Ça me révolte: Minorité
On savait bien que les choses n'iraient pas comme sur des chapeaux de roue. Qu'il y aurait forcément des couacs. Et ça n'a pas loupé. Hier, à l'atterrissage du Fokker 100 présidentiel qui transportait le Premier ministre Guillaume Soro, des magistrats, des journalistes et des membres du cabinet Soro, un commando a tiré des rafales de roquette sur la cabine de l'avion. Juste là où Soro est assis. Le Premier ministre a eu la sauve grâce à la vigilance de sa garde rapprochée qui a d'ailleurs perdu des éléments. L'information qui a vite fait le tour de la capitale du Centre et qui a créé un vif émoi au sein de la population a permis aux hommes de Soro de prendre position pour vite circonscrire le danger. Selon des témoignages recueillis sur place à Bouaké, les hommes de Soro ont réagi vigoureusement par une chasse à l'homme au centre ville. Ils soupçonnaient les partisans de Shérif Ousmane lequel est, dit-on, porté disparu. Même s'il y a eu des morts, il faut reconnaître qu'il y a eu plus de peur que de mal. Car Bouaké aurait pu prendre feu. Un feu qui se serait étendu aux autres villes sous contrôle des Forces nouvelles si le Premier ministre avait trouvé la mort dans cet attentat. Et ce sont les opposants au retour de la paix qui auraient gagné leur pari de tout mettre en ?uvre pour saboter le processus de paix en cours. Ils sont aussi bien politiques, militaires que civils. Mais la facilité avec laquelle le danger a été circonscrit montre bien que ceux qui s'opposent à la paix son très minoritaires. Ou bien ?
A travers ce coup lâche, ils ont voulu, soit créer la psychose pour que l'événement du 5 juillet (le désarmement des rebelles du MPCI) n'ait pas lieu, soit remettre complètement en cause l'accord de Ouagadougou en en éliminant physiquement un des protagonistes clés. En clair, ce n'est pas tant Soro qui est visé, mais plutôt le désarmement qui commence le 5 et, par ricochet, l'accord de Ouagadougou. Si une nouvelle tête naît sur le chemin de la paix, elle remettra les choses à plat et reprendra à son compte, les revendications de tous ceux qui, hommes politiques comme civils ou militaires,poussent des boutons à l'évocation de l'accord de Ouagadougou. C'est heureux que le Premier ministre ait fait preuve de bravoure en tentant de maintenir coûte que coûte la réunion qu'il devrait tenir dans la matinée d'hier avec les magistrats qui doivent s'installer à Bouaké pour les audiences foraines. Mais on ne peut cependant pas ne pas se poser ces questions avant de clore. Qui est derrière cet attentat ? Pourquoi l'ONUCI et la Licorne ont-elles permis qu'un individu armé fasse irruption sur cet aéroport dont elles ont la garde pour tirer sur un avion qui transportait le Premier ministre ivoirien ? Est-il vrai que l'information de l'attaque circulait la veille à Bouaké au sein du détachement de l'ONUCI ? Si oui, qu'a-t-on fait pour qu'elle soit retardée ou étouffée dans l'?uf ? Que se serait-il passé alors si cet attentat avait eu lieu à l'aéroport d'Abidjan Port-Bouet, en zone gouvernementale ?
Abdoulaye Villard Sanogo
A travers ce coup lâche, ils ont voulu, soit créer la psychose pour que l'événement du 5 juillet (le désarmement des rebelles du MPCI) n'ait pas lieu, soit remettre complètement en cause l'accord de Ouagadougou en en éliminant physiquement un des protagonistes clés. En clair, ce n'est pas tant Soro qui est visé, mais plutôt le désarmement qui commence le 5 et, par ricochet, l'accord de Ouagadougou. Si une nouvelle tête naît sur le chemin de la paix, elle remettra les choses à plat et reprendra à son compte, les revendications de tous ceux qui, hommes politiques comme civils ou militaires,poussent des boutons à l'évocation de l'accord de Ouagadougou. C'est heureux que le Premier ministre ait fait preuve de bravoure en tentant de maintenir coûte que coûte la réunion qu'il devrait tenir dans la matinée d'hier avec les magistrats qui doivent s'installer à Bouaké pour les audiences foraines. Mais on ne peut cependant pas ne pas se poser ces questions avant de clore. Qui est derrière cet attentat ? Pourquoi l'ONUCI et la Licorne ont-elles permis qu'un individu armé fasse irruption sur cet aéroport dont elles ont la garde pour tirer sur un avion qui transportait le Premier ministre ivoirien ? Est-il vrai que l'information de l'attaque circulait la veille à Bouaké au sein du détachement de l'ONUCI ? Si oui, qu'a-t-on fait pour qu'elle soit retardée ou étouffée dans l'?uf ? Que se serait-il passé alors si cet attentat avait eu lieu à l'aéroport d'Abidjan Port-Bouet, en zone gouvernementale ?
Abdoulaye Villard Sanogo