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Sortie de crise : Contribution de Roland Dagher

Chères s?urs et chers frères, je voudrais fidèle à ma philosophie de communion communicative, encore une fois, porter sur la place publique mes préoccupations du moment dans le cadre des relations sereines et fluides que j'entretiens avec vous à travers la presse depuis des décennies.
Conseiller économique de mon état, il serait vraiment difficile que nous ne jetions pas ensemble un regard d'interrogations sur cette sortie de crise.

Partageons donc avec vous un certain nombre de questionnements auxquels, je reste convaincu que par la grâce de Dieu, nous pourrons porter solution.

Des retards, des incertitudes, de l'énervement nous amènent aujourd'hui à gérer trop d'émotions. Pour travailler avec efficacité et intelligence, Il est temps que nous retrouvions une stabilité dans un bel équilibre à établir.
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Personnellement, je souhaite du fond de moi-même que nous sortions de ce débat d'affrontement permanent qui, contrairement aux vertus ivoiriennes de dialogue et d'apaisement de toujours, commence à ressembler à un combat ou, un rapport de force dans lequel forcément l'un des protagonistes doit perdre ou capituler. Ne soyons pas incapables de supporter les marques d'autorité des uns et des autres.

Je souhaite avant tout que nous nous ressaisissions et que nous retournions à notre vielle méthode de la pratique de l'art du dialogue dans le strict respect de nous-mêmes, de nos besoins, de nos différences.

Recréons notre cadre d'antan où l'échange s'est toujours substitué au conflit. Obtenons ce que nous voulons par des solutions négociées plus que par la contrainte ou la menace qui semble prendre racine dans le lot quotidien des problèmes qui s'imposent à nous. La grande ouverture d'esprit et le sens fabuleux du contact qui étaient notre apanage avant la crise doit renaitre.

Ne prenons pas de risques excessifs. Et surtout ne perdons jamais de vue notre intégrité et nos repères. Gare aux malentendus qui nous guettent de nouveau. Le devoir d'ouvrir les portes d'une nouvelle société plus fraternelle nous incombe. Ensemble faisons-le. Elle nous apportera un éclairage lumineux sur de nouveaux projets.

Commençons au sortir de cette crise à apprendre à marcher ensemble en exprimant positivement nos besoins authentiques sans amalgames, avec nos émotions, avec humilité et compréhension, loin des aprioris, des préjugés, des mauvaises interprétations, des jugements subjectifs, des croyances restrictives, des auto-manipulations qui prennent corps et racines dans notre société.

Elargissons le champ d'expression non conflictuel pour continuer à installer une zone de confiance apaisée acceptée par l'autre. Nous sommes condamnés ensemble à apporter de nouvelles solutions plus créatives, plus novatrices.
Notre état d'esprit actuel, peu engageant peut donner quelques inquiétudes, mais pas insurmontables.
Ceci est possible en toute simplicité et dans les vertus réelles de la sincérité. Le processus de sortie de crise est l'affaire de tous, de tous les citoyens, de toute la Nation. Il exige de nous un recul optimum et une meilleure vision objective des événements.
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La tâche est immense mais le courage ne nous a jamais fait défaut dans ce pays. Pour ma part d'abord en tant que Conseiller économique, je pense qu'un certain nombre de choses à faire sont à notre portée :

1- Le désarmement :

Depuis un an, la démonstration a été faite que l'obstacle majeur aux élections que nous désirons tous, reste et demeure le désarmement :

Le général Mangou vient de nous donner un exemple édifiant de début de solution en mettant fin aux activités des milices du GPP à Vridi, dans les règles de l'art qui s'imposent aux sorties de crises : sans violence aucune, juste dans le cadre d'un dialogue social empreint de spiritualité, avec la fermeté qui sied aux hommes et aux faits d'armes.

2- Le dialogue institutionnel

Il est un v?u que chacun de nous devrait faire, c'est instaurer un vrai dialogue entre les institutions de la République, ses serviteurs et les populations qu'ils sont censés représentés.
Au moins une fois par mois, les antennes de notre Radio, de notre Télévision pourraient être mis à contribution au profit des membres du gouvernement face aux populations. Trop de blocages dépassent l'entendement de nos populations. Il faut les éclairer.

Là où nous exigeons de la rigueur et de la clarté des pouvoirs publics, empêchons-nous à notre tour de faillir en faisant preuve d'une fantaisie déconcertante :

Une seule illustration qui inquiète le Conseiller Economique que je suis, après deux baisses successives du prix du carburant, une frange d'opérateurs économiques, en occurrence les transporteurs s'opposent à toute baisse des tarifs de transport.

Les grandes nations ont ceci de fondamental, c'est que lorsqu'elles entament leur mue naturelle et historique, elles sont sujettes à des convulsions qui peuvent dérouter. Il appartient aux faiseurs de l'Histoire en occurrence, les peuples et leurs leaders de s'approprier intelligemment ces convulsions pour avancer.

Il nous appartient donc d'anticiper en jetant un regard interrogateur sur nos différents blocages et d'en chercher les solutions idoines.

3- Election présidentielle :

Peut-être à la limite, ne pas prendre l'élection présidentielle comme une panacée surtout quand elle est programmée aux forceps et aux biceps. Le cas de la République s?ur du Congo nous interpelle.

Et si nous venons à bout de l'élection présidentielle quels remparts de sécurité avons-nous à la suite, pour les législatives et les municipales ?

Comment pourrons-nous éviter les sempiternelles situations conflictuelles résultant de soudaines cohabitations avec des majorités étriquées ?

Rien ne sert de courir, il faut partir à point . Ne nous laissons pas obnubiler par la présidentielle alors que l'Administration dans bien de domaines piétinent, portant à la peine des populations déjà durement éprouvées !

4-L'administration

Le sursaut est à l'ordre du jour au niveau administratif car la vie de nos pays continue. Opérateur économique, je me trouve troublé par bien de comportements néfastes pour notre économie. Ne serait-ce qu'au niveau de l'UEMOA, où un vent de protectionnisme qui nous est préjudiciable souffle ; quand on sait que nous pesons sur le plan régional économiquement pour plus de 45% !
Si donc le politique se trouve enlisé dans les convulsions de la crise, l'Administration quant à elle, doit rester éveillée.

Il suffit de constater combien nos partenaires d'intégration par des moyens pas tout à fait intégrationnistes, essaient de contourner les contraintes de notre Union, par la multiplication des zones franches ! Zones franches, belles ouvertures pour s'affranchir des franchises douanières.
Quand nous ployons sous le poids excessif de nos tarifs douaniers parce que conscrits aux textes qui scellent notre union, eux, nos collègues opérateurs économique de l'UEMOA se donnent une véritable bouffée d'oxygène à travers leurs zones franches.
Quand la nôtre, la future à Grand Bassam reste encore dans les starter-blocks.

Ce n'est qu'un exemple parmi tant d'autres qui nous assaillent et confinent nos populations dans des insurmontables difficultés :

La santé pèche avec une propagation incroyable de maladies de mal être comme le diabète, l'insuffisance rénale due aux nouvelles molécules de lutte contre le paludisme, les attaques cardiaques. Associées au paludisme, elles nous donnent plus de tournis que le Sida.

Enfin la situation si elle n'est pas catastrophique, devient néanmoins préoccupante car les obstacles succèdent aux obstacles. Arrêtons donc de prendre le monde à témoin de notre impuissance ou de notre insatisfaction. Disposons plutôt d'une ténacité et d'un courage à toute épreuve pour les affronter. Le sens des réalités nous y oblige.

Il appartient donc a chacun de nous, hommes politiques, opérateurs économiques, serviteurs de l'Etat, société civile, de faire preuve de maturité et de responsabilité en évitant les grèves intempestives, les défis incessants lancés au Gouvernement.

Ce qui devait être aujourd'hui pour tous des challenges, se transforment à notre corps défendant en situations conflictuelles, voir d'affrontements qui n'honorent personne.

Allons donc de l'avant avec la ferme volonté de booster le processus de sortie de crise, main dans la main. Ensemble faisons fi de nos querelles de chapelle pour une société nouvelle.

ROLAND DAGHER
Conseiller Economique et Social

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