Obama McCain : Pour qui le grand jour
Les candidats démocrate et républicain ont achevé hier le dernier sprint de la course à la Maison Blanche et se soumettent aujourd'hui au verdict des urnes. Les candidats démocrate et républicain, Barack Obama et John McCain à la course à la Maison blanche, ont achevé depuis hier, veille du 4 novembre, jour du jugement?, selon les mots de Joe Biden (colistier d'Obama), leurs derniers sprints. Avec une légère inquiétude pour Obama et un léger enthousiasme pour McCain. En Virginie et en Floride où selon les derniers sondages, Obama avait 8 et 7 points d'avance sur son concurrent, il est retombé désormais à 4 longueurs d'avance et le candidat républicain, qui veut rattraper le temps perdu le dernier jour de campagne, a décidé d'aller à la pêche aux voix dans 7 Etats clés en 24 heures. Et avec cette nouvelle trouvaille politique qui fait mouche: Joe le plombier et la surenchère des taxes qu'il reproche au programme économique et social d'Obama. Mais à la veille d'une élection présidentielle où un Américain sur huit n'a pas encore fait le choix définitif, tout reste encore possible pour Obama comme pour McCain. Même si, selon des observateurs, aucune dynamique politique, démographique ne saurait justifier l'échec d'Obama. Ce d'autant qu'il bénéficie d'une avance assez confortable, au contraire du Président Bush qui en 2000 et en 2004 avait avec deux points d'avance annoncés par les sondages, été élu face à Al Gore et à John Kerry. 30% des électeurs qui ont voté par anticipation depuis deux semaines ont déjà accordé 60% de leurs voix à Obama contre 40% à John McCain. Le vote de ce jour déterminera le 44ème Président des Etats-Unis et les Etats de Indiana, Virginie et Floride seront le baromètre. Si Obama réussit à remporter les suffrages de ces trois Etats, il sera assuré d'être le successeur de Bush. Il faudra, à John McCain, remporter un de ces trois états pour prolonger le règne des républicains à la tête des Etats-Unis après 8 années de pouvoir de George Bush. Qui de Obama et de McCain peut sortir 85% d'Américains qui doutent après le spleen de deux guerres (Irak et Afghanistan) en passe d'être perdues, d'un krach financier sans précédent et d'une crise économique faite pour durer? C'est dans cette apocalypse qu'est apparu Obama, et c'est dans cette apocalypse qu'il peut triompher. Incarnant l'espoir, le jeune sénateur de l'Illinois est passé à la suite des primaires démocrates devant une diva de la dynastie des Clinton et Bush impopulaire au terme de deux mandats a fait place à un candidat imprévu qui, en prônant le changement, veut mettre fin au sentiment de grande lassitude des Américains qui, après Bush père, vice-président et président (un mandat), les Clinton (deux mandats) et Bush fils (deux mandats), rêvent d'une autre Amérique. Obama, qui peut paraître si étranger à beaucoup d'Américains, a mieux senti le malaise de ses concitoyens que de ses adversaires. Et il se trouve qu'il apparaît aujourd'hui le meilleur, brun ou blanc, pour conduire ses 300 millions de concitoyens. C'est le pari que fait l'Amérique. Ce pari n'est pas osé pour le journal français Libération qui, dans sa dernière parution, barre sa Une avec cette interjection : Obama peut-il encore perdre !?. Sur les 159 sondages nationaux effectués au cours des six dernières semaines, tous en effet, sans exception, donnent le candidat démocrate en tête. Pour la présidentielle, qui se joue au suffrage universel indirect, ce sont les Etats qui comptent, et là encore, Obama emporterait bien au-delà des 270 grands électeurs nécessaires à sa victoire. Pour conquérir la Maison Blanche, McCain devra gagner les Etats où les deux candidats sont au coude à coude, ainsi que plusieurs autres dans lesquels Obama est donné vainqueur. Les deux candidats ont donc fait campagne jusqu'à hier soir. Avec sept meetings dans sept Etats clés, McCain devra absolument l'emporter dans l'Ohio, qui dispose de 20 grands électeurs décisifs. Cet Etat, en 2004, avait voté de justesse pour Bush. Obama doit conserver la Pennsylvanie, qui avait voté Kerry en 2004. Plus que jamais conquérant, le démocrate a attaqué son adversaire jusque dans son bastion de l'Arizona, où il a fait diffuser des spots depuis ce week-end. La presse, la télévision ont été manifestement plus enthousiasmées par Barack Obama que par John McCain. C'est vrai que l'histoire d'Obama est plus excitante, qu'il parle bien, et que c'est historique : la première personne de couleur qui peut devenir Président des Etats-Unis. 70% des journaux outre-Atlantique ont affiché leur préférence pour le candidat démocrate, à l'image du prestigieux New York Times. Et à l'issue de sa tournée européenne, et après 10.000 entrevues dans 8 pays comme le rapporte la Presse, un confrère de Montréal dans son édition du 17 octobre, les médias disent tous en ch?ur : Le monde dit oui à Obama et rejette John McCain?.
Franck A. Zagbayou
Franck A. Zagbayou