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Nord-Sud
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Grins Oisiveté ? Connaît pas

Contrairement à ce que pense le chef de l'Etat, tous ceux qu'on trouve dans les grins ne sont pas des chômeurs et des dés?uvrés . C'est par ces propos que Béber Ouattara, président du grin Marcoussis d'Adjamé, a réagi à la sortie du chef de l'Etat contre leurs espaces de regroupement. Selon cet enseignant, il y a deux sortes de grin dans la commune du maire Youssouf Sylla. L'un regroupe des gens actifs qui peuvent être des enseignants, des médecins, des huissiers de justice bref, des intellectuels. Ils ne se réunissent que les mercredis soir, les samedis et les dimanches après-midi. Leurs réunions débutent, les jours ouvrables, à partir de 17 heures et les week-ends à 16 heures pour prendre fini généralement à 20 heures. A côté de cette catégorie, il y a les grins des jeunes et des retraités. Parlant des derniers, il indique : Ces personnes ont perdu leur emploi à cause de la situation de crise que traverse le pays. Ceci dit, ils sont loin d'être des paresseux , précise-t-il. Pour démontrer qu'aucun grin n'est le repère des oisifs, il révèle qu'en leur sein des cotisations mensuelles et exceptionnelles sont organisées pour financer les retrouvailles. Au moment où je vous parle, nous nous apprêtons dans les prochains jours à acheter du matériel de sonorisation. En ce qui concerne les cotisations, nous avons ouvert un compte à la Cecp où nous déposons notre argent qui nous sert par exemple à payer le déplacement de ceux que nous invitons pour animer des conférences , a-t-il argumenté non sans préciser que le Marcoussis qu'il préside est un creuset de plusieurs ethnies de Côte d'Ivoire et dont les membres sont en majorité des cinquantenaires. Karim Minogou et Kamal Sanogo, deux autres animateurs de grins à Abobo, rappellent que chaque soir il se retrouve autour de la théière, en moyenne une trentaine de personnes, composées d'étudiants et de travailleurs. Nous avons tous quelque chose à faire. Notre président par exemple est fonctionnaire à la mairie d'Adjamé. Les grins sont des lieux de hautes rencontres culturelles. Or, en général, les paresseux, ce sont des gens qui n'aiment rien faire , a soutenu Karim, étudiant en chimie. La plupart des gens qui viennent dans notre grin exercent des professions libérales telles que la menuiserie, le transport, a confié Kamal Sanogo, président du grin de Banco I (Abobo), qui est moniteur coranique. Plusieurs autres membres de grin interrogés précisent que leurs activités sont financées grâce à l'apport des différents membres. Chaque membre vient avec du thé et un kilo de sucre , déclare l'un d'eux faisant remarquer qu'en dehors des cotisations exceptionnelles pour les événements heureux ou malheureux, le président se charge de toute la logistique nécessaire aux réunions.

Marc Dossa

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Article publié par Nord-Sud et référencé par 225.ci.