Konan Konan Denis (ex-maire de Bouaké) : La guerre est une bonne chose
Dans un entretien que nous avons eu avec lui lors de sa visite à Bouaké à ses militants, l'ex maire de Bouaké Konan Konan Dénis s'est prononcé sur l'état du Pdci dans la région, mais aussi a dit sa rage de reconquérir la commune qu'il a perdue lors des municipalités de 2001 face à Fanny Ibrahima du Rdr.
M. le maire peut-on savoir ce que vous devenez après votre départ à la tête de la commune de Bouaké ?
J'ai été élu député de Bouaké et donc je suis député à l'assemblée nationale de Côte d'Ivoire.
Entant qu'ancien maire de Bouaké, comment trouvez-vous votre cité après 5 ans de crise ?
C'est avec beaucoup de pincement au c?ur que j'ai franchi le corridor pour être à Bouaké : vous savez qu'avec la crise que nous vivons, Bouaké a été exclue de la République. Je n'ai pu constater qu'une vive dégradation de notre cité. Vous conviendrez avec moi que c'est la réalité. Je ne reconnais pas Bouaké ; mais c'est le fait de la guerre. Je ne peux dire que je constate amèrement que tout ce que nous avons entrepris ici (Bouaké) au cours de notre mandat est méconnaissable.
A vous entendre parler, l'on a le sentiment que vous comptez revenir à la mairie. Que répondez-vous ?
L'idée de vouloir redevenir maire ne doit pas être mue par le fait de la dégradation de notre cité. Vouloir redevenir maire veut dire venir se mettre au service de sa région. Et si j'ai une ambition, c'est de mettre à la disposition de ma ville, de ma région pour lui permettre de sortir de cette pauvreté galopante, de la misère, de cette situation que la Côte d'Ivoire n'aurait jamais dû connaître. Surtout quand on a vécu à Bouaké et qu'on a connu le début d'un décollage de notre développement, c'est cela qui peut m'amener à vouloir revenir pour reprendre la tâche.
Quelle analyse faites-vous de l'état actuel du Pdci qui semble très divisé en ce moment ?
C'est un constat. Notre région a connu une situation difficile que nos électeurs pour la plupart sont absents de la ville de Bouaké, absents de la région du fait de la guerre. Nous devons prendre conscience, nous devons reconstituer notre dignité, notre base et les éléments de fraternité. Nous devons aussi consolider la solidarité et viser un seul objectif : l'unité dans l'action pour reconquérir notre ville pour procéder à son développement et de façon irréversible.
Vous donnez l'impression de quelqu'un qui digère mal son départ à la tête de la mairie et habité par la ranc?ur et de la vengeance ?
Il n'y a pas que mon départ de la commune de Bouaké. Il y a aussi que j'ai tout perdu à Bouaké ; ma résidence a été entièrement détruite N'eut été ma présence à Abidjan au moment de l'attaque peut-être que je ne vous parlerais pas aujourd'hui au début de la guerre parce que j'étais en son temps résident à Bouaké. Je viens rarement à Bouaké parce que je n'ai plus de toit où dormir.
Qu'est-ce qu'on vous reprochait alors pour s'en prendre à vous ?
Personne ne me reproche quelque chose. Peut-être parce que j'ai été maire de Bouaké qu'ils ont détruit tous mes biens. Ma résidence du village et celle d'ici (Bouaké) ont été pillées et saccagées. Et ça, c'est de la pure méchanceté quand je sais que je n'ai rien fait à quelqu'un. Donc vous comprendrez que ce n'est pas parce que je suis parti de la mairie, je suis resté député de la ville de Bouaké. Je ne suis pas le seul, beaucoup de gens ont subi cette situation parce que nous étions des responsables ; je crois que c'est pour cela qu'on nous a attaqués spécialement. Ils ont pensé que les biens que j'avais étaient des biens publics.
Etes-vous prêt à pardonner toutes les fautes à vos bourreaux ?
Mais, j'ai toujours pardonné. Ce n'est que du matériel, j'aurais pu laisser ma vie et comme je suis un homme d'actions, je pense pouvoir refaire ce que j'ai fait, quand même c'est le résultat de 40 ans de travail et aussi comme j'ai encore espoir de vivre 40 ans, j'espère que je pourrai, petit à petit, si les conditions me le permettent, remettre mon domicile en état parce que Bouaké reste ma ville,ma région et celle aussi de mes parents et je compte y laisser mon corps.
M. le maire, quand comptez-vous signer votre retour définitif dans votre cité afin de mener à bien vos activités politiques ?
Mais, c'est quand j'aurai fini de réhabiliter ma maison. En tant qu'élu et ancien chef de village, je n'ai pas le droit de dormir dans un hôtel. Si j'arrive, je dois dormir chez moi.
Comment entrevoyez-vous l'avenir de votre parti le Pdci aujourd'hui à Bouaké ?
Vous savez que Bouaké est le bastion du Pdci. On a beau connaître des difficultés certes, mais Bouaké demeure bien que nos militants se soient dispersés aux 4 coins de la Côte d'Ivoire aujourd'hui. Ceux qui sont restés n'ont pas baissé les bras : ils ont continué d'animer la vie du parti et c'est ce qui explique notre déplacement ici (Bouaké) pour parler avec eux. Dès que la situation le permettra et que tous nos militants rentreront, le Pdci marchera comme il n'a jamais été parce que cette situation nous a permis de prendre conscience d'un certain nombre de réalités. La guerre est certes une mauvaise chose mais c'est finalement une bonne chose parce que ça va nous permettra de rebondir durablement.
M. le maire, pouvez-vous nous situer l'origine du désaccord qui règne en ce moment au sein des militants de votre parti ?
Les litiges et courants sont propres à l'homme. C'est parce qu'on ne sait pas expliquer qu'il naît des courants et litiges. Mais, quand on s'explique, c'est comme le bras d'une rivière. Aujourd'hui, notre mission est de dire aux militants que "seuls, nous ne pouvons pas réussir" car c'est ensemble, en conjuguant nos efforts, que nous allons réussir. Bien qu'il y ait des courants, le seul objectif qui vaille la peine, c'est le Pdci. Qu'on soit de courants différents, nous demeurons Pdci. Donc tout ce que nous ferons doit aboutir à la victoire du Pdci. Comme tel, si nous avons compris, il est facile de se mettre ensemble pour faire en sorte que les courants se conjuguent vers un seul objectif qui est la victoire du Pdci.
Un nouveau gouvernement avec un nouveau Premier ministre. Quels commentaires ?
Moi, tout ce qui me préoccupe, c'est que la paix revienne en Côte d'Ivoire. Il y a un nouveau gouvernement, ce n'est pas la paix. Quel que soit le gouvernement, ce que je souhaite, c'est que la paix arrive ; si je fonde un espoir dans ce gouvernement, c'est qu'il nous apporte la paix. Si celui-ci ne nous apporte pas la paix nous n'avons rien gagné. Je n'ai pas à soutenir un gouvernement mais toutes les actions qui convergent vers la paix ; si c'est ça leur mission, alors "bravo". Nous sommes à notre 3e premier ministre et jusque-là, nous n'avons pas la paix. Alors, je ne crie pas victoire. Ce que je peux dire est que tous les belligérants eux-mêmes se sont compris. Je pense que la paix n'est plus loin pourvu qu'ils mettent en action les paroles et qu'ils respectent les engagements qu'ils ont pris. C'est ce que je soutiens; le reste ne m'intéresse pas.
Entretien réalisé par Bosco de Paré à Bouaké
coulibalyssa@yahoo.fr
M. le maire peut-on savoir ce que vous devenez après votre départ à la tête de la commune de Bouaké ?
J'ai été élu député de Bouaké et donc je suis député à l'assemblée nationale de Côte d'Ivoire.
Entant qu'ancien maire de Bouaké, comment trouvez-vous votre cité après 5 ans de crise ?
C'est avec beaucoup de pincement au c?ur que j'ai franchi le corridor pour être à Bouaké : vous savez qu'avec la crise que nous vivons, Bouaké a été exclue de la République. Je n'ai pu constater qu'une vive dégradation de notre cité. Vous conviendrez avec moi que c'est la réalité. Je ne reconnais pas Bouaké ; mais c'est le fait de la guerre. Je ne peux dire que je constate amèrement que tout ce que nous avons entrepris ici (Bouaké) au cours de notre mandat est méconnaissable.
A vous entendre parler, l'on a le sentiment que vous comptez revenir à la mairie. Que répondez-vous ?
L'idée de vouloir redevenir maire ne doit pas être mue par le fait de la dégradation de notre cité. Vouloir redevenir maire veut dire venir se mettre au service de sa région. Et si j'ai une ambition, c'est de mettre à la disposition de ma ville, de ma région pour lui permettre de sortir de cette pauvreté galopante, de la misère, de cette situation que la Côte d'Ivoire n'aurait jamais dû connaître. Surtout quand on a vécu à Bouaké et qu'on a connu le début d'un décollage de notre développement, c'est cela qui peut m'amener à vouloir revenir pour reprendre la tâche.
Quelle analyse faites-vous de l'état actuel du Pdci qui semble très divisé en ce moment ?
C'est un constat. Notre région a connu une situation difficile que nos électeurs pour la plupart sont absents de la ville de Bouaké, absents de la région du fait de la guerre. Nous devons prendre conscience, nous devons reconstituer notre dignité, notre base et les éléments de fraternité. Nous devons aussi consolider la solidarité et viser un seul objectif : l'unité dans l'action pour reconquérir notre ville pour procéder à son développement et de façon irréversible.
Vous donnez l'impression de quelqu'un qui digère mal son départ à la tête de la mairie et habité par la ranc?ur et de la vengeance ?
Il n'y a pas que mon départ de la commune de Bouaké. Il y a aussi que j'ai tout perdu à Bouaké ; ma résidence a été entièrement détruite N'eut été ma présence à Abidjan au moment de l'attaque peut-être que je ne vous parlerais pas aujourd'hui au début de la guerre parce que j'étais en son temps résident à Bouaké. Je viens rarement à Bouaké parce que je n'ai plus de toit où dormir.
Qu'est-ce qu'on vous reprochait alors pour s'en prendre à vous ?
Personne ne me reproche quelque chose. Peut-être parce que j'ai été maire de Bouaké qu'ils ont détruit tous mes biens. Ma résidence du village et celle d'ici (Bouaké) ont été pillées et saccagées. Et ça, c'est de la pure méchanceté quand je sais que je n'ai rien fait à quelqu'un. Donc vous comprendrez que ce n'est pas parce que je suis parti de la mairie, je suis resté député de la ville de Bouaké. Je ne suis pas le seul, beaucoup de gens ont subi cette situation parce que nous étions des responsables ; je crois que c'est pour cela qu'on nous a attaqués spécialement. Ils ont pensé que les biens que j'avais étaient des biens publics.
Etes-vous prêt à pardonner toutes les fautes à vos bourreaux ?
Mais, j'ai toujours pardonné. Ce n'est que du matériel, j'aurais pu laisser ma vie et comme je suis un homme d'actions, je pense pouvoir refaire ce que j'ai fait, quand même c'est le résultat de 40 ans de travail et aussi comme j'ai encore espoir de vivre 40 ans, j'espère que je pourrai, petit à petit, si les conditions me le permettent, remettre mon domicile en état parce que Bouaké reste ma ville,ma région et celle aussi de mes parents et je compte y laisser mon corps.
M. le maire, quand comptez-vous signer votre retour définitif dans votre cité afin de mener à bien vos activités politiques ?
Mais, c'est quand j'aurai fini de réhabiliter ma maison. En tant qu'élu et ancien chef de village, je n'ai pas le droit de dormir dans un hôtel. Si j'arrive, je dois dormir chez moi.
Comment entrevoyez-vous l'avenir de votre parti le Pdci aujourd'hui à Bouaké ?
Vous savez que Bouaké est le bastion du Pdci. On a beau connaître des difficultés certes, mais Bouaké demeure bien que nos militants se soient dispersés aux 4 coins de la Côte d'Ivoire aujourd'hui. Ceux qui sont restés n'ont pas baissé les bras : ils ont continué d'animer la vie du parti et c'est ce qui explique notre déplacement ici (Bouaké) pour parler avec eux. Dès que la situation le permettra et que tous nos militants rentreront, le Pdci marchera comme il n'a jamais été parce que cette situation nous a permis de prendre conscience d'un certain nombre de réalités. La guerre est certes une mauvaise chose mais c'est finalement une bonne chose parce que ça va nous permettra de rebondir durablement.
M. le maire, pouvez-vous nous situer l'origine du désaccord qui règne en ce moment au sein des militants de votre parti ?
Les litiges et courants sont propres à l'homme. C'est parce qu'on ne sait pas expliquer qu'il naît des courants et litiges. Mais, quand on s'explique, c'est comme le bras d'une rivière. Aujourd'hui, notre mission est de dire aux militants que "seuls, nous ne pouvons pas réussir" car c'est ensemble, en conjuguant nos efforts, que nous allons réussir. Bien qu'il y ait des courants, le seul objectif qui vaille la peine, c'est le Pdci. Qu'on soit de courants différents, nous demeurons Pdci. Donc tout ce que nous ferons doit aboutir à la victoire du Pdci. Comme tel, si nous avons compris, il est facile de se mettre ensemble pour faire en sorte que les courants se conjuguent vers un seul objectif qui est la victoire du Pdci.
Un nouveau gouvernement avec un nouveau Premier ministre. Quels commentaires ?
Moi, tout ce qui me préoccupe, c'est que la paix revienne en Côte d'Ivoire. Il y a un nouveau gouvernement, ce n'est pas la paix. Quel que soit le gouvernement, ce que je souhaite, c'est que la paix arrive ; si je fonde un espoir dans ce gouvernement, c'est qu'il nous apporte la paix. Si celui-ci ne nous apporte pas la paix nous n'avons rien gagné. Je n'ai pas à soutenir un gouvernement mais toutes les actions qui convergent vers la paix ; si c'est ça leur mission, alors "bravo". Nous sommes à notre 3e premier ministre et jusque-là, nous n'avons pas la paix. Alors, je ne crie pas victoire. Ce que je peux dire est que tous les belligérants eux-mêmes se sont compris. Je pense que la paix n'est plus loin pourvu qu'ils mettent en action les paroles et qu'ils respectent les engagements qu'ils ont pris. C'est ce que je soutiens; le reste ne m'intéresse pas.
Entretien réalisé par Bosco de Paré à Bouaké
coulibalyssa@yahoo.fr