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Suppression du poste de Stoudmann - Comment Compaoré a dribblé Ado et Bédié

C'est désormais officiel. Et c'est l'ONU qui l'a décidé. La Côte d'Ivoire, à l'instar de tous les Etats souverains du monde, va elle-même organiser ses élections. Une décision à laquelle Blaise Compaoré n'est, semble-t-il pas étranger. Des faits le démontrent.

Contrairement aux attentes d' Ado et Bédié, le poste de Haut représentant des Nations Unies pour les élections en Côte d'Ivoire est définitivement supprimé. Le Conseil de sécurité de l'ONU a tranché sur la question lundi dernier par le vote de la résolution 1765. Le Suisse Gérard Stoudmann, parti de la Côte d'Ivoire à la demande de Gbagbo, n'aura donc pas de remplaçant. Le lobbying à outrance du RHDP n'a donc pas porté le fruit escompté. Un camouflet pour l'opposition qui, au sortir du dernier, conclave du Cadre permanent de concertation (CPC), avait trop tôt crié victoire quant au " maintien en l'état " du poste de Stoudmann. On se souvient en effet que le 12 mai dernier le Président Blaise Compaoré, facilitateur du dialogue direct, avait effectué un déplacement à Yamoussoukro pour rencontrer Gbagbo, Soro, Ado et Bédié, les quatre autres membres du CPC, afin de discuter de certains points de l'accord de Ouaga jugés ''obscurs'' par le RHDP. Notamment celui relatif à l'organisation des prochaines élections. Bédié et Ado accusaient en effet Gbagbo d'être en train de tout mettre en ?uvre pour se faire frauduleusement réélire. Et à l'issue de cette rencontre, sur insistance des leaders du PDCI et du RDR, le CPC avait mandaté le facilitateur aux fins de saisir l'ONU " pour le maintien en l'état du poste de haut représentant des Nations unies pour les élections en Côte d'Ivoire ". D'ailleurs, juste avant cette rencontre, Bédié avait fait un voyage express à Ouaga pour en " discuter avec le facilitateur ". Exit bien sûr les nombreuses missions de bons offices dans certains palais françafricains pour plaider en faveur du RHDP. Au lendemain de la première rencontre du CPC à Yamoussoukro, Bédié, sûr d'avoir réussi son coup, s'est même enorgueilli d'avoir fait le voyage de Ouaga pour " élaborer l'ordre du jour de la rencontre de Yamoussoukro avec le facilitateur ". A sa grande surprise certainement, le conseil de sécurité de l'Onu, après plusieurs missions d'évaluation et rapports sur le processus de paix en cours, a voté lundi dernier une résolution qui endosse entièrement l'accord de Ouaga. Et l'un des points clés de cette dernière décision de l'ONU sur le " cas ivoirien ", c'est que les Nations Unies, conformément aux attentes des signataires de Ouaga, a confirmé et officialisé la suppression du poste de Haut représentant pour les élections. Blaise Compaoré, pour ne pas mettre à mal l'avancée du processus de paix, accède à la demande des deux chefs de l'opposition ivoirienne et mandat lui est donné par le CPC d'acheminer leur requête à l'Onu. Son rôle se serait limité. Car alors que son avis comptant énormément sur la question aux yeux du Conseil de sécurité, Compaoré qui a contribué énormément à la rédaction de la 1765 n'a jamais bataillé pour que ce point y figure. Au risque de porter un coup de glaive à l'accord de Ouaga. Le faire laisserait une porte ouverte à la réécriture de l'intégralité du traité de paix. Pour ne pas commettre cet ''infanticide'', Compaoré n'a donc pas levé le petit doigt. D'ailleurs comme l'avait annoncé Jean-Marc de la Sablière représentant de la France à l'ONU, l'avis du facilitateur a beaucoup pesé dans la balance. Et en agissant ainsi, le Président burkinabé, garant moral de l'accord de paix, donne un signal fort à tous ceux qui voudraient encore man?uvrer dans l'ombre pour saborder le processus de paix. A bon entendeur. !

Mireille Abié

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