Un appel naturel
Dans une certaine opinion prompte en général à trahir une certaine fébrilité face aux développements du débat politique, cela suscite depuis quelques jours des gorges chaudes. Des commentaires vont bon train et des conclusions plus ou moins hâtives sont tirées ici et là. Des analystes politiques de tous poils croient y avoir trouvé sujet à polémique et à palabres, souvent inutiles. Mais la vérité est que toute cette fièvre ne se justifie guère. L'appel lancé vendredi dernier, lors de son discours d'ouverture du 2ème congrès ordinaire du RDR, par Alassane Ouattara en direction des Forces Nouvelles ? puisque c'est de cela qu'il s'agit ? entre dans l'ordre normal des choses pour tout parti politique sérieux, désireux de conquérir le pouvoir d'Etat. En demandant aux Forces Nouvelles d'investir (leurs) énergies dans l'engagement politiques à (leurs) côtés , une invitation implicite aux ex-rebelles à les rejoindre dans l'arène politique, le RDR et son président n'inventent pas l'eau chaude. En politique, le jeu des alliances est vieux comme le monde. En fonction des intérêts qu'une formation politique croit pouvoir tirer d'une rapprochement avec une autre formation ou un groupe de personnes, elle peut s'autoriser à lui proposer, soit une plate-forme de conquête et d'exercice du pouvoir d'Etat, soit une fusion pure et simple dans ses instances. Les exemples en la matière sont si nombreux en Côte d'Ivoire et partout ailleurs dans le monde qu'on se demande bien ce qu'il y a de nouveaux dans cet appel du RDR aux Forces Nouvelles ?
Mais en réalité, on est plus étonné devant ces agitations quand on pousse un tout petit peu plus l'analyse s'agissant de cet appel.
Qu'est-ce qu'il y a vraiment de surprenant que le RDR invite les Forces Nouvelles à les rejoindre sous la même chapelle politique quand il n'y a qu'une simple question à se poser pour se faire une raison à propos de cet appel ?
Cette question n'est-elle pas bien celle-ci : quelle est la raison fondamentale de la prise d'armes par les Forces Nouvelles contre le régime Gbagbo, une nuit du 18 au 19 septembre 2002 ? Ceux qui ruent dans les brancards parce que le RDR tend la main aux FN feignent manifestement d'ignorer que les armes qui ont tonné il y a de cela cinq ans contre le régime de la Refondation avait pour objectif de mettre fin à un état de fait, à une injustice que le pouvoir FPI avait pris à son compte dès sa son avènement au affaires. C'est intellectuellement malhonnête de faire semblant de ne pas savoir que l'ex-rébellion a éclaté pour porter un coup d'arrêt à la persécution dont était victime une importante frange de la population, celle du Nord, d'où est originaire le leader du RDR ainsi qu'une grande majorité de ses partisans. Lesquels ont précisément souffert le martyre parce qu'ils étaient, fatalement, de la même région que lui. C'est cela la vérité historique qui fait que ce n'est pas du tout prendre le contre-pied d'une certaine logique qui veut que la population que les Forces Nouvelles ont entrepris de protéger en prenant les armes contre leur bourreau soit aujourd'hui invitée, maintenant que les choses sont entrées dans une certaine normalité, à rejoindre leur base naturelle et que, par la même occasion ceux qui ont rétabli cette injustice soit appelés à emprunter le même chemin.
Koré Emmanuel
Mais en réalité, on est plus étonné devant ces agitations quand on pousse un tout petit peu plus l'analyse s'agissant de cet appel.
Qu'est-ce qu'il y a vraiment de surprenant que le RDR invite les Forces Nouvelles à les rejoindre sous la même chapelle politique quand il n'y a qu'une simple question à se poser pour se faire une raison à propos de cet appel ?
Cette question n'est-elle pas bien celle-ci : quelle est la raison fondamentale de la prise d'armes par les Forces Nouvelles contre le régime Gbagbo, une nuit du 18 au 19 septembre 2002 ? Ceux qui ruent dans les brancards parce que le RDR tend la main aux FN feignent manifestement d'ignorer que les armes qui ont tonné il y a de cela cinq ans contre le régime de la Refondation avait pour objectif de mettre fin à un état de fait, à une injustice que le pouvoir FPI avait pris à son compte dès sa son avènement au affaires. C'est intellectuellement malhonnête de faire semblant de ne pas savoir que l'ex-rébellion a éclaté pour porter un coup d'arrêt à la persécution dont était victime une importante frange de la population, celle du Nord, d'où est originaire le leader du RDR ainsi qu'une grande majorité de ses partisans. Lesquels ont précisément souffert le martyre parce qu'ils étaient, fatalement, de la même région que lui. C'est cela la vérité historique qui fait que ce n'est pas du tout prendre le contre-pied d'une certaine logique qui veut que la population que les Forces Nouvelles ont entrepris de protéger en prenant les armes contre leur bourreau soit aujourd'hui invitée, maintenant que les choses sont entrées dans une certaine normalité, à rejoindre leur base naturelle et que, par la même occasion ceux qui ont rétabli cette injustice soit appelés à emprunter le même chemin.
Koré Emmanuel