembre. Est-ce volontairement, par pure stratégie que le Président Bédié et son Secrétaire général entretiennent le suspense autour de l`ossature du staff de campagne ? Pourquoi les DLC ne sont-ils pas investis ? Parmi ces derniers, ceux qui mouillent le maillot sont ceux qui ont des ambitions électives locales. Le reste attendent tranquillement que l`on vienne les instruire de faire telle ou telle chose. Prenant leur courage à deux mains, les délégués communaux d`Abidjan qui ont constitué un collectif aurait déposé un memo sur le bureau du Président Bédié. Le second grief qui revient sur les lèvres des militants, c`est les rencontres de plus en plus rares du secrétariat général du PDCI. L`on dénonce surtout que Djédjé Mady n`ait pas réuni cette instance à la veille d`une opération aussi capitale que l`identification. Certes, il y a un comité électoral qui travaille sous la direction de M. Bamba Mamadou, SGA aux élections, mais tout le secrétariat général n`est-il pas préoccupé par cette opération qui conditionne le succès du candidat Bédié?
Le troisième grief, c`est la gestion du petit personnel du PDCI qui grogne de plus en plus contre la direction du parti. La tension est même montée d`un cran à la veille de la tournée du Président Bédié dans la région des Lacs où le ton a été élevé contre deux cadres du parti. Dans un contexte de campagne, ce sont des situations à éviter. Il se pose également le problème de la motivation des jeunes qui se sont engagés pour veiller sur les intérêts du parti dans le cadre de l`opération d`identification sur le terrain. Il ne faut pas laisser le diable tenter ces jeunes militants parfois démunis de tout.
Les autres problèmes
La communication du PDCI pose toujours problème. Le Président Bédié bouge, il parle. Ses discours sont remarquablement bien construits, des messages forts sont livrés à chacune de ses sorties, mais que fait l`équipe de communication du secrétariat général ?
On a le sentiment que le travail de Dahouet Boigny, Kah Zion, Emile Ebrottié et des autres qu`on ne voit plus (Coulibaly Drissa, Guy Pierre Nouama, J. M Ahoussou) se résume au convoyage des journalistes sur les lieux de meeting et à la distribution des discours. Rien n`est entrepris ou fait pour permettre d`amplifier le message du Président Bédié. De sorte que le discours du Président tombe dans les oubliettes dès que les comptes-rendus des journalistes paraissent dans les journaux. Or, le travail d`une véritable équipe de communication devrait aller au-delà. Autre sujet de préoccupation, le porte-parole du Président Bédié. La nomination du Pr. Niamkey Koffi avait suscité de réels espoirs auprès de tous ceux qui pensaient que la voix du secrétaire général du PDCI se confondait dans les déclarations du directoire du RHDP. Mais après avoir fonctionné pendant quelques mois par des réactions promptes, le porte-parole du Président Bédié semble avoir perdu de sa verve. On ne l`entend presque plus. Or, ce ne sont pas les attaques contre Bédié et le PDCI qui manquent à la veille de cette campagne. Ce sont au contraire Doubé Binty, Kra Georges, Venance Konan, Pr Koby Assa, Mme Fauste, Assalé Tiémoko, Ange Dagaret Dassaud et d`autres chroniqueurs de "Le Nouveau Réveil" qui donnent la réplique aux agresseurs du Président Bédié. Même la JPDCI reste muette devant les attaques d`un Blé Goudé contre Bédié. Pourquoi ? A ce sujet, où sont passés des vice-présidents de la JPDCI qu`on ne voit plus derrière le président national depuis quelques temps ?
Au niveau de l`UFPDCI, Mme Dao hésite à prendre ses responsabilités pour procéder au remplacement de certaines déléguées UFPDCI démissionnaires.
Enfin, la vie des clubs de soutien au PDCI. Quelle place leur réserve-t-on dans la campagne ?
Le PDCI est l`un des rares partis à ne pas disposer d`ONG pour mener le combat à un certain niveau alors qu'il y a un secrétariat général adjoint chargé des ONG. Tout cela doit être corrigé. Pour rendre la machine plus efficace, bien entendu.

Akwaba Saint-Clair

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