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Le Patriote
· 3 min de lecture

Retours des déplacés allogènes à Bloléquin - Les autochtones acceptent de rétrocéder les plantations

Des échanges francs, parfois houleux. Mais le tout dans un climat de réconciliation et de fraternité. C'est dans cette ambiance que s'est déroulé, le jeudi 22 mai dernier à Bloléquin, l'atelier sur le règlement des conflits intercommunautaires. Une rencontre organisée par le ministère de la Réconciliation nationale et des Relations avec les Institutions, en collaboration avec le ministère de la Solidarité et des Victimes de Guerre, celui de la Reconstruction et de la Réinsertion et des organisations humanitaires internationales représentées en Côte d'Ivoire. C'était en présence du Coordonnateur des agences du système des Nations Unis en Côte d'Ivoire, M. Georges Charpentier. A cette occasion, l'atelier s'est penché essentiellement sur les questions des forêts classées et la restitution des plantations aux populations déplacées de la sous-préfecture de Zéaglo, dans le département de Bloléquin. En effet, suite à l'éclatement de la crise politico-militaire en septembre 2002 et l'exode des populations qui s'en est suivi, un conflit foncier a secoué cette zone de l'ouest de la Côte d'Ivoire. Et malgré plusieurs cérémonies de réconciliation, plusieurs dizaines d'allogènes et autres déplacés allochtones étaient toujours privés de leurs plantations. Aussi, les autochtones accusaient, à tort ou à raison, les responsables de la SODEFOR de les traiter différemment, par rapport aux allogènes et allochtones concernant l'exploitation des parcelles dans les forêts classées. Les ministres Sébastien Dano Djédjé, Louis André Dacoury-Tabley et Bamba-Hamza Fatoumata ont donc longuement échangé sur cette question avec les populations autochtones des cantons Zarabahon, Neao-Nord, Neao-Sud Et Boo, à qui ils ont fait des propositions au nom du gouvernement. Pour le ministre de la Réconciliation Nationale et des Relations avec les Institutions, M. Dano Djédjé, qui conduisait la délégation gouvernementale, il est plus que jamais urgent, pour les populations ivoiriennes en général et celles de l'ouest en particulier, de tourner définitivement le dos à la violence. Pour lui, seules la paix et la stabilité peuvent contribuer au développement d'une région. Il ne faudrait pas que notre passé récent de pays en crise, soit un frein aux retrouvailles et à la paix entre nous. Nous sommes donc à Bloléquin pour chercher ensemble, la cohésion entre les peuples , a-t-il, d'entrée, indiqué. Avant de préciser que la forêt classée est, en principe, l'affaire de l'Etat. Cependant, l'Etat de Côte d'Ivoire, poursuit-il, s'engage à faire beaucoup de sacrifices, afin que cette région du Moyen-Cavally ne sombre pas . Il ressort donc, de ces échanges avec les populations autochtones, que ces dernières acceptent le retour de leurs frères allogènes et allochtones dans leurs plantations. Cela, en acceptant le principe de partage, avec 1/3 pour les autochtones contre 2/3 pour l'allogène ou l'allochtone. Et tous sont tenus de payer une somme de 12 000 francs CFA par hectare et par mois à la SODEFOR. Cette somme servira à la réhabilitation de la forêt à travers une politique générale de reboisement. MM Roger Badé César, Tuha Eloi, Bahouo Pierre et Gléhi Joseph, respectivement porte-parole des populations autochtones des cantons Zarabahon, Neao-Nord, Neao-Sud Et Boo ont tous affirmé leur adhésion totale à cette solution à l'amiable des conflits fonciers à Bloléquin. Une action également saluée par M. Oulaï Tiaba, au nom des cadres du département.
Abordant à son tour le volet sur le dédommagement des victimes de guerre, le ministre de la Solidarité et des Victimes de Guerre, M. Dacoury-Tabley a précisé à cette occasion, que le dédommagement sera effectif. C'est un droit universellement reconnu. Ivoiriens comme étrangers, tous ceux qui ont été victimes de guerre seront indemnisés , a-t-il affirmé à cet effet. Quant au ministre de la Reconstruction et de la Réinsertion, Mme Bamba-Hamza, elle a exhorté les populations wè à s'approprier définitivement, les notions de paix et de cohésion sociale, prescrites par l'Accord politique de Ouagadougou. Car, selon elle, ces deux notions sont des préalables pour la reconstruction de la Côte d'Ivoire.
Diawara Samou (Envoyé spécial)

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Article publié par Le Patriote et référencé par 225.ci.