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Le Patriote
· 4 min de lecture

Ces outsiders à craindre

La 26e édition de la Coupe d'Afrique des Nations (CAN) 2008 au Ghana débute dans quatre jours. Qualifiée de tous les dangers par certains et de celle de l'abnégation et de la volonté par d'autres, la campagne ghanéenne va réserver aux observateurs son lot de surprises. Comme toutes les compétitions d'envergure. Si le Ghana, pays organisateur, la Côte d'Ivoire, le Cameroun, l'Egypte, le Nigeria et à un degré moindre le Maroc, le Sénégal et la Tunisie partent avec un statut de favori, il n'en est pas de même pour les autres élus à la grande messe du football continental. Toutefois, ils ne manquent pas d'arguments pour s'asseoir à la table des rois. Eux, ce sont le Mali, la Guinée, l'Angola et la Zambie. Des outsiders à craindre ou encore des jeunes loups aux longues dents.
L'Angola logée dans le groupe D n'est pas encore dans le gotha des grands d'Afrique. Mais les Palencas Negras n'y sont pas loin. Après avoir déjoué tous les pronostics et surclassé au finish le Nigeria pour se qualifier pour la Coupe du monde 2006 en Allemagne, les Angolais nourrissent toujours de nouvelles ambitions. Aller toujours plus loin. Pour la CAN 2008, l'Angola vient dans la seule perspective de passer le premier tour. Avec la meilleure attaque (16 buts) de tous les groupes éliminatoires de la CAN 2008, les Palencas Negras ne seront pas des faire-valoir. La Tunisie et le Sénégal, les super favoris de ce groupe doivent se méfier de Flavio Amado et ses camarades. Surtout que le sélectionneur national Luis Oliveira Gonçalves a privilégié la continuité et la maturité dans la composition de son équipe. Sur les 23 sélectionnés, 15 ont été de la campagne en Allemagne en 2006. Un groupe qui se connaît très bien et dont les armes essentielles seront Flavio et Manucho. Deuxième meilleur buteur des éliminatoires (5 réalisations), l'attaquant de Al Ahly et meilleur buteur du dernier championnat angolais, ces deux joueurs sont capables de d'offrir à l'Angola son premier quart de finale au Ghana.
La Guinée est le challenger N°1 du Ghana dans le groupe A. Sous la conduite technique du Français Robert Nouzaret, le Sily National veut jouer son statut d'outsider du groupe à fond. Mais cela ne semble pas être la priorité de Pascal Feindouno et de ses camarades. Le capitaine du Sily a déclaré récemment que ?'la Guinée a les moyens de gagner cette coupe''. Des propos prononcés bien avant par son entraîneur. A l'approche de du début de la compétition qu'ils ont le privilège et la lourde tâche d'ouvrir contre le pays organisateur, les Guinéens mettent déjà la pression sur tous leurs adversaires. En match de préparation, ils ont été sans pitié pour le Soudan qu'ils ont pulvérisé 6-0. De quoi à semer le trouble dans la tête de Michael Essien et de leurs camarades. Quart de finalistes en 2004 et 2006 en Tunisie et en Egypte, les Guinéens miseront sur des individualités et non des moindres pour déjouer les pronostics. Pascal Feindouno, Fodé Mansaré et Ismaël Bangoura seront les armes fatales dont se servira Nouzaret au Ghana. Tous dotés d'une technique au-dessus de la limite, ils seront des dangers permanents pour les défenses adverses.
Le Mali, absent de l'édition égyptienne, fait son retour dans la cour des grands. Mais, pour son come back, il n'a pas été du tout épargné par le sort. Logés dans le groupe B composé du Nigeria, de la Côte d'Ivoire et du Bénin, les Aigles ont tout de même leur carte à jouer. Avec des joueurs de la classe de Frédéric Kanouté, Diarra Mamadou, Seydou Kéïta, Adama Coulibaly, Sammy Traoré, Mohamed Sissoko et Mamadou Diallo. Des joueurs de qualité que souhaiteraient avoir tout entraîneur pour bâtir une équipe solide. Affûté et buteur devant l'éternel, Kanouté conduira l'attaque des Aigles. Et son association avec Mamadou Diallo risque d'être une dynamite pour les défenseurs. Le travail de sabotage et de construction dont font preuve Diarra, Kéïta et Sissoko n'est plus à démontrer. A eux trois, ils peuvent asphyxier tous les milieux de terrain. Rigoureux et difficiles à faire bouger, Sammy et Adama Coulibaly veilleront sur la cage. Tout un groupe qui se fixera pour objectif dans un premier temps d'atteindre le carré d'as comme le stipulent plusieurs joueurs. Une ambition qui leur donnera des forces supplémentaires.
Si l'Egypte et le Cameroun doivent se méfier d'un adversaire dans le groupe C, ce sera incontestablement la Zambie. Certes le Soudan a fait un parcours honorable pour être à ce rendez-vous après 32 ans d'absence. Mais la régularité zambienne à la CAN peut être un atout pour les Chipolopolo. Certes, ils peinent à passer le premier tour de la compétition depuis l'édition du Burkina en 1998, mais la Zambie a dominé l'Afrique du Sud dans son groupe des éliminatoires. Avec des joueurs de la trempe de Christopher Katongo, Clifford Mulenga et Felix Katongo, la Zambie a de réelles raisons d'espérer. Mais le danger pourrait venir principalement de Christopher Katongo. Expatrié en Suède après avoir terminé meilleur buteur du championnat sud-africain 2006-2007, cet attaquant doté d'une belle technique et d'une force de pénétration ne recule devant aucune défense. Surnommé ?'Le Prédateur'', il constituera un danger permanent pour les arrières gardes vieillissantes de l'Egypte et du Cameroun. La moindre minute d'inattention pouvant être fatale, il sera l'espoir de tout le peuple zambien. Celui qui est susceptible de qualifier les Chipolopolo au second tour. Cap attendu depuis 1998.
Au total, ces quatre nations, sans avoir les armes de celles considérées comme les favoris, ne seront pas ridicules au Ghana. Mieux, elles sont susceptibles de déjouer tous les pronostics et de bouleverser l'ordre établi.
OUATTARA Gaoussou

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Article publié par Le Patriote et référencé par 225.ci.