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Le Temps
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RDR : Ces maires qui ne sont plus chauds

Le parti d'Alassane Ouattara est-il conscient que certains de ses élus ont rebroussé chemin ? Ils vivent aujourd'hui, loin des activités politiques de leur parti. Ils ont fait la pluie et le beau temps au sein du Rassemblement des Républicains. Ils ont fait tomber les grandes villes comme San pedro, Soubré, Vavoua et Bouaflé. Aujourd'hui, ils n'ont pratiquement pas la tête dans ce parti qui les a pourtant faits maires. Le parti d'Alassane Ouattara est sorti vainqueur des élections municipales de 2001 avec en prime la prise de certaines grandes communes en dehors de son bastion naturel, le nord. Cette nouvelle donne change le paysage politique et fait dire au mentor du RDR que son parti est la plus grande formation politique du pays. Du coup, le RDR se débarrasse de son apparat régional et peut se targuer d'être un parti national avec les élus des fils des autres régions. Passés les périodes chaudes de campagne et les temps de bonne grasse des premières heures de leur élection, les maires Brouéka Nabo Clément, Pierre Kipré, Diauro Théodule et Adjé Dominique ont pris du recul au sein de leur parti.
Dans la cité balnéaire, le nom du maire Nabo Clément est au bout des lèvres des populations pour son vaste programme d'urbanisation de la ville de San Pédro avec la modernisation du plus grand bidonville de l'Afrique de l'Ouest, le Bardot. Son adhésion au RDR et son élection à la tête de la commune de San Pedro a été perçue par ses parents Bakoué comme une trahison de leur fils. "Nous n'avons pas apprécié que notre fils qui a été pendant dix ans député de notre région au titre du PDCI, souille l'image de nos ancêtres en militants dans un parti sanguinaire", s'est offusqué un villageois de Naboville. Stratégie politique, ronronnent certains proches du maire pour calmer les esprits au sein de la communauté Bakoué. L'homme va le faire savoir lors du premier conseil municipal. En effet, le maire Nabo a été très précis. "J'entends les gens au sein du RDR parler d'une reconstitution du conseil municipal avec un autre à ma place. Vous vous trompez de personne. Je n'appartiens plus au RDR et par conséquent, personne ne pourra m'enlever là". Depuis cette déclaration, le maire Nabo est confronté à une fronde de contestataires pilotée par le 2e adjoint au maire, Péhé Jean Cob et par un certain Karamokoba. Depuis, l'homme a pris ses distances car selon ses proches, le maire accuse la direction de son parti de favoriser le bicéphalisme au sein de la municipalité. A San Pedro, il le voit rarement dans les activités du parti. "Ici, Nabo est plus présent dans les manifestations culturelles et religieuses", nous révèle une habitante du quartier "la cité". Publiquement, le maire Brouéka ne tarit pas d'éloges pour le président Laurent Gbagbo. " Gbagbo est mon grand frère ", aime-t-il dire. Le constat qui se dégage aujourd'hui au sein des républicains, c'est qu'on parle de plus en plus de l'inactivisme politique de maire Nabo Clément au sein de son parti. Ce n'est un secret pour personne dans la cité de la nawa. Le maire Pierre Kipré, le père du fameux "Gbiaa" de l'émission "Tonnerre" est sorti de la case. Officiellement, le maire Pierre Kipré, l'a dit à l'occasion de la cérémonie d'investiture du directeur de campagne du candidat Laurent Gbagbo en 2005 à Soubré. "Depuis le déclenchement de la guerre, j'ai décidé de rejoindre mon frère Gbagbo pour lutter contre les imposteurs", confiait le maire Kipré au ministre Assoa Adou, parrain de cette cérémonie. Sur le terrain, l'homme travaille aux côtés des jeunes patriotes pour faire triompher les idéaux du président de la république. Son absence au 2e congrès ordinaire du RDR en dit long sur l'avenir politique du maire de Soubré. Dans le département de Vavoua, l'élection du candidat républicain à la tête de la commune, a été perçue par les autochtones gouro, comme un danger pour le développement de leur ville. S'il y a un maire très hostile à la rébellion, c'est bel et bien, le maire RDR de Vavoua, Diauro Théodule. Comme le maire de San Pedro, son appartenance au RDR a été un prétexte pour accéder à la tête de la commune et surtout éviter qu'un non ressortissant de la région ne soit à la tête de Vavoua. Une fois élu, les données et les ambitions réelles apparaissent au grand jour. A Vavoua, le maire n'a jamais organisé de réunions et autres rencontres politiques, s'écrient les militants républicains qui reprochent à Théodule d'avoir utilisé le parti pour arriver au pouvoir. Même son de cloche, au niveau de la Rue Lépic où le maire de Vavoua est vu comme un judas. Quant au maire de Bouaflé, Adjé Dominique, malgré quelques sorties sporadiques, n'apparaît pas aujourd'hui comme un pion essentiel dans le dispositif des républicains pour les élections à venir. L'homme ne fait pas l'unanimité au sein même de la municipalité. Le limogeage de certains dinosaures du parti à Bouaflé de la mairie n'est pas du goût des militants. Le cas du commissaire politique Isaac alimente encore le milieu républicain. Tout se vide autour du maire Adjé à Bouaflé et les bruits courent du départ très imminent du 2e adjoint au maire au FPI. Et cela ne l'émeut pas. Selon certaines sources proches du maire, Adjé Dominique aurait décidé de se mettre un peu à l'écart pour s'occuper du développement de sa ville. Au total, élus à la tête des communes sous la bannière du RDR, ces maires ne sont plus actifs comme aux premières heures de leur militantisme. Le RDR doit comptabiliser ses feuilles mortes au sein de son parti dans sa conquête du pouvoir qu'il appelle de tout son v?u.
Zéré de Mahi

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Article publié par Le Temps et référencé par 225.ci.