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Nord-Sud
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À chaud - Temps maussade

L'attentat du 29 juin contre l'avion transportant le Premier ministre a marqué un tournant dans l'atmosphère qui prévalait dans le pays. Avec les accords politiques de Ouagadougou du 4 mars 2007, les principaux acteurs du programme de sortie de crise en Côte d'Ivoire s'étaient résolument lancés dans une dynamique qui ne voulait aucunement laisser place au doute. Les voiles ont été toutes mises pour porter l'optimisme. Les discours et des actes, frôlant parfois le surréalisme dans cette Côte d'Ivoire, ont permis de noter la bonne volonté de tous de tourner la page et d'aller à la paix. Tout était mis en ?uvre pour rassurer et marquer la marche en avant de la réconciliation et de la réunification. Sur les grands dossiers qui fâchaient à l'instar de l'identification, le consensus semblait fait. Personne en tout cas ne s'opposait aux audiences foraines. Cette opération a même bénéficié du soutien de la quasi-totalité des partis politiques qui se sont engagés dans une espèce de course frénétique ; mobilisant militants et sympathisants à une participation massive aux audiences foraines. Les préfets et magistrats ont été nommés par le chef de l'état, Laurent Gbagbo en concertation avec le Premier ministre Soro Guillaume. Et des cérémonies officielles d'installation de ces représentants de l'autorité unifiée de l'état ont eu lieu dans les principales villes sous contrôle de l'ex-rébellion des Forces nouvelles. Mais l'attentat de Bouaké a incontestablement laissé des traces. Le gouvernement a décidé de saisir l'Onu pour une enquête internationale, un gage de neutralité dans la recherche des auteurs et commanditaires. Dans le pays cependant, cette démarche n'a pas fait que des heureux. Apparemment, la paix déclamée par tous ne plait pas à certains. Et les auteurs et commanditaires de l'attentat en font sans nul doute parti. En tournée à Korhogo dans le Nord du pays, la semaine dernière, Soro Guillaume a affirmé que ceux qui lui en veulent à mort sont en train d'échafauder de nouvelles actions contre sa personne. Une révélation qui a jeté un froid dans l'opinion. Assurément le pays n'est pas encore totalement sur les rails de la sortie pacifique de crise ; des adeptes de la violence existent encore et sont à la man?uvre. Dans cette atmosphère, l'armée annonce une tentative de déstabilisation des institutions républicaines. Les différents corps sont mis en alerte maximale. L'atmosphère s'alourdit un peu plus. Déjà reportée une première fois après l'attentat du 29 juin, la cérémonie du bûcher de la paix saura-t-elle résister à ce nouvel environnement ? Quant aux audiences foraines, on ne sait plus exactement à quelle date elles débuteront. Les temps sont à nouveau maussades.





D. Al Séni

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Article publié par Nord-Sud et référencé par 225.ci.