Entre nous Pauvres BAKA !
Les Baka se sont de braves congolais au nombre de vingt, libres et égaux en droit qui ont été invités courant juillet à la capitale Brazzaville pour les besoins d'un festival de musique baptisé FESPAM. Toutes ces personnes, enfants femmes et hommes, sont les dignes membres d'un contingent d'artistes musiciens dûment sélectionnés je ne sais à partir de quel niveau de virtuosité et qui, mieux que quiconque, vivent d'ordinaire en harmonie dans les végétations que compose la forêt équatoriale congolaise, située précisément dans le Nord de leur pays. Leur ethnie c'est le BAKA. L'histoire que je traite ici, ne nous dit malheureusement pas, dans quel registre ces musiciens s'expriment généralement. Et si la particularité de leur jeu se trouvait être spécialisée dans l'expression de décibels initiatiques ? Contrairement aux autres invités qui pratiquent pour la plupart des genres musicaux dont le but n'est pas toujours de servir les causes profondes qui ne sont autres, qu'artistiques ? On se demande encore si les termes du contrat ont été élaborés sous le sceau d'une certaine objectivité ? Naturellement on s'intéressera au niveau et la nature du cachet, et surtout à la monnaie que l'on va utiliser pour finaliser les transactions ? Je m'appesantis sur ces aspects de la question parce que figurez-vous que ces authentiques congolais ont été encagés dans des installations animalières généralement réservées aux bêtes sauvages que nous traquons systématiquement parfois, pour de grossières raisons pécuniaires ? Contrairement aux autres festivaliers de luxe dont les exigences en matière de réceptifs hôteliers se déclinent généralement à partir de trois étoiles bien visibles sur le fronton ! Au fait est-ce qu'il est encore possible que les organisateurs de ce festival nous disent dans quelles conditions ces musiciens "pygmées " ont été convoyés à la capitale pour ce rassemblement culturel ? Inutile de vous préoccupez des désagréments que leurs fragiles instruments ont diversement subis durant le certainement périlleux trajet, car la déception qui en résulte pourrait en rajouter au choc spontané ! Et pourtant l'on attend d'eux qu'ils fassent monter dans ces salles de spectacles, des airs de musiques à même de flatter les fibres exotiques de quelques curieux mélomanes en mal de sensations en tous genres ? Je me demande encore pourquoi les organisateurs ont été incapables d'imaginer comme c'est souvent le cas, la construction de quelques cases sur le site même du festival ? Car au fond il n'est pas question de leur imposer la civilisation des "villes nouvelles " que nous subissons, soumis que nous sommes à payer quittances sur quittances et à bouffer toutes sortes de saloperies produites essentiellement à base de synthèses chimiques ? Ce n'est pas parce que ma nourriture de base est le Toho (pâte de maïs cuite), que mon hôte, en vue de satisfaire à mes coutumes alimentaires, va 24 heures sur 24, programmer ce plat là ! Car, comme tout le monde, je suis quand même doté d'une faculté qui me permet sous toutes les latitudes, d'accepter le désormais inévitable jeu des découvertes ! Autant je tire mon chapeau pour la promptitude avec laquelle l'observatoire congolais des droits de l'homme a réagit face à ce comportement indigne du 21 siècle, autant je suis séduit par la dignité et l'impassibilité que nos hôtes ont opposé à cette amoureuse et glorieuse antipathie qui au fond, n'honore personne ! Si ça se trouve, exempts de vanité, les BAKA ont dû noter avec amusement notre propension à nous ridiculiser ! Au demeurant c'est une méprise inqualifiable que de penser que les cages sont les endroits les plus proches de l'habitat naturel des pygmées ; c'est plutôt un autre type d'aménagement qu'il aurait fallu imaginer ! Ceci dit, la forêt dans laquelle vivent volontairement les pygmées ne peut en aucune manière s'apparentée à une cage ou à toute autre chose de nature à réduire les libertés primaires ! Supposons pour finir, que ces braves Baka aient auprès des autorités politiques usé de leur droit à participer à ce festival, est-ce pour autant qu'il faille leur infliger ce traitement qui éveille en nous d'autres mauvais souvenirs que nous avons tous condamnés ? ! Gageons que ce contact avec les citadins que nous sommes, ne soit émaillé de conséquences pathologiques !
Par KoNé KoBaLi, Libre auteur, créateur
Kokobali_fr@yahoo.fr
Par KoNé KoBaLi, Libre auteur, créateur
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