Rapports RDR - Forces nouvelles - Le RDR a payé le plus lourd tribut à la crise
Les morts ne se comptent plus. Les disparus sont innombrables. Il est impossible de quantifier les veuves et les orphelins. Les mutilés ne peuvent pas être dénombrés. Les traumatisés ont atteint des proportions inquiétantes. Toutes ces personnes ont un dénominateur commun : elles sont toutes militantes, sympathisantes ou supposées favorables au Rassemblement Des Républicains (RDR). Leur martyre a pris un coup d'accélérateur lorsque, une nuit de septembre 2002, un coup d'Etat a éclaté en Côte d'Ivoire puis s'est mué en rébellion. Après l'assassinat du Général Guéi, dès les premières heures de cette crise, c'est au domicile du président du RDR, le Dr Alassane Dramane Ouattara, que les escadrons de la mort à la solde du pouvoir se sont rendus. La rage dans les yeux, la haine dans les c?urs, les doigts sur la gâchette de leurs armes, ils s'apprêtaient à faire passer de vie à trépas le leader du RDR. Moins chanceux, c'est son Aide de camp, le Capitaine Dosso Aboubakary Kodoumba qui a perdu la vie au cours de ces événements. Son tort à lui a été d'être chargé de la sécurité de " l'ennemi numéro 1" du régime FPI et d'avoir eu, dans le feu de l'action, le courage de se présenter devant ses frères d'armes pour les ramener à la raison.
La crise ivoirienne a fait couler beaucoup de sang. Dans la zone gouvernementale, c'est au sein des partisans de Ouattara que se comptent les victimes. Il fut un temps où il ne faisait pas bon d'être militant du RDR. C'était se garantir un séjour tous frais payés pour l'au-delà. Les premiers mois qui ont suivi le déclenchement de la rébellion ont été un calvaire pour les militants du RDR. Ils ont payé le tribut à la rébellion à la place des rebelles eux-mêmes. Militants anonymes et célèbres, la mort leur a rendu visite dans leurs chaumières. Elle les a attendus au coin de la rue. Le régime Gbagbo, incapable de vaincre ceux qui tenaient Bouaké, a jeté son dévolu sur les militants aux mains nues d'Abidjan. Plus connu, le comédien Camara Yêrêfê dit H a été extrait de son domicile, à Yopougon, pour être assassiné. C'était le 02 février 2003. Moins connus, et Dieu seul sait combien ils sont nombreux, des jeunes, des femmes et des hommes ont été tragiquement arrachés à l'affection des leurs. C'était le règne des tribunaux de l'inquisition version FPI. Il suffisait que le voisin qui n'arrive pas à s'assurer les trois repas quotidiens vous traite de rebelle pour que, dans les heures qui suivent le compteur de votre vie s'arrête.
Assaillant. Le mot était à la mode et servait à désigner une partie de la population considérée comme traditionnellement acquise au RDR. La délation était devenue le sport favori des militants du parti au pouvoir. Il suffisait que vous receviez la visite de deux amis pour que, dans les minutes qui suivent, des hommes en armes débarquent chez vous au motif qu'on leur a dit que vous hébergez des rebelles.
Anyama et Abobo : cités martyrisées, cités martyres. Ces deux villes considérées comme les bastions du RDR ont été accusées de repaires des assaillants. Elles étaient fréquemment assiégées par les gendarmes, policiers et militaires. Beaucoup de fils et filles de ces deux villes ont rejoint l'au-delà tragiquement. L'angoisse de la nuit, l'incertitude du lendemain étaient le lot quotidien de leurs habitants. A un moment donné, Anyama s'était vidée de sa population masculine. Beaucoup de parents avaient alors conseillé, à leurs fils, de quitter la ville de peur que demain ce ne soit leur tour.
Il y a eu mars 2004. Là encore sur les 120 morts recensés par les organisations internationales, après l'appel du G7 à marcher pour l'application intégrale de l'accord de Linas-Marcoussis, la plupart étaient issus du RDR. Il y eut de nombreux disparus au cours de ces journées noires. Quatre ans après certains n'ont pas été retrouvés. C'est en désespoir de cause que, dans leurs familles, des oraisons funèbres ont été dites et leurs funérailles organisées. Ceux qui ne sont pas morts sont marqués à vie. Les mutilés, les estropiés, les traumatisés sont légion. Les miraculés ont pris le chemin de l'exil pour ceux qui avaient un peu de moyens.
Abou Coulibaly, standardiste à la résidence privée de Ouattara a été assassiné. Le jeune Badolo, jardinier a connu une triste fin parce que celui pour qui il travaillait, ADO, a annoncé lors des célébrations des dix ans de son parti, le 02 octobre 2004, qu'il rentrait bientôt en Côte d'Ivoire.
En quatre années de crise, le RDR a porté un lourd fardeau. Son leader a été accusé d'être le premier responsable de la rébellion, ses militants ont été traités d'assaillants. Ils ont connu la peur. Ils ont vécu l'horreur. Mais ils ont tout accepté.
Les journaux proches de ce parti ont payé leur part dans ce drame. A chaque poussée de fièvre, c'est le siège du journal Le Patriote qui était visité en premier lieu par ceux qui se sont affublés du titre de jeunes patriotes. Ce journal là est un miraculé. En novembre 2004, il est parti en fumée. Mais, comme le phoenix, il est né de ses cendres. Le Patriote a été accusé d'être le porte-voix de la rébellion. Ses journalistes fréquemment menacés. Le RDR a tout supporté. Comme un roseau, il a plié mais il n'a pas rompu. Il faut que ceux pour qui (les rebelles) le RDR a supporté le faix de la crise ivoirienne le reconnaissent.
C'est le seul parti politique qui a deux carrés des martyrs. L'un au cimetière d'Abobo où reposent ses militants tués lors des événements de mars 2004. L'autre au cimetière de Williamsville où sont inhumées les victimes de Yopougon d'octobre 2000.
Ferdinand Yao
La crise ivoirienne a fait couler beaucoup de sang. Dans la zone gouvernementale, c'est au sein des partisans de Ouattara que se comptent les victimes. Il fut un temps où il ne faisait pas bon d'être militant du RDR. C'était se garantir un séjour tous frais payés pour l'au-delà. Les premiers mois qui ont suivi le déclenchement de la rébellion ont été un calvaire pour les militants du RDR. Ils ont payé le tribut à la rébellion à la place des rebelles eux-mêmes. Militants anonymes et célèbres, la mort leur a rendu visite dans leurs chaumières. Elle les a attendus au coin de la rue. Le régime Gbagbo, incapable de vaincre ceux qui tenaient Bouaké, a jeté son dévolu sur les militants aux mains nues d'Abidjan. Plus connu, le comédien Camara Yêrêfê dit H a été extrait de son domicile, à Yopougon, pour être assassiné. C'était le 02 février 2003. Moins connus, et Dieu seul sait combien ils sont nombreux, des jeunes, des femmes et des hommes ont été tragiquement arrachés à l'affection des leurs. C'était le règne des tribunaux de l'inquisition version FPI. Il suffisait que le voisin qui n'arrive pas à s'assurer les trois repas quotidiens vous traite de rebelle pour que, dans les heures qui suivent le compteur de votre vie s'arrête.
Assaillant. Le mot était à la mode et servait à désigner une partie de la population considérée comme traditionnellement acquise au RDR. La délation était devenue le sport favori des militants du parti au pouvoir. Il suffisait que vous receviez la visite de deux amis pour que, dans les minutes qui suivent, des hommes en armes débarquent chez vous au motif qu'on leur a dit que vous hébergez des rebelles.
Anyama et Abobo : cités martyrisées, cités martyres. Ces deux villes considérées comme les bastions du RDR ont été accusées de repaires des assaillants. Elles étaient fréquemment assiégées par les gendarmes, policiers et militaires. Beaucoup de fils et filles de ces deux villes ont rejoint l'au-delà tragiquement. L'angoisse de la nuit, l'incertitude du lendemain étaient le lot quotidien de leurs habitants. A un moment donné, Anyama s'était vidée de sa population masculine. Beaucoup de parents avaient alors conseillé, à leurs fils, de quitter la ville de peur que demain ce ne soit leur tour.
Il y a eu mars 2004. Là encore sur les 120 morts recensés par les organisations internationales, après l'appel du G7 à marcher pour l'application intégrale de l'accord de Linas-Marcoussis, la plupart étaient issus du RDR. Il y eut de nombreux disparus au cours de ces journées noires. Quatre ans après certains n'ont pas été retrouvés. C'est en désespoir de cause que, dans leurs familles, des oraisons funèbres ont été dites et leurs funérailles organisées. Ceux qui ne sont pas morts sont marqués à vie. Les mutilés, les estropiés, les traumatisés sont légion. Les miraculés ont pris le chemin de l'exil pour ceux qui avaient un peu de moyens.
Abou Coulibaly, standardiste à la résidence privée de Ouattara a été assassiné. Le jeune Badolo, jardinier a connu une triste fin parce que celui pour qui il travaillait, ADO, a annoncé lors des célébrations des dix ans de son parti, le 02 octobre 2004, qu'il rentrait bientôt en Côte d'Ivoire.
En quatre années de crise, le RDR a porté un lourd fardeau. Son leader a été accusé d'être le premier responsable de la rébellion, ses militants ont été traités d'assaillants. Ils ont connu la peur. Ils ont vécu l'horreur. Mais ils ont tout accepté.
Les journaux proches de ce parti ont payé leur part dans ce drame. A chaque poussée de fièvre, c'est le siège du journal Le Patriote qui était visité en premier lieu par ceux qui se sont affublés du titre de jeunes patriotes. Ce journal là est un miraculé. En novembre 2004, il est parti en fumée. Mais, comme le phoenix, il est né de ses cendres. Le Patriote a été accusé d'être le porte-voix de la rébellion. Ses journalistes fréquemment menacés. Le RDR a tout supporté. Comme un roseau, il a plié mais il n'a pas rompu. Il faut que ceux pour qui (les rebelles) le RDR a supporté le faix de la crise ivoirienne le reconnaissent.
C'est le seul parti politique qui a deux carrés des martyrs. L'un au cimetière d'Abobo où reposent ses militants tués lors des événements de mars 2004. L'autre au cimetière de Williamsville où sont inhumées les victimes de Yopougon d'octobre 2000.
Ferdinand Yao