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Yao Yao Jules : Les leçons de mon exil

Monsieur Haut les c?urs est de retour dans la république. Le colonel Yao Yao Jules a accepté de parler de son exil et de lever un coin de voile sur sa nouvelle vie dans l'armée à la fin de la cérémonie. "Moi, nouveau porte-parole, niet", a-t-il coupé court.

Comment vous sentez-vous après près de 21 mois d'exil ?
Je me suis isolé et je reviens avec de très bonnes dispositions d'esprit. Le général Kassaraté est là. Je crois que très modestement, nous pouvons revendiquer l'esprit du dialogue direct. Je ne parle pas de l'acte mais de l'esprit parce que nous avons été les tout premiers à prendre langue avec nos camarades de l'autre côté. Et dans tout ce qui nous arrive, cela est fondamental. Il faut qu'on se parle. En se parlant, on découvre l'état d'esprit des uns et des autres et les compromis sont possibles. Il ne faut jamais laisser les gens seuls parce que dans l'isolement, la colère, l'animalité qui habite tous les êtres humains et que cette animalité n'est pas enfouie très en profondeur. C'est juste une couche d'éducation qui nous donne le sentiment d'être des hommes. Mais pour tout le reste, et cela se manifeste d'ailleurs par notre libido, nous sommes des animaux. Et il suffit que les conditions soient réunies pour que nous éclations. C'est un peu ce qui est arrivé et je crois que c'est l'essentiel des leçons que nous allons tirer pour consolider le processus de paix qui est en cours. Donc, je suis dans de bonnes dispositions d'esprit. Je suis tout à fait déterminé à apporter ma part dans l'édifice et croyez moi l'oiseau ne se fâche jamais contre l'arbre.

Avec votre retour dans l'armée, et si on vous confiait le rôle de porte parole ?
Niet (rires) J'ai eu un rôle très compliqué, très délicat qui nécessite des initiatives. Tant que c'est bon, c'est bon. Quand ce n'est pas bon..

Vous passez à la traque ?
Ah oui. 90 à 95%. Vous voyez, tout le problème, c'est qu'il faut prendre des initiatives. Il faut anticiper. Et dans l'anticipation, il y a des risques justement de se tromper et s'il n'y a pas de la compréhension derrière, vous passez à la trappe.

Par moments, vous vous êtes trompé ?
Je suis un être humain. Donc, ce n'est pas une seule fois. Plusieurs fois je me suis trompé. J'ai essayé de rattraper quand c'était possible. Parfois, aussi je n'ai pas réussi à le faire.
648 jours et la guerre ivoirienne dure 1675 jours. Donc, j'ai eu le temps dans mon isolement de faire attention à tous ces détails qui vous échappent.

Quelles sont les garanties au niveau de votre sécurité ?
Rien() Je suis venu parce que tout simplement, j'ai confiance à mes camarades et puis nous n'avons pas rompu les amarres

Où étiez-vous ?
Très bonne question. Sur le mur de planque. Le mur de planque, c'est un espace physique qui a la dimension dix puissance moins trente trois centimètre.
Par Aké L. Okoué
laureake@hotmail.com
Coll : TAB

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