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Yamoussoukro : Un marabout soutire 5 millions de F à une institutrice

Garba Abdoul Karim, 41 ans, de nationalité nigérienne, se disant marabout et domicilié à Yamoussoukro, du fond de sa cellule, ne fait qu'implorer la clémence des agents de la police qui sont sur le point de le déférer. Pour abus de confiance portant sur la somme de 5 millions. Sa victime, Mlle Tiba Ballé Bertine, 26 ans, institutrice dans une école primaire privée de la place, se trouve être sa fille spirituelle.? Les faits remontent au 3 octobre 2007. Dame Bertine revient du marché, lorsque son regard est attiré par un sac à main de femme posé sur le sol. Elle prend et découvre à l'intérieur des liasses de billets de banque. Elle n'en croit pas ses yeux. Immédiatement, elle tente de joindre Zerbo Zangouré, son copain, en vain. La seconde personne digne de confiance à qui elle pense, n'est autre que son "père spirituel", le marabout Garba Abdoul Karim. Celui-ci lui demande de venir aussitôt avec sa trouvaille. Une fois en possession du sac, le marabout prétexte qu'il va faire des consultations. Mais déjà, il dit à sa "fille" : "Le sac d'argent est entouré de mystères qui nécessitent de faire un sacrifice de mouton". Il demande alors à Bertine de revenir plus tard, mais surtout de garder l'information.
Quelques jours après, Bertine se rend en famille à Béoumi pour le rituel (le sacrifice de mouton) demandé par le marabout. A son retour, elle se fait tourner en bourrique, par le dernier pendant trois semaines. Finalement, le marabout lui fait savoir que les génies ont fait disparaître l'argent. L'affaire qui était, jusque-là, confidentielle commence à être ébruitée. Ce qui n'est pas du goût du marabout. Pour se donner bonne conscience, il décide de passer à l'offensive en faisant convoquer sa "fille" et le copain de cette dernière à la gendarmerie pour diffamation. Là, Garba nie avoir reçu un quelconque sac de dame Bertine. A Toumodi devant le juge ses déclarations ne varient pas d'un iota. ûrs d'eux, Bertine et Zerbo n'en démordent pas. Ils saisissent le substitut du procureur qui à son tour instruit le commissariat du 2e arrondissement aux fins de mener une enquête complète sur l'affaire. L'interrogatoire serré de l'officier de police chargé de l'enquête a permis de démêler l'écheveau. Le marabout se met à table et avoue avoir dépensé l'argent. Il a versé, entre autres, : 650 mille pour l'achat de plusieurs sacs de piment destinés à la vente, 2,5 millions comme fonds de commerce à des commerçants avec qui il devait partager les bénéfices, 1,3 million à ses parents au Niger et bien d'autres dépenses fastueuses.




Coulibaly Souleymane
Correspondant régional

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