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Dosso Moussa (ministre de l`Enseignement technique et premier responsable des finances des zones Forces nouvelles) : Le racket a pris des proportions exorbitantes en Côte d`Ivoire

Le ministre Dosso Moussa est le premier responsable des finances des zones Forces nouvelles. Dans cet entretien, il parle de l`unicité des caisses de l`Etat et dénonce le racket en Côte d`Ivoire.

Qu`est-ce qui bloque l`unicité des caisses de l`Etat dans les zones Forces nouvelles ?

Il n`y a aucun blocage. Il suffit simplement que les deux parties en question, c`est-à-dire l`administration financière qui va être dirigée par le ministre de l`Economie et des finances et moi-même, et un certain nombre de cadres des Forces Nouvelles se mettent d`accord sur les modalités pratiques qui ont déjà fait l`objet de larges discussions dans le comité technique de l`unicité des caisses de l`Etat. Il y a très longtemps qu`on parle de l`unicité des caisses de l`Etat. La volonté manque-t-elle quelque part ?
Non. Pas du tout. D`abord comme vous le savez, c`est au bout d`un long processus que nous sommes arrivés à ce point là. Et comme tout travail qui se veut sérieux, c`est vrai que la décision politique est prise, mais un comité technique a été mis en place dans lequel les Forces nouvelles ont désigné des représentants. Le ministère de l`Economie et des Finances et un travail d`équipe a été fait pour se mettre d`accord sur toutes les actions à mener en vue d`aboutir à cette unicité des caisses. En dehors de cette volonté politique, les Forces nouvelles ne veulent pas du tout laisser tomber les taxes qu`elles recouvrent dans leurs zones. Que deviendrait par exemple la Centrale ?
Mais la Centrale, c`est en fait l`organe économique et financier des Forces Nouvelles. Qui a existé tout simplement parce que l`administration était absente. Il a fallu l`implantation de cette structure pour gérer les affaires économiques et financières de la zone. Dès lors où nous sommes engagés à travers l`accord politique de Ouagadougou et où un chapitre a été consacré à l`unicité des caisses, il est tout à fait normal qu`on y parvienne, mais cela dans un comité où les discussions et un chronogramme ont été élaborés pour y parvenir. Et aujourd`hui, la mise en ?uvre des décisions qui ont été prises au sein de ce comité vont être simplement appliquées.
Ce comité va commencer à travailler à partir de quand ?
Ce comité a déjà commencé à travailler depuis pratiquement deux mois et les résultats ont été consignés dans un document remis au premier ministre. Il s`agit pour nous maintenant de retourner en zone et de commencer la mise en ?uvre dès aujourd`hui. Une ONG Britanique, Global Witness vous a récemment épinglés sur ce qu`elle appelle la collecte illicite de taxes.
D`accord, c`est illicite par rapport à quoi?
Par rapport au fait que vous appartenez à un gouvernement reconnu par la République et que vous récoltez des taxes qui n`entrent pas dans les caisses de l`Etat.
D`accord. J`ai lu avec intérêt le rapport. Et d`ailleurs, Global Witness n`est pas à sa première tentative. Il y a eu l`année dernière, un premier rapport auquel j`ai personnellement répondu. Je pense qu`il faut absolument dépassionner le débat. Je le dis et je le redis. La question du diamant n`a jamais fait l`objet d`encadrement sérieux par l`Etat de Côte d`Ivoire. En ce qui concerne la participation des Forces Nouvelles dans ce segment d`activité, cette participation est nulle. Je suis le premier responsable économique et financier des Forces Nouvelles. Je n`ai jamais pris en compte une rubrique dans laquelle je recevais des taxes provenant de la vente du diamant des zones CNO. Donc ça toujours été l`objet des paysans, des populations riveraines, mais cela ne date pas d`aujourd`hui. Pourquoi n`organisez-vous pas ce secteur ?
Parce que ça ne nous intéresse pas du tout et que nous, nous avons décidé de ne jamais nous intéresser à cela. Le diamant de la guerre, ça existe ?
Oui, ça existe. Ça a existé au Libéria, en Sierra Léone et dans un certain nombre de pays, mais sachez qu`au niveau des Forces Nouvelles, ça n`a jamais été pris en compte dans la budgétisation des ressources des Forces Nouvelles. Maintenant que vous êtes épinglés là-dessus, qu`allez-vous faire ?
On est épinglé, c`est trop dire. Ils sont allés faire une visite, ils ont ramené un certain nombre d`informations. Et c`est un peu une manière cavalière de traiter les problèmes. Parce que lorsque vous voulez qu`il y ait de l`objectivité dans un tel rapport, il fallait tout simplement que les représentants de Global Witness nous rencontrent, pour confronter nos documents à ceux qu`ils ont pondus lors de cette mission et qu`il y ait discussion afin qu`on puisse contredire ce qui a été relevé sur le terrain. Et c`est seulement au terne de cette confrontation qu`on peut rédiger un tel rapport. Le racket dans vos zones rapporterait gros ?
Le racket n`est pas inhérent aux zones Forces Nouvelles. Vous avez le racket de façon générale en Côte d`Ivoire qui a pris des proportions exorbitantes et pour lesquelles nous allons continuer de dénoncer. Là aussi, au sein du comité, des propositions ont été étudiées et il appartient à chacune des parties de les mettre en ?uvre pour atténuer, sinon voir disparaître ce racket.
Avez-vous des propositions concrètes ?
Je pense qu`aujourd`hui, des informations ont été données au sujet de la prise en charge, des primes de nos combattants. Si nous avons cette allocution, nous pourrons effectivement prendre des décisions qui vont régler la question du racket dans les différents corridors que nous avons à travers nos zones.

Propos recueillis sur ONUCI-FM
par Jules Claver Aka

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