Aller au contenu
Notre Voie
· 2 min de lecture

Soro au pied... de la paix

Encore des coups de feu des hommes de Soro, la veille de la Tabaski, dans les rues de Bouaké ! Qui l'eût cru ? Depuis la Flamme de la Paix du 30 juillet 2007, à Bouaké, le Premier ministre ivoirien, Guillaume Soro Kigbafori, ne fait que multiplier, en tout cas officiellement, les actes de bravoure et de détermination pour offrir, aux côtés du président Gbagbo, la paix à son pays. Il a surmonté la peur de l'attentat aux missiles, le 29 juin, contre son avion à Bouaké. Il s'est rendu à Gagnoa le 18 septembre alors que beaucoup le donnaient pour mort s'il effectuait le déplacement dans la ville natale du président Laurent Gbagbo. Du 28 au 30 novembre, contre vents et marrées, il a organisé avec faste la visite d'Etat du chef de l'Etat dans la Région des Savanes, à l'extrême nord du territoire géré par les ex-rebelles. C'est d'ailleurs entre deux étapes de cette visite que le président Gbagbo et lui ont parafé, à Korhogo, en présence du représentant du facilitateur du dialogue interivoirien, l'accord de Ouaga III.
Si, avec le regroupement des ex-combattants, le désarmement prescrit par Ouaga III démarre effectivement le 22 décembre prochain sans le moindre heurt, Guillaume Soro Kigbafori aura réussi à réhabiliter, en Côte d'Ivoire, l'adage selon lequel c'est au pied du mur qu'on voit le bon maçon. Il aura confondu ses détracteurs, on l'aura alors vu au pied de...la Paix durable qu'il se montre tant décidé à construire pour les Ivoiriens. C'est pourquoi, à quatre jours de la date capitale du 22 décembre 2007, quelles qu'en soient les raisons, le rodéo de quelques ex-rebelles, le mardi 18 décembre, dans les rues de Bouaké, ressemble fort à un défi à son autorité.
Ce défi est très grand pour le Premier ministre. Il réveille le souvenir de ces terribles phrases de Guillaume Soro Kigbafori réclamant, dans son discours de bienvenu à Laurent Gbagbo, le 28 novembre 2007, à Ferkessédougou, les états généraux de la réinsertion. Le Premier ministre semblait ainsi faire croire qu'un désarmement précipité des ex-combattants laisserait des séquelles de la même douleur que celle des coups d'Etat qui paralysent depuis les années 60, les pays africains qui, selon lui, aurait arraché leur indépendance dans la précipitation, sans préparation !? Certes, la sortie de Soro a été négligée par tous, au bénéfice de l'euphorie de l'accueil réservé au président Gbagbo. Mais nombre de ses détracteurs restent sur leur garde : Soro n'a pas envie d'écourter son séjour à la Primature. Il peut officiellement montrer qu'il construit la paix mais susciter des évènements pour bloquer le processus, n'a-t-on cessé d'entendre depuis son discours du 28 novembre. Le rodéo du mardi dernier ne va-il pas conforter ses détracteurs qui pensent que le Premier ministre de Laurent Gbagbo veut empêcher le désarmement et prolonger son séjour à la Primature ? Soro est vraiment au pied du mur.






C.E.

Dans cet article

Article publié par Notre Voie et référencé par 225.ci.