Zio Moussa (président de l`OLPED) - La bataille de la liberté de la presse est un engagement durable
Dans le cadre de la journée mondiale de la liberté de la presse, l'OLPED a fait une déclaration hier à l'Hôtel Tiama. Ci-dessous de larges extraits de la déclaration lue par Zio Moussa qui en est le président.
() La communauté des journalistes ivoiriens sait rendre à César ce qui n'est pas aux autres, mais à César. Elle reconnaît et salue les avancées dont sont porteuses les lois portant régimes juridiques de la presse et de la communication audiovisuelle, lois de 2004. Des décrets ont été pris et le secteur est en voie de restructuration au sens où s'entendent organisation, assainissement. Instances de régulation, CNCA et CNP, renforcées, création en cours de la Commission paritaire de la carte d'identité des journalistes, etc.
Cependant, si la suppression des peines privatives de liberté nous éloigne de l'esprit et de la lettre liberticides des lois de 1991, il reste encore des bastilles à prendre. La liberté de la presse, nous l'avons déjà souligné, est une bataille de chaque instant, un engagement durable.
Afin que les uns et les autres puissent se faire leur propre idée de la situation en Côte d'Ivoire, nous présentons l'état des lieux de la liberté de la presse en deux tableaux :
Du 03 mai 2006 au 03 mai 2007 :
-Le 28 Février 2007, Denis Kah Zion et un journaliste du Nouveau Réveil, André Silver Konan, ont été entendus par la Brigade de recherches et gardés à vue de 14 heures à 20 heures ;
-Le 26 Janvier 2007, dans l'affaire Claude Dassé et le couple Duarté (M. Duarté et son épouse Pierrette Adams), le journaliste a été gardé à vue au 'violon' du Parquet pendant 24 heures ;
-Le 02 Mai 2007, Zohoré Lassane, DG des éditions Gbich ! et Marie-Denise Sahué (Madouce), Rédacteur en chef de Go Magazine , ont été convoqués au Commissariat du 1er Arrondissement du Plateau par un policier qui les accusait de diffamation à la suite de la publication de sa photo par le journal Go magazine
-Le 02 juin 2006, Mme Coulibaly Fatoumata, Directeur de publication du journal Le Front et le Rédacteur en chef, Honoré Sépé, ont été condamnés à trois mois de prison ferme, 5 millions de francs CFA d'amende, et 100 millions de francs CFA de dommages et intérêts, soit 50 millions de francs CFA à chacun des deux plaignants, au terme d'un procès ouvert le 05 mai 2006;
-15 février 2006 le Directeur de publication du quotidien Le Patriote, Yves Jean-Claude, et le journaliste Bakary Nimaga ont été entendus par la police judiciaire ;
-Le 23 avril 2006, Litié Boagnon, journaliste et chef du service Sport au quotidien L'Inter a été agressé dans les locaux du journal par quatre individus ;
-Le 31 octobre 2006, en raison de menaces récurrentes de mort sur ses animateurs, Le Jour Plus qui a publié dans la presse un communiqué dans ce sens, a suspendu sa parution ;
-Le 12 septembre 2006, Coulibaly Seydou et Edouard Gonto du journal Le Jour Plus ont été gardés à vue dans les locaux de la gendarmerie et au violon du Parquet, à la suite de l'affaire des déchets toxiques ;
-Le 16 septembre 2006, ils ont été condamnés à payer solidairement 15 millions de francs au couple présidentiel, M. et Madame Laurent et Simone Gbagbo, pour délit d'offense au Chef de l'Etat ;
-Février 2007, le journal a comparu pour une seconde fois devant la justice sur saisine des avocats de Mme Simone Gbagbo et de Marcel Gossio, Directeur général du Port autonome d'Abidjan ;
-Le 04 juillet 2006, les employés du quotidien Notre Voie observent un arrêt de travail de 48 heures pour protester contre une décision de licenciement qui visait 17 employés de l'imprimerie du journal ;
-Le 19 janvier 2006, les journalistes Eugénie Agoh de L'Inter, M'Bra Konan de Soir Info, le photographe Koné Abdul Karim et leur chauffeur Thomas au cours d'un reportage sur des rumeurs d'assassinats à Abobo ont été brutalisés et refoulés par un groupe d'individus armés de gourdins et d'armes blanches près du commissariat du 15ème arrondissement ;
-Le 15 janvier 2006, Franck Konaté de 24 Heures et le photographe Basile Zoma en reportage ont été encerclés par un groupe d'individus qui menaçait de les brûler vifs.
Nous aurions pu dresser un tableau aussi sombre de la situation dans de nombreux autres pays africains d'où nous recevons chaque jour des courriers électroniques, je dis bien chaque, pour nous informer des atteintes, nombreuses à la liberté de la presse. Mais nous préférons plutôt vous donner l'état des lieux établi par Samba Koné pour l'Olped le 03 mai 2006. Pour dire où nous nous trouvons aujourd'hui et d'où nous venons. Ces éléments de comparaison ne nous donnent pas raison de penser que les choses avancent, mais ils nous offrent des raisons de faire la comparaison entre hier et aujourd'hui.
En Côte d'Ivoire, la communauté des journalistes reste toujours dans l'attente des résultats de l'enquête sur la mystérieuse disparition du journaliste franco-canadien, Guy André Kieffer, enlevé à Abidjan le 16 avril 2004. Des journalistes, responsables de rédactions et autres agents de l'information ont été menacés quand ils n'ont pas été physiquement agressés.
L'OLPED donne ici un aperçu non exhaustif des atteintes à la liberté de la presse dans notre pays depuis le 03 Mai 2005.
-Le 9 mai 2005, Sépé Honoré, secrétaire général de la Rédaction de Le Front, a été enlevé par des gendarmes, son domicile perquisitionné sans mandat. Son ordinateur portable et ses téléphones cellulaires confisqués. Motif : " collusion avec les rebelles " ;
-Le 14 mai, deux journalistes, Laurent Okoué et Traoré Moussa des quotidiens L'intelligent d'Abidjan et Nord-Sud échappent de peu à un lynchage alors qu'ils couvraient un séminaire organisé à Grand-Bassam par le Front populaire ivoirien (FPI) ;
-Le 24 juillet, les locaux de la RTI sont assiégés par les " jeunes patriotes " qui réclament la diffusion intégrale du discours de leur leader Charles Blé Goudé.
-Toujours le 24 Juillet, les quotidiens Le Patriote, le Nouveau Réveil et Nord-Sud sont dans l'obligation de délocaliser leurs installations suite à des appels téléphoniques menaçants ;
-Le 25 Juillet, un groupe de jeunes s'en sont pris aux revendeurs de journaux en déchirant les exemplaires d'éditions proches de l'opposition. Plusieurs tenanciers de kiosques sont aussi interdits de vendre ces journaux accusés d'être " favorables à la rébellion " ;
-Le 26 juillet, la principale société de distribution de journaux, Edipresse, pour protester contre les attaques de ses véhicules, suspend ses activités hors de la région d'Abidjan ;
-Toujours le 26 Juillet, des militaires en armes ont fait irruption dans les locaux du journal Dernière Heure Express. Cette descente a conduit les journalistes à suspendre momentanément la parution du journal ;
-Le 27 juillet, José Stéphane koudou, journaliste au quotidien Le jour plus, a été grièvement blessé à la tête par des manifestants se réclamant de la Fesci alors qu'il se rendait au siège du PDCI, à Cocody, pour la couverture d'une conférence de presse ;
-Ce 27 juillet, des soldats de la garde républicaine se rendent au bureau du Directeur général de la RTI et lui intiment l'ordre de ne plus diffuser sur les antennes, sous peine de représailles, les messages de la coalition des partis d'opposition dit G7 ;
-Le 24 août 2005, le Chef d'Etat-major, le général Mangou Philippe a menacé d'interdire de parution de certains journaux lors d'un point de presse ;
-Le 16 janvier 2006, des leaders de la Fesci et des " jeunes patriotes " s'emparent des commandes de la RTI ;
-Le 17 Janvier 2006, Frank Konaté du quotidien 24 Heures est pris à partie par des manifestants dans les environs du Golf Hôtel ;
-Le 19 janvier, une équipe de journalistes du groupe Olympe composée de Konan M'Bra, Abdoul Karim Koné, Eugénie Agoh et du chauffeur de l'entreprise, est passée à tabac et dépouillée par des " jeunes patriotes " dans le quartier d'Abobo ;
-Le 23 Avril 2006, Litié Boagnon journaliste à L'Inter, est passé à tabac par des individus se réclamant de l'Union pour la libération totale de la Côte d'Ivoire (UPLTCI).
En outre, en 2005, des publications ont fait l'objet d'interdiction de vente dans différentes localités du pays, notamment San Pedro, Soubré et Bonoua.
Plus préoccupant, depuis le déclenchement de la guerre en septembre 2002, des zones entières du pays, sous le contrôle des Forces Nouvelles, sont privées de journaux. Dans ces localités, où se développent de nouveaux médias dans l'ignorance totale des règles d'éthiques et de déontologie, les journalistes dépêchés en envoyés spéciaux, travaillent, bien souvent, dans un climat d'insécurité permanente.
Par ailleurs, et toujours au chapitre des entraves à la liberté d'expression, l'accès aux sources d'information pour le journaliste est devenu un véritable chemin de croix. Le Palais présidentiel, la Primature, les ministères et les sièges des partis politiques ne sont pas accessibles à toute la diversité de lignes éditoriales qui composent le paysage médiatique ivoirien.
Les acteurs politiques, les organisateurs de manifestations s'enferment de plus en plus dans une approche partisane qui vise à n'autoriser la couverture médiatique que par certains organes.
Avant de conclure, nous voulons reprendre ici les mêmes demandées que nous formulions il y a de cela exactement une année, c'est-à-dire depuis le 03 mai dernier :
-Le rétablissement des émissions de la RTI sur l'ensemble du territoire national;
-La prise, par les autorités compétentes, de toutes les mesures nécessaires en vue de sécuriser l'ensemble des sites de la RTI;
-La diffusion et la vente des journaux, toutes tendances éditoriales confondues, sur l'ensemble du territoire national ;
-La libre circulation des journalistes exerçant en Côte d'Ivoire sur l'ensemble du territoire national.
Nous voulons dire merci à tous nos partenaires, l'Union européenne, la Coopération française, le Scac et l'Unesco. Ce dernier partenaire nous a permis d'organiser cette 17ème édition de la journée mondiale de la liberté de la presse. Ce n'est pas fini : la bataille pour la liberté de la presse et partant pour la sécurité des journalistes se poursuit et doit être renforcée. Cette bastille est difficile à prendre, mais elle est prenable.
ZIO Moussa
() La communauté des journalistes ivoiriens sait rendre à César ce qui n'est pas aux autres, mais à César. Elle reconnaît et salue les avancées dont sont porteuses les lois portant régimes juridiques de la presse et de la communication audiovisuelle, lois de 2004. Des décrets ont été pris et le secteur est en voie de restructuration au sens où s'entendent organisation, assainissement. Instances de régulation, CNCA et CNP, renforcées, création en cours de la Commission paritaire de la carte d'identité des journalistes, etc.
Cependant, si la suppression des peines privatives de liberté nous éloigne de l'esprit et de la lettre liberticides des lois de 1991, il reste encore des bastilles à prendre. La liberté de la presse, nous l'avons déjà souligné, est une bataille de chaque instant, un engagement durable.
Afin que les uns et les autres puissent se faire leur propre idée de la situation en Côte d'Ivoire, nous présentons l'état des lieux de la liberté de la presse en deux tableaux :
Du 03 mai 2006 au 03 mai 2007 :
-Le 28 Février 2007, Denis Kah Zion et un journaliste du Nouveau Réveil, André Silver Konan, ont été entendus par la Brigade de recherches et gardés à vue de 14 heures à 20 heures ;
-Le 26 Janvier 2007, dans l'affaire Claude Dassé et le couple Duarté (M. Duarté et son épouse Pierrette Adams), le journaliste a été gardé à vue au 'violon' du Parquet pendant 24 heures ;
-Le 02 Mai 2007, Zohoré Lassane, DG des éditions Gbich ! et Marie-Denise Sahué (Madouce), Rédacteur en chef de Go Magazine , ont été convoqués au Commissariat du 1er Arrondissement du Plateau par un policier qui les accusait de diffamation à la suite de la publication de sa photo par le journal Go magazine
-Le 02 juin 2006, Mme Coulibaly Fatoumata, Directeur de publication du journal Le Front et le Rédacteur en chef, Honoré Sépé, ont été condamnés à trois mois de prison ferme, 5 millions de francs CFA d'amende, et 100 millions de francs CFA de dommages et intérêts, soit 50 millions de francs CFA à chacun des deux plaignants, au terme d'un procès ouvert le 05 mai 2006;
-15 février 2006 le Directeur de publication du quotidien Le Patriote, Yves Jean-Claude, et le journaliste Bakary Nimaga ont été entendus par la police judiciaire ;
-Le 23 avril 2006, Litié Boagnon, journaliste et chef du service Sport au quotidien L'Inter a été agressé dans les locaux du journal par quatre individus ;
-Le 31 octobre 2006, en raison de menaces récurrentes de mort sur ses animateurs, Le Jour Plus qui a publié dans la presse un communiqué dans ce sens, a suspendu sa parution ;
-Le 12 septembre 2006, Coulibaly Seydou et Edouard Gonto du journal Le Jour Plus ont été gardés à vue dans les locaux de la gendarmerie et au violon du Parquet, à la suite de l'affaire des déchets toxiques ;
-Le 16 septembre 2006, ils ont été condamnés à payer solidairement 15 millions de francs au couple présidentiel, M. et Madame Laurent et Simone Gbagbo, pour délit d'offense au Chef de l'Etat ;
-Février 2007, le journal a comparu pour une seconde fois devant la justice sur saisine des avocats de Mme Simone Gbagbo et de Marcel Gossio, Directeur général du Port autonome d'Abidjan ;
-Le 04 juillet 2006, les employés du quotidien Notre Voie observent un arrêt de travail de 48 heures pour protester contre une décision de licenciement qui visait 17 employés de l'imprimerie du journal ;
-Le 19 janvier 2006, les journalistes Eugénie Agoh de L'Inter, M'Bra Konan de Soir Info, le photographe Koné Abdul Karim et leur chauffeur Thomas au cours d'un reportage sur des rumeurs d'assassinats à Abobo ont été brutalisés et refoulés par un groupe d'individus armés de gourdins et d'armes blanches près du commissariat du 15ème arrondissement ;
-Le 15 janvier 2006, Franck Konaté de 24 Heures et le photographe Basile Zoma en reportage ont été encerclés par un groupe d'individus qui menaçait de les brûler vifs.
Nous aurions pu dresser un tableau aussi sombre de la situation dans de nombreux autres pays africains d'où nous recevons chaque jour des courriers électroniques, je dis bien chaque, pour nous informer des atteintes, nombreuses à la liberté de la presse. Mais nous préférons plutôt vous donner l'état des lieux établi par Samba Koné pour l'Olped le 03 mai 2006. Pour dire où nous nous trouvons aujourd'hui et d'où nous venons. Ces éléments de comparaison ne nous donnent pas raison de penser que les choses avancent, mais ils nous offrent des raisons de faire la comparaison entre hier et aujourd'hui.
En Côte d'Ivoire, la communauté des journalistes reste toujours dans l'attente des résultats de l'enquête sur la mystérieuse disparition du journaliste franco-canadien, Guy André Kieffer, enlevé à Abidjan le 16 avril 2004. Des journalistes, responsables de rédactions et autres agents de l'information ont été menacés quand ils n'ont pas été physiquement agressés.
L'OLPED donne ici un aperçu non exhaustif des atteintes à la liberté de la presse dans notre pays depuis le 03 Mai 2005.
-Le 9 mai 2005, Sépé Honoré, secrétaire général de la Rédaction de Le Front, a été enlevé par des gendarmes, son domicile perquisitionné sans mandat. Son ordinateur portable et ses téléphones cellulaires confisqués. Motif : " collusion avec les rebelles " ;
-Le 14 mai, deux journalistes, Laurent Okoué et Traoré Moussa des quotidiens L'intelligent d'Abidjan et Nord-Sud échappent de peu à un lynchage alors qu'ils couvraient un séminaire organisé à Grand-Bassam par le Front populaire ivoirien (FPI) ;
-Le 24 juillet, les locaux de la RTI sont assiégés par les " jeunes patriotes " qui réclament la diffusion intégrale du discours de leur leader Charles Blé Goudé.
-Toujours le 24 Juillet, les quotidiens Le Patriote, le Nouveau Réveil et Nord-Sud sont dans l'obligation de délocaliser leurs installations suite à des appels téléphoniques menaçants ;
-Le 25 Juillet, un groupe de jeunes s'en sont pris aux revendeurs de journaux en déchirant les exemplaires d'éditions proches de l'opposition. Plusieurs tenanciers de kiosques sont aussi interdits de vendre ces journaux accusés d'être " favorables à la rébellion " ;
-Le 26 juillet, la principale société de distribution de journaux, Edipresse, pour protester contre les attaques de ses véhicules, suspend ses activités hors de la région d'Abidjan ;
-Toujours le 26 Juillet, des militaires en armes ont fait irruption dans les locaux du journal Dernière Heure Express. Cette descente a conduit les journalistes à suspendre momentanément la parution du journal ;
-Le 27 juillet, José Stéphane koudou, journaliste au quotidien Le jour plus, a été grièvement blessé à la tête par des manifestants se réclamant de la Fesci alors qu'il se rendait au siège du PDCI, à Cocody, pour la couverture d'une conférence de presse ;
-Ce 27 juillet, des soldats de la garde républicaine se rendent au bureau du Directeur général de la RTI et lui intiment l'ordre de ne plus diffuser sur les antennes, sous peine de représailles, les messages de la coalition des partis d'opposition dit G7 ;
-Le 24 août 2005, le Chef d'Etat-major, le général Mangou Philippe a menacé d'interdire de parution de certains journaux lors d'un point de presse ;
-Le 16 janvier 2006, des leaders de la Fesci et des " jeunes patriotes " s'emparent des commandes de la RTI ;
-Le 17 Janvier 2006, Frank Konaté du quotidien 24 Heures est pris à partie par des manifestants dans les environs du Golf Hôtel ;
-Le 19 janvier, une équipe de journalistes du groupe Olympe composée de Konan M'Bra, Abdoul Karim Koné, Eugénie Agoh et du chauffeur de l'entreprise, est passée à tabac et dépouillée par des " jeunes patriotes " dans le quartier d'Abobo ;
-Le 23 Avril 2006, Litié Boagnon journaliste à L'Inter, est passé à tabac par des individus se réclamant de l'Union pour la libération totale de la Côte d'Ivoire (UPLTCI).
En outre, en 2005, des publications ont fait l'objet d'interdiction de vente dans différentes localités du pays, notamment San Pedro, Soubré et Bonoua.
Plus préoccupant, depuis le déclenchement de la guerre en septembre 2002, des zones entières du pays, sous le contrôle des Forces Nouvelles, sont privées de journaux. Dans ces localités, où se développent de nouveaux médias dans l'ignorance totale des règles d'éthiques et de déontologie, les journalistes dépêchés en envoyés spéciaux, travaillent, bien souvent, dans un climat d'insécurité permanente.
Par ailleurs, et toujours au chapitre des entraves à la liberté d'expression, l'accès aux sources d'information pour le journaliste est devenu un véritable chemin de croix. Le Palais présidentiel, la Primature, les ministères et les sièges des partis politiques ne sont pas accessibles à toute la diversité de lignes éditoriales qui composent le paysage médiatique ivoirien.
Les acteurs politiques, les organisateurs de manifestations s'enferment de plus en plus dans une approche partisane qui vise à n'autoriser la couverture médiatique que par certains organes.
Avant de conclure, nous voulons reprendre ici les mêmes demandées que nous formulions il y a de cela exactement une année, c'est-à-dire depuis le 03 mai dernier :
-Le rétablissement des émissions de la RTI sur l'ensemble du territoire national;
-La prise, par les autorités compétentes, de toutes les mesures nécessaires en vue de sécuriser l'ensemble des sites de la RTI;
-La diffusion et la vente des journaux, toutes tendances éditoriales confondues, sur l'ensemble du territoire national ;
-La libre circulation des journalistes exerçant en Côte d'Ivoire sur l'ensemble du territoire national.
Nous voulons dire merci à tous nos partenaires, l'Union européenne, la Coopération française, le Scac et l'Unesco. Ce dernier partenaire nous a permis d'organiser cette 17ème édition de la journée mondiale de la liberté de la presse. Ce n'est pas fini : la bataille pour la liberté de la presse et partant pour la sécurité des journalistes se poursuit et doit être renforcée. Cette bastille est difficile à prendre, mais elle est prenable.
ZIO Moussa