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Les Forces nouvelles parlent un peu trop

Il y a eu une première réaction. Celle d'Alain Lobognon, conseiller à la communication de Guillaume Soro. Dans un entretien sur "i télé" quelques heures après l'attaque, vendredi, il a déclaré qu'ils "sont nombreux, ceux qui veulent stopper le processus de paix. Ils ont essayé, ils ont échoué. Si l'attentat avait eu lieu ailleurs qu'à Bouaké, on allait essayer de se poser des questions". Il y a eu ensuite la sortie de Konaté Sidiki, porte-parole des Forces nouvelles et ministre de l'Artisanat. Celui-ci a déclaré aux journalistes que "cette zone (de l'aéroport) n'est pas réellement protégée par nos forces (FN, ndlr). Nos forces ont laissé cet espace de l'aéroport être géré par les forces impartiales et l'ONUCI". Puis la déclaration de Guillaume Soro lui-même. "Moi, ma sécurité, j'y fais attention. Mais si un aéroport est sécurisé par l'ONU, il n'y a pas lieu plus aseptisé et plus sain que ça. Si on dit que l'ONU sécurise une maison, tu te dis c'est sécurisé. Bon, si on te dit que l'aéroport est sécurisé par l'ONU, je n'ai pas de raison de penser que J'ai plus de possibilité de sécuriser cet aéroport. J'ai lu aussi qu'ils disent que ce n'est pas eux qui assurent la sécurité. Si ce n'est pas eux, bon ok. A partir de maintenant, c'est moi-même qui vais assurer la sécurité de l'aéroport", a fait savoir le Premier ministre à des responsables du RDR dimanche à Bouaké. Enfin, Ouattara Issiaka dit Wattao, chef d'Etat major adjoint des Forces nouvelles s'est montré plus précis. "Moi personnellement, j'accuse l'Onuci", a-t-il confié à Blé Goudé. "On ne peut pas comprendre qu'il y ait le dispositif français, que l'Onuci soit là, et que dès que les coups ont commencé à se faire entendre, ils se soient retirés", a commenté Wattao. Ces déclarations, hormis celle plus diplomatique d'Amadou Koné, le porte-parole du gouvernement et celle moins précise d'Alain Lobognon, pointent sinon du doigt, mieux, accusent les forces impartiales. Cette façon (tous azimuts) de communiquer a certes des avantages mais présente des insuffisances. Les Forces nouvelles parlent un peu trop. Elles portent les accusations un peu trop vite. Cette façon de gérer cet attentat foireux, rappelle un peu la gestion de l'après 19 septembre 2002 par le FPI. Les responsables de ce parti ont vite rué dans les brancards et donné des coups de pattes par-ci, par là, de façon désordonnée. Les Forces nouvelles qui ont réclamé par la voix de Guillaume Soro une commission d'enquête internationale, auraient dû, avant de porter des accusations, attendre le résultat des enquêtes. Elles ne l'ont pas fait. C'est déplorable. Maintenant, les conséquences de ces accusations seront certainement difficiles à gérer. Et pourraient avoir des répercussions négatives sur la suite de l'affaire.
ASK

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