Lutte contre la lèpre au Niger : progrès accomplis
I. INTRODUCTION :
La lèpre ou Maladie de Hansen, est une mycobactériose, posant un problème de santé publique au Niger depuis la nuit des temps, à côté d'autres endémies locales, comme l'onchocercose (cécité des rivières), la tuberculose, la dracunculose (Ver de Guinée) , etc Elle est considérée comme un problème de santé publique spécial en raison des incapacités progressives qu'elle provoque et de ses conséquences sociales telles que la discrimination et
la stigmatisation.
En effet, depuis les temps coloniaux, la lèpre, maladie invalidante, a été l'objet d'une attention particulière de la part des autorités nationales et des responsables sanitaires, à travers les missions des équipes mobiles de l'armée coloniale et du service national des grandes endémies au cours des années 1940 à 1960, période où les malades étaient traités d'abord à l'huile de chaulmoogra injectable, puis à la disulone (DDS = sulfone) en monothérapie jusqu'à l'avènement de la Polychimiothérapie (PCT) préconisée par l'OMS en 1981, basée sur l'association de plusieurs antibiotiques tels que la DDS, la Rifampicine et
la Clofazymine..
L'introduction de la PCT en 1983 avec le projet Dargol dans le distrcit sanitaire de Téra région de Tillabéri, c'est-à-dire la PCT
en traitement ambulatoire, pour la première fois, dans les centres de santé périphériques en zone rurale et en 1986 avec le projet
pilote du district de Boboye dans la région de Dosso, a révolutionné la lutte contre la lèpre au Niger. Elle a permis l'élaboration d'un Programme national de lutte contre la Lèpre en 1989, sa mise en oeuvre 1992, et une meilleure prise en charge des malades, avec 6 mois de traitement pour les malades paucibacillaires (formes tuberculoïdes) et 12 mois pour les malades multi bacillaires (formes lépromateuses, très contagieuses).
Aussi, l'appui technique, matériel, logistique et financier des partenaires traditionnels, à savoir l'Association Française
Raoul Follereau (AFRF), l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) et la Sudan International Mission (SIM), a permis au Niger d'accomplir des progrès dans la lutte contre la Lèpre.
II. OBJECTIFS ET STRATEGIES DE LUTTE
Par application de la résolution WHA44.9 de l'Assemblée mondiale de la Santé en Mai 1991, le Niger s'est engagé à éliminer la lèpre en tant que problème de santé avant l'an 2000, c'est-à-dire la réduction de la prévalence de la lèpre à un niveau < 1 cas pour 10 000 hts au niveau national, régional et des districts sanitaires
- i/. les objectifs fixés sont :
· objectif général :
- éliminer la lèpre en tant que problème
de santé publique au niveau de tous les districts
sanitaires.
· Objectifs spécifiques :
- sensibiliser les populations sur la lèpre et
ses conséquences ;
- dépister la grande majorité des cas de lèpre
dans le pays ;
- traiter tous les cas de lèpre dépiste chaque année
Pour y parvenir, le pays a eu à appliquer
diverses stratégies comme recommandé
par l'OMS :
· La mise en oeuvre de la
Polychimiothérapie dans les services de
santé des zones d'endémie : elle est la
pierre angulaire de la stratégie, car elle
guérit les malades, réduit le réservoir d'infection
et interrompt de ce fait la transmission,
et prévient aussi les incapacités grâce
à une prise en charge précoce ;
· L'organisation des CEL (campagnes d'élimination
de la lèpre visant à accélérer les
activités d'élimination au moyen de dépistage
et de traitement) et des initiatives
spéciales pour étendre les services à la périphérie
;
· La mise à jour régulière des registres
de la lèpre, basée sur la surveillance et le
suivi du programme, par l'utilisation de
système d'information et des indicateurs
essentiels servant à suivre les progrès de
l'élimination de la lèpre (prévalence, détection,
couverture PCT, taux de guérison,
taux de rechutes, degrés d'incapacités) ;
· Le renforcement des capacités des services
de santé et la formation des agents
de santé, dans la prévention, la détection
et la prise en charge des malades de la lèpre
;
· La modification de l'image négative de
la lèpre, à travers la propriété communautaire
et l'information de la communauté basée
sur l'amélioration de la communication
et la collaboration pour la promotion
entre le programme d'élimination et les
médias ;
· La collaboration étroite avec le gouvernement
et tous les acteurs s'intéressant à
l'élimination de la lèpre dans un esprit de
réel partenariat.
III. PROGRES ACCOMPLIS :
3.1 Les indicateurs épidémiologiques :
La lèpre est guérissable. Ainsi, avec les efforts
consentis depuis des décennies, le
nombre de malades de la lèpre a considérablement
diminué au Niger : la prévalence
est passée de 6 925 cas en 1986 à 592 cas
au 31 Décembre 2006, soit une réduction
de 90,61 %.
Le graphique n°1 montre une dimunition
nette de la prévalence de la lèpre dans le
pays, durant les deux dernières décennies.
La lèpre est donc éliminée en tant que problème
de santé :
· au niveau national : le taux de prévalence
est passée de 8,7 cas/10 000 hts en 1993, à
0,43 cas/10 000 hts) en 2006,
· au niveau des 8 régions du pays et de 40/
42 districts sanitaires, ce taux varie entre
0,05 à 0,63 cas/10 000 hts. mais la maladie demeure encore endémique dans 2 districts
sanitaires dans la région de Tahoua :
il s'agit de Birni N'Konni avec 1,27 cas
pour 10 000 hts et de Illéla avec un taux de
prévalence de 1,32 cas pour 10 000 hts ;
Etant fortement endémique dans les années
80, comme les autres pays de l'Afrique de
l'Ouest, avec un taux de prévalence national
supérieur à 2 cas pour 10 000 hts, le
Niger a enregistré d'importants succès, depuis
l'introduction de la PCT, grâce à la
forte mobilisation des autorités nationales,
des ONGs dont l'AFRF, et de l'OMS. Il a
donc atteint le seuil d'élimination de la lèpre
en tant que problème de santé publique
au niveau national, au niveau régional,
de la quasi-totalité des districts.
Les indicateurs épidémiologiques ci-après
en matière de lutte contre la lèpre traduisent
les performances réalisées par le Programme
national d'élimination au cours
des dernières décennies :
- a)- Le taux de prévalence et le taux de
dépistage sont en baisse constante, comme
le corrobore le graphique n°2 ci-contre :
On constate sur le graphique n°2 que, plus
la prévalence diminue, plus le nombre de
nouveaux cas diminue aussi. Ce qui expliquerait
l'impact de la PCT, qui permet d'interrompre
la transmission de l'infection.
-b)- le taux d'infirmes de degré 2 parmi
les nouveaux malades :
- malgré la PCT dont l'instauration à temps
permet de prévenir les incapacités, le taux
d'infirmité de degré 2 chez les nouveaux
malades dépistés reste moyennement élevé
>= 15%, comme l'illustre le graphique n°3,
alors le taux requis est < 10 % .
Cela pourrait s'expliquer par la détection
tardive des cas, due à la faible information
et sensibilisation des communautés.
-c)- les taux de régularité des malades
paucibacillaires (PB) et des malades multi
bacillaires (MB) en fin d'année sur le graphique
n° 4 ci contre : il y a une similitude
entre les courbes d'évolution des taux de
régularités des malades PB et des malades
MB. Ces taux ont légèrement augmenté au
cours des 4 dernières années, sans pour
autant atteindre le taux requis de 100 %.
Txde guérison des PB Tx de guérison des MB Tx requis 100 %
- d)- les taux de guérison au traitement PCT
des MB et des PB au 31 Décembre de chaque
année, sur le graphique n° 5 ci contre
:au cours de la période de 1995 à 2004, les
taux de guérison ont progressivement et régulièrement
augmenté, sans atteindre encore
le taux requis de 100 % pour tous les
malades dépistés
3.2 Les actions de base menées :
Les importantes actions ayant conduit aux
progrès accomplis pendant les deux décennies,
sont les suivantes :
· Le fort engagement politique des autori
tés nationales ;
· La mobilisation d'importants moyens financiers
et matériels. Par exemple, le Programme
national a bénéficié de 1992 à
2006, d'un financement total de
1 467 615 710 F cfa dont 93, 69 % assurés
par l'AFRF et 6,30 % par l'OMS. En
matière de logistique, le Programme a reçu
20 motos cross de l'OMS, 36 motos cross
et 7 véhicules (dont 4 en bon état de marche
actuellement) de l'AFRF.
· L'élaboration et la mise en oeuvre d'un
Programme National d'Elimination de la
Lèpre ;
· La formation régulière de santé sur le terrain
: plus de 1800 agents de santé ont été
formés et recyclés, soit à travers des séminaires,
soit lors des missions de supervision
;
· Les campagnes d'information et de
senbilisation, ainsi que l'implication des
villageois dans la sensibilisation et le dépistage
;
· La décentralisation du diagnostic de la lèpre
;
· L'intégration de la lutte anti-lépreuse dans
les services de santé ;
· La détermination des responsables du Programme
national à tous les niveaux à relever
les défis de l'élimination de la lèpre
II. CONTRAINTES :
La lutte contre la lèpre au Niger est confrontée
à l'immensité du pays, avec des zones
difficiles d'accès ou dépourvues de
centres de santé, à une faible couverture
sanitaire de 47,2%, surtout à la stigmatisation
et à la discrimination encore attachées
à la maladie, et à la participation insuffisante
des communautés par faute d'une
sensibilisation régulière des populations.
III. PERSPECTIVES :
Pour l'année 2007, le Programme National
d'Elimination de la Lèpre poursuivra
ses efforts de sensibilisation des populations,
de dépistage et de suivi des malades
en traitement en vue de consolider l'élimination
de la lèpre à tous les niveaux et d'éliminer
la lèpre en tant que problème de
santé publique au niveau des districts et
des centres de santé qui n'ont pas atteint
l'objectif recommandé, à la fin de l'année
2006.
Les objectifs et stratégies retenus sont les
suivants, pour maintenir le taux de
prévalence acquis, réduire le taux d'infirmes
encore élevé, améliorer davantage les
taux de régularité et le taux de guérison
grâce au traitement PCT.
·Objectifs :
- consolider l'élimination de la lèpre au niveau
national, au niveau des 8 régions, des
40 districts sanitaires et des 474 CSI ;
- éliminer la lèpre en tant que problème de
santé au niveau des districts sanitaires de
Birni N'Konni et de Illéla et des 52 centres
de santé périphériques.
· Stratégies préconisées :
- la poursuite des efforts de senbilisation
des populations, de dépistage et de suivi
des malades en traitement ;
- le contrôle régulier de la qualité du diagnostic
de la Lèpre sur les malades au niveau
des Centres de santé à forte
prévalence.
Par ailleurs, à l'occasion de la célébration
de la Journée Mondiale des Lépreux, le 11
mars 2007 à Zinder, la Ministre de la Population
et des Réformes Sociales, a plaidé
pour une mobilisation sociale afin de
bouter la Lèpre hors du Niger , et a annoncé
l'engagement du Gouvernement à
travers son département ministériel, à mettre
en place une vraie politique nationale
de réinsertion des malades de la lèpre et
des autres handicapés.
IV. CONCLUSION :
L'objectif de l'élimination de la lèpre est
atteint au niveau national et régional au Niger,
avec une diminution du nombre de malades
de la lèpre en traitement de 6 308 malades
en 1993 à 592 malades en 2006, soit
une réduction de 90, 61 % et du taux de
prévalence de cette affection passant de 8,7
cas/10 000 hts en 1993 à 0,43 cas/10 000
hts en 2006.
Ce but a pu être atteint grâce à la mise en
oeuvre d'un Programme national de lutte
contre la lèpre, l'application de la PCT, la
planification, l'organisation et l'évaluation
des activités de lutte, ainsi que le renforcement
de la formation et de la supervision
des personnels de santé.
Dr SOGA Garba, DPC/OMS/NIGER,
Dr MAMADOU Moussa, Coordonnateur
du Programme national d'Elimination de la Lèpre
Dr KONATE Ousman, Médecin-Chef du Centre Dermato-Lèpre de Niamey
Source: La lettre de l'OMS Niger
La lèpre ou Maladie de Hansen, est une mycobactériose, posant un problème de santé publique au Niger depuis la nuit des temps, à côté d'autres endémies locales, comme l'onchocercose (cécité des rivières), la tuberculose, la dracunculose (Ver de Guinée) , etc Elle est considérée comme un problème de santé publique spécial en raison des incapacités progressives qu'elle provoque et de ses conséquences sociales telles que la discrimination et
la stigmatisation.
En effet, depuis les temps coloniaux, la lèpre, maladie invalidante, a été l'objet d'une attention particulière de la part des autorités nationales et des responsables sanitaires, à travers les missions des équipes mobiles de l'armée coloniale et du service national des grandes endémies au cours des années 1940 à 1960, période où les malades étaient traités d'abord à l'huile de chaulmoogra injectable, puis à la disulone (DDS = sulfone) en monothérapie jusqu'à l'avènement de la Polychimiothérapie (PCT) préconisée par l'OMS en 1981, basée sur l'association de plusieurs antibiotiques tels que la DDS, la Rifampicine et
la Clofazymine..
L'introduction de la PCT en 1983 avec le projet Dargol dans le distrcit sanitaire de Téra région de Tillabéri, c'est-à-dire la PCT
en traitement ambulatoire, pour la première fois, dans les centres de santé périphériques en zone rurale et en 1986 avec le projet
pilote du district de Boboye dans la région de Dosso, a révolutionné la lutte contre la lèpre au Niger. Elle a permis l'élaboration d'un Programme national de lutte contre la Lèpre en 1989, sa mise en oeuvre 1992, et une meilleure prise en charge des malades, avec 6 mois de traitement pour les malades paucibacillaires (formes tuberculoïdes) et 12 mois pour les malades multi bacillaires (formes lépromateuses, très contagieuses).
Aussi, l'appui technique, matériel, logistique et financier des partenaires traditionnels, à savoir l'Association Française
Raoul Follereau (AFRF), l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) et la Sudan International Mission (SIM), a permis au Niger d'accomplir des progrès dans la lutte contre la Lèpre.
II. OBJECTIFS ET STRATEGIES DE LUTTE
Par application de la résolution WHA44.9 de l'Assemblée mondiale de la Santé en Mai 1991, le Niger s'est engagé à éliminer la lèpre en tant que problème de santé avant l'an 2000, c'est-à-dire la réduction de la prévalence de la lèpre à un niveau < 1 cas pour 10 000 hts au niveau national, régional et des districts sanitaires
- i/. les objectifs fixés sont :
· objectif général :
- éliminer la lèpre en tant que problème
de santé publique au niveau de tous les districts
sanitaires.
· Objectifs spécifiques :
- sensibiliser les populations sur la lèpre et
ses conséquences ;
- dépister la grande majorité des cas de lèpre
dans le pays ;
- traiter tous les cas de lèpre dépiste chaque année
Pour y parvenir, le pays a eu à appliquer
diverses stratégies comme recommandé
par l'OMS :
· La mise en oeuvre de la
Polychimiothérapie dans les services de
santé des zones d'endémie : elle est la
pierre angulaire de la stratégie, car elle
guérit les malades, réduit le réservoir d'infection
et interrompt de ce fait la transmission,
et prévient aussi les incapacités grâce
à une prise en charge précoce ;
· L'organisation des CEL (campagnes d'élimination
de la lèpre visant à accélérer les
activités d'élimination au moyen de dépistage
et de traitement) et des initiatives
spéciales pour étendre les services à la périphérie
;
· La mise à jour régulière des registres
de la lèpre, basée sur la surveillance et le
suivi du programme, par l'utilisation de
système d'information et des indicateurs
essentiels servant à suivre les progrès de
l'élimination de la lèpre (prévalence, détection,
couverture PCT, taux de guérison,
taux de rechutes, degrés d'incapacités) ;
· Le renforcement des capacités des services
de santé et la formation des agents
de santé, dans la prévention, la détection
et la prise en charge des malades de la lèpre
;
· La modification de l'image négative de
la lèpre, à travers la propriété communautaire
et l'information de la communauté basée
sur l'amélioration de la communication
et la collaboration pour la promotion
entre le programme d'élimination et les
médias ;
· La collaboration étroite avec le gouvernement
et tous les acteurs s'intéressant à
l'élimination de la lèpre dans un esprit de
réel partenariat.
III. PROGRES ACCOMPLIS :
3.1 Les indicateurs épidémiologiques :
La lèpre est guérissable. Ainsi, avec les efforts
consentis depuis des décennies, le
nombre de malades de la lèpre a considérablement
diminué au Niger : la prévalence
est passée de 6 925 cas en 1986 à 592 cas
au 31 Décembre 2006, soit une réduction
de 90,61 %.
Le graphique n°1 montre une dimunition
nette de la prévalence de la lèpre dans le
pays, durant les deux dernières décennies.
La lèpre est donc éliminée en tant que problème
de santé :
· au niveau national : le taux de prévalence
est passée de 8,7 cas/10 000 hts en 1993, à
0,43 cas/10 000 hts) en 2006,
· au niveau des 8 régions du pays et de 40/
42 districts sanitaires, ce taux varie entre
0,05 à 0,63 cas/10 000 hts. mais la maladie demeure encore endémique dans 2 districts
sanitaires dans la région de Tahoua :
il s'agit de Birni N'Konni avec 1,27 cas
pour 10 000 hts et de Illéla avec un taux de
prévalence de 1,32 cas pour 10 000 hts ;
Etant fortement endémique dans les années
80, comme les autres pays de l'Afrique de
l'Ouest, avec un taux de prévalence national
supérieur à 2 cas pour 10 000 hts, le
Niger a enregistré d'importants succès, depuis
l'introduction de la PCT, grâce à la
forte mobilisation des autorités nationales,
des ONGs dont l'AFRF, et de l'OMS. Il a
donc atteint le seuil d'élimination de la lèpre
en tant que problème de santé publique
au niveau national, au niveau régional,
de la quasi-totalité des districts.
Les indicateurs épidémiologiques ci-après
en matière de lutte contre la lèpre traduisent
les performances réalisées par le Programme
national d'élimination au cours
des dernières décennies :
- a)- Le taux de prévalence et le taux de
dépistage sont en baisse constante, comme
le corrobore le graphique n°2 ci-contre :
On constate sur le graphique n°2 que, plus
la prévalence diminue, plus le nombre de
nouveaux cas diminue aussi. Ce qui expliquerait
l'impact de la PCT, qui permet d'interrompre
la transmission de l'infection.
-b)- le taux d'infirmes de degré 2 parmi
les nouveaux malades :
- malgré la PCT dont l'instauration à temps
permet de prévenir les incapacités, le taux
d'infirmité de degré 2 chez les nouveaux
malades dépistés reste moyennement élevé
>= 15%, comme l'illustre le graphique n°3,
alors le taux requis est < 10 % .
Cela pourrait s'expliquer par la détection
tardive des cas, due à la faible information
et sensibilisation des communautés.
-c)- les taux de régularité des malades
paucibacillaires (PB) et des malades multi
bacillaires (MB) en fin d'année sur le graphique
n° 4 ci contre : il y a une similitude
entre les courbes d'évolution des taux de
régularités des malades PB et des malades
MB. Ces taux ont légèrement augmenté au
cours des 4 dernières années, sans pour
autant atteindre le taux requis de 100 %.
Txde guérison des PB Tx de guérison des MB Tx requis 100 %
- d)- les taux de guérison au traitement PCT
des MB et des PB au 31 Décembre de chaque
année, sur le graphique n° 5 ci contre
:au cours de la période de 1995 à 2004, les
taux de guérison ont progressivement et régulièrement
augmenté, sans atteindre encore
le taux requis de 100 % pour tous les
malades dépistés
3.2 Les actions de base menées :
Les importantes actions ayant conduit aux
progrès accomplis pendant les deux décennies,
sont les suivantes :
· Le fort engagement politique des autori
tés nationales ;
· La mobilisation d'importants moyens financiers
et matériels. Par exemple, le Programme
national a bénéficié de 1992 à
2006, d'un financement total de
1 467 615 710 F cfa dont 93, 69 % assurés
par l'AFRF et 6,30 % par l'OMS. En
matière de logistique, le Programme a reçu
20 motos cross de l'OMS, 36 motos cross
et 7 véhicules (dont 4 en bon état de marche
actuellement) de l'AFRF.
· L'élaboration et la mise en oeuvre d'un
Programme National d'Elimination de la
Lèpre ;
· La formation régulière de santé sur le terrain
: plus de 1800 agents de santé ont été
formés et recyclés, soit à travers des séminaires,
soit lors des missions de supervision
;
· Les campagnes d'information et de
senbilisation, ainsi que l'implication des
villageois dans la sensibilisation et le dépistage
;
· La décentralisation du diagnostic de la lèpre
;
· L'intégration de la lutte anti-lépreuse dans
les services de santé ;
· La détermination des responsables du Programme
national à tous les niveaux à relever
les défis de l'élimination de la lèpre
II. CONTRAINTES :
La lutte contre la lèpre au Niger est confrontée
à l'immensité du pays, avec des zones
difficiles d'accès ou dépourvues de
centres de santé, à une faible couverture
sanitaire de 47,2%, surtout à la stigmatisation
et à la discrimination encore attachées
à la maladie, et à la participation insuffisante
des communautés par faute d'une
sensibilisation régulière des populations.
III. PERSPECTIVES :
Pour l'année 2007, le Programme National
d'Elimination de la Lèpre poursuivra
ses efforts de sensibilisation des populations,
de dépistage et de suivi des malades
en traitement en vue de consolider l'élimination
de la lèpre à tous les niveaux et d'éliminer
la lèpre en tant que problème de
santé publique au niveau des districts et
des centres de santé qui n'ont pas atteint
l'objectif recommandé, à la fin de l'année
2006.
Les objectifs et stratégies retenus sont les
suivants, pour maintenir le taux de
prévalence acquis, réduire le taux d'infirmes
encore élevé, améliorer davantage les
taux de régularité et le taux de guérison
grâce au traitement PCT.
·Objectifs :
- consolider l'élimination de la lèpre au niveau
national, au niveau des 8 régions, des
40 districts sanitaires et des 474 CSI ;
- éliminer la lèpre en tant que problème de
santé au niveau des districts sanitaires de
Birni N'Konni et de Illéla et des 52 centres
de santé périphériques.
· Stratégies préconisées :
- la poursuite des efforts de senbilisation
des populations, de dépistage et de suivi
des malades en traitement ;
- le contrôle régulier de la qualité du diagnostic
de la Lèpre sur les malades au niveau
des Centres de santé à forte
prévalence.
Par ailleurs, à l'occasion de la célébration
de la Journée Mondiale des Lépreux, le 11
mars 2007 à Zinder, la Ministre de la Population
et des Réformes Sociales, a plaidé
pour une mobilisation sociale afin de
bouter la Lèpre hors du Niger , et a annoncé
l'engagement du Gouvernement à
travers son département ministériel, à mettre
en place une vraie politique nationale
de réinsertion des malades de la lèpre et
des autres handicapés.
IV. CONCLUSION :
L'objectif de l'élimination de la lèpre est
atteint au niveau national et régional au Niger,
avec une diminution du nombre de malades
de la lèpre en traitement de 6 308 malades
en 1993 à 592 malades en 2006, soit
une réduction de 90, 61 % et du taux de
prévalence de cette affection passant de 8,7
cas/10 000 hts en 1993 à 0,43 cas/10 000
hts en 2006.
Ce but a pu être atteint grâce à la mise en
oeuvre d'un Programme national de lutte
contre la lèpre, l'application de la PCT, la
planification, l'organisation et l'évaluation
des activités de lutte, ainsi que le renforcement
de la formation et de la supervision
des personnels de santé.
Dr SOGA Garba, DPC/OMS/NIGER,
Dr MAMADOU Moussa, Coordonnateur
du Programme national d'Elimination de la Lèpre
Dr KONATE Ousman, Médecin-Chef du Centre Dermato-Lèpre de Niamey
Source: La lettre de l'OMS Niger