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Football : Les clés du succès

L'Africa sports est le nouveau champion de Côte d'Ivoire après plusieurs années de disette. Avec 55 points + 24 contre 51 points + 21 à l'Asec, l'Africa Sports est le nouveau roi de Côte d'Ivoire, à une journée de la fin du championnat national. Les Mimos, champions sortants, ne pourront plus rattraper les Aiglons quelle que soit l'issue de la dernière journée. La joie est indescriptible dans le camp de la grande famille Vert et Rouge. Après plusieurs années de disette, l'Africa retrouve le sommet du football ivoirien. Un succès qu'elle n'a pas du tout usurpé. L'Africa s'est battue crânement pour détrôner l'Asec, le rival légendaire. Sans se montrer extraordinaire dans le jeu, les Vert et Rouge ont misé sur leur force de caractère, leur état d'esprit et surtout leur orgueil et leur rage de vaincre pour dominer le championnat.
Mais le grand artisan du retour au premier plan de l'Africa, c'est bien le président central du club, Kuyo Téa Narcisse. Par son imagination, son dynamisme, sa passion et son humilité, il a abattu un travail remarquable. Perspicace, il a fait venir une quintette d'Italiens pour tenter cette aventure exaltante. " Avec la bénédiction de Dieu, j'ai réussi à rehausser l'image de l'Africa, à lui redonner vie. Ce n'était pas évident car j'ai hérité d'un club endetté, au bord du gouffre. Il a fallu se battre, cravacher avec des amis pour relever ce défi", soutient Kuyo. L'encadrement technique a fait preuve de professionnalisme en réussissant à changer la mentalité des joueurs, en leur faisant prendre conscience de leur métier, en leur imposant une discipline de groupe. Moriero Francesco d'abord et ensuite Toto Nobile ensuite, ont réussi l'exploit de transformer les timorés en un commando de guerre. Des garçons tels que Ottro Gnakabi (deuxième meilleur buteur avec 13 buts à une journée de la fin), Djédjé Landry, Voli-Bi Hyacinthe, Behima Abel, Blagnon Goué, Komara Karamoko, Koné Tiassé, Kaboré Jean-Baptiste ont retrouvé la joie de jouer et de vivre. Les techniciens ont su donner la chance à des gamins dont le plus intéressant est Barro Babou. Un talent peu commun qui a été bien couvé et qui a explosé dans la deuxième partie du championnat. Même en sélection nationale, Babou a étalé son immense talent. La preuve, au premier tournoi de l'Uemoa, il a remporté la palme de meilleur buteur (4 buts). " Barro Babou a beaucoup progressé. L'avenir lui appartient. Pourvu qu'il garde la tête sur les épaules ", indique son président Kuyo. Barro a affirmé que plusieurs clubs étrangers sont à ses trousses. Restera-t-il à l'Africa ou ira-t-il monnayer son talent en Europe ? L'avenir nous situera. C'est le lieu aussi de saluer le travail abattu par le Directeur général de l'Africa, l'Italien Fabio Cordella qui, de par ses relations, a été utile au président Kuyo. L'Africa qui souffrait, depuis quelques années, du manque d'équipements sportifs, n'a plus de souci, à ce niveau, aujourd'hui. " Nous nous habillons correctement, à chaque match. C'est une autre façon de vendre l'image du club. C'est aussi une source de motivation supplémentaire ", confiait Komara Karamoko, un des éléments-clés du dispositif de Toto. Au-delà de tous ces atouts, il faut reconnaître que beaucoup reste à faire au sein de cette formation. Dans ses différents compartiments, l'Africa traîne des lacunes. Il lui faut nécessairement des renforts de qualité pour entrevoir l'avenir avec sérénité. La Ligue des champions notamment, à laquelle l'Africa prendra part (tout comme l'Asec), est une épreuve capricieuse, qui brûle.
Jean-Baptiste Béhi
Ils ont dit...
SARAKA (coach de la JCA)

L'Africa est un bon champion
Nous avons assisté à un bon championnat. Le niveau était bon. Avant les deux dernières journées, il était difficile de désigner le champion de Côte d'Ivoire. Finalement, l'Africa a remporté le titre. C'est un bon champion.
L'acquisition du titre n'a pas été facile. Les Aiglons ont puisé dans leurs ressources pour triompher. Ils sont à féliciter. Ils ont triomphé parce qu'ils étaient les plus endurants.
Selon moi, l'Asec a voulu préparer l'avenir à 4 journées de la fin de la saison. Les Mimos, qui étaient scotchés à la deuxième place, ont voulu faire une revue de troupe, en vue de la saison prochaine. Il fallait faire jouer le maximum de joueurs, pour savoir qui libérer et qui garder. Je pense donc qu'à 4 journées de la fin du championnat, l'ASEC a plus misé sur la préparation de la saison à venir. Mais, cela n'enlève rien au sacre de l'Africa.
LAURENT POKOU (Ancien joueur)
L'Africa a fait un bon parcours
Félicitations à l'Africa pour ce titre. Cela fait 7 ans que le titre échappe à cette équipe. Il faut d'abord reconnaître l'esprit sportif qui a animé l'ASEC, qui a accepté de rejouer le match. Imaginez vous que la Fédération ait décidé de faire rejouer le match de l'Africa à Issia. Les Aiglons ont gagné. Ils peuvent organiser une grande fête. Maintenant, il faut penser à l'avenir. La ligue des champions arrive. C'est au cours de cette compétition, qu'il faut prouver sa valeur. L'Africa a fait un bon parcours, même s'il y a eu des imperfections comme les incidents lors du match contre San Pedro.
Pour moi, l'ASEC était émoussée. Après les efforts fournis lors de la ligue des champions, l'équipe n'avait plus de jus. Il lui a manqué de l'énergie pour terminer en force la saison. Aussi, le mental a fait défaut. Je n'ai pas compris souvent le classement de l'entraîneur, qui laissait sur le banc des joueurs de qualité comme Iddrissu et Adegoké. Cela a défavorisé de l'ASEC.
ABY RICHMOND
(Président du Stade d'Abidjan)
L'Africa mérite le titre L'Africa mérite le titre. Cette équipe a été la plus constante. Aussi, l'organisation mise en place par le président Kuyo a créé une autre motivation chez les joueurs. Le titre ne se joue pas sur un match. L'Africa a été largement au-dessus de la moyenne. Pour moi, l'ASEC s'est installée dans un laxisme. Comme chaque année cette formation remportait le titre, tout le monde a commencé à sommeiller. Cette victoire du grand rival va fouetter leur orgueil.

Propos recueillis par
Edgar Yeboué

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