Après Soro, le G7 devrait être décapité
A qui ce crime crapuleux aurait-il profité s'il avait réussi ? Que se serait-il passé en Côte d'Ivoire si le Premier ministre, symbole vivant de l'accord de Ouaga et donc de la paix, avait été tué dans cet attentat ? Début de réponseL'attentat manqué contre le Premier ministre Guillaume Soro avait une nature politique. C'est un fait que personne ne peut contester. Si tel est donc le cas, la question qui vient tout de suite à l'esprit est celle de savoir quelle famille politique avait-elle intérêt à voir le leader des Forces nouvelles disparaître. Le camp présidentiel ou l'opposition réunie au sein du G7 ? Car à la vérité, ce sont les deux principaux blocs politiques qui animent la vie politique ivoirienne et qui se disputent le pouvoir. La mort de Guillaume Soro aurait été particulièrement dommageable pour l'opposition en ce sens que face à Gbagbo et depuis la signature de l'accord de Ouaga, il constitue la seule garantie pour des élections justes et transparentes. Eliminer Soro signifierait que cette opposition qui n'a ni arme ni milice (pour faire peur à Gbagbo) avait décidé de se faire hara-kiri. De se rendre encore plus vulnérable face à Gbagbo qui, ne l'oublions pas, avait voulu se servir de l'accord de Ouaga pour affaiblir sinon "enterrer" ses opposants les plus gênants. Que se serait-il en effet passé si cet attentat avait emporté le chef du gouvernement ? La première chose évidente c'est que le gouvernement de Guillaume Soro était de facto dissous. La deuxième chose, c'est que cette tragédie allait renforcer davantage le pouvoir de M. Laurent Gbagbo qui allait concentrer entre ses mains tous les pouvoirs : exécutif, législatif et judiciaire. C'est sa voix qu'on allait entendre le plus, puisqu'il allait contrôler les médias d'Etat notamment la télé et arroser le peuple de toutes sortes de propagandes. Il aurait eu alors toute latitude pour initier, comme il sait si bien le faire, des actions de représailles contre les responsables de l'opposition. Sous prétexte de venger la mort de Soro et d'infliger des sanctions exemplaires à ces ennemis de la paix qui ont osé assassiner l'espoir de paix. On aurait alors donné les arguments et l'occasion sublime à Gbagbo d'installer une dictature sans égal en Afrique. Il allait ainsi régner d'une main de fer sur la Côte d'Ivoire. Toutes les velléités d'opposition seraient écrasées et un nouvel ordre de terreur allait régner sur Abidjan. Dans son discours après l'attaque de l'aéronef de Soro, Laurent Gbagbo a clairement indiqué que ses forces étaient en alerte et qu'elles se tenaient prêtes à entrer dans Bouaké comme dans du beurre pour "secourir son Premier ministre" quelle spontanéité de la part de celui qui, après avoir déclaré que la guerre était finie, réclamé à cor et à cri le démantèlement de la zone de confiance mais qui a nommé, il y a quelques semaines, un nouveau Com'théâtre en la personne du Colonel Konan Boniface. Quelle est l'utilité d'un Com'théâtre dans un contexte de paix ? Le choix du Colonel Konan Boniface, un soldat connu pour ses hauts faits de guerre, relève t-il du hasard ? Beaucoup d'éléments indiquent en effet que nous n'avons vu qu'une partie du funeste scénario qui avait été monté. Le plan A c'était l'élimination de Soro qu'on aurait attribué très rapidement à l'opposition. Le régime FPI excelle en la matière. Et la propagande avait déjà commencé quand, pour préparer les esprits, les journaux proches du régime faisaient courir des rumeurs de dissensions entre Soro et certains chefs militaires ou entre le Premier ministre et des chefs de partis politiques. Fort heureusement, les Forces nouvelles ont su garder leur sérénité et leur sang froid pour ne pas se laisser prendre par cette grosse pâte de mayonnaise infecte. Le plan B c'était la décapitation des leaders du RHDP. Puisque les gens parlaient de génocide à la Rwandaise en commentant ce qui est arrivé. Les leçons de Kagamé devraient servir, quelque part. On l'a vraiment échappé belle. Encore une fois, grâce à Dieu !
Akwaba Saintr-Clair
Akwaba Saintr-Clair