Pêche fraîche - Un secteur en difficulté
Le secteur de la pêche fraîche en Côte d'Ivoire broie du noir. Les chiffres inquiètent, les besoins des populations sont menacés et les acteurs tentent de se faire entendre. En l'espace de quelques années, l'on a enregistré une diminution drastique des captures, une destruction des ressources halieutiques du essentiellement à la pratique de la pêche illégale. De 2000 à 2007, le nombre de caisses de poisson a chuté de 150 000 à moins de 40 000. La présence massive des armements étrangers, notamment chinois, semble être la cause principale de cette importante baisse de la production locale. En 2004, 40 navires de plus de 40 à 50 m chacun avaient été identifiés au large des côtes ivoiriennes, battant pavillons de plusieurs Etats dont la Chine, la Corée l'Espagne et le Portugal. Ceux-ci pratiquent la pêche par chalutage b?uf qui consiste à relié deux navires par un câble et un filet et au fur et à mesure qu'ils avancent, le filet capture tout sur son passage, détruisant, ainsi la faune et la flore nautique. En outre, l'utilisation non réglementaire des filets de maille 15 et 25 (très petites) participe à cet appauvrissement. Les filets autorisés sont de maille 60 à 80. Avec cette technique de pêche, aucune espèce animale ni végétale n'échappe au filet a dénoncé Yao Kouassi Barthélémy, secrétaire général du Syndicat des Marins Pêcheurs de Côte d'Ivoire (SYMAPECI). Le pire est que ces navires sont connus et identifiés. La plupart battent pavillon ivoirien. On en veut pour preuve le bateau TOTTEE, saisi le jeudi 27 décembre 2007, avec des documents nigérian, par les marins pour avoir endommagé un bateau ivoirien. Par contre, certains battants des pavillons de complaisance ou pas du tout, n'accostent jamais au port d'Abidjan, et font des transbordements de produits volés sur des gros bateaux en haute mer. A côté de ces derniers, on peut également citer des bateaux pirates qui ne viennent jamais à quai. Lors d'une conférence, le 17 décembre 2007, le ministre des ressources halieutiques, Alphonse Douati a reconnu l'existence de 28 navires pirates sur 56 qui pêchent dans les eaux ivoiriennes. Quant aux SYMAPECI, il a noté la présence de trois armements (Lu Lu Fishery, Fe Fe Fishery et Daping Fishery) avec 17 navires. Un vrai désastre, serait-on tenté de dire. Plus grave encore, c'est que ces navires ne respectent pas le code de la marine marchande en son article 108 qui stipule que les navires battant pavillon ivoirien doivent composer leur équipage à 75% d'ivoiriens. De ce fait, ils créent une concurrence déloyale aux armements ivoiriens qui respectent les normes.
Comment acquièrent-ils la licence d'exploitation ? A cette question, le secrétaire général du SYMAPECI pointe du doigt le directeur de la production halieutique du ministère, Jeanson Djobo, autorisé à délivrer les licences. Pour M. Yao Kouassi, ces pratiquent, sues des autorités de tutelle, ont lieu avec leur bénédiction, car leurs démarches envers celles-ci pour mettre fin à ces pratiques sont restées vaines. Pendant ce temps, le secteur continue d'en souffrir. Aussi, la Côte d'Ivoire qui pèche le tiers de sa consommation annuelle estimée à 300.000 tonnes de poissons et crustacés, ne pourra plus y faire face. Menaçant ainsi la sécurité alimentaire. A en croire, le secrétaire général du SYMAPECI, cette situation est favorisée par un désordre dans le secteur qui se trouve à cheval entre plusieurs ministères dont le commerce, le transport, les ressources halieutiques et les eaux et forêts. C'est pourquoi, il suggère que le secteur soit sous la tutelle d'un seul ministère et que le poste de directeur du Port de pêche soit détenu par un marin. Pour lui, une subvention pour les armateurs locaux, une réduction des taxes notamment sur le carburant et la création d'une brigade de surveillance des eaux ivoiriennes incluant les marins pêcheurs, aiderait les acteurs du secteur à ne pas mettre la clé sous le paillasson. Par ailleurs, une interdiction formelle de pêche et une suspension véritable de ces bateaux sur les côtes ivoiriennes serait salutaire au secteur.
Sogona Sidibé
Comment acquièrent-ils la licence d'exploitation ? A cette question, le secrétaire général du SYMAPECI pointe du doigt le directeur de la production halieutique du ministère, Jeanson Djobo, autorisé à délivrer les licences. Pour M. Yao Kouassi, ces pratiquent, sues des autorités de tutelle, ont lieu avec leur bénédiction, car leurs démarches envers celles-ci pour mettre fin à ces pratiques sont restées vaines. Pendant ce temps, le secteur continue d'en souffrir. Aussi, la Côte d'Ivoire qui pèche le tiers de sa consommation annuelle estimée à 300.000 tonnes de poissons et crustacés, ne pourra plus y faire face. Menaçant ainsi la sécurité alimentaire. A en croire, le secrétaire général du SYMAPECI, cette situation est favorisée par un désordre dans le secteur qui se trouve à cheval entre plusieurs ministères dont le commerce, le transport, les ressources halieutiques et les eaux et forêts. C'est pourquoi, il suggère que le secteur soit sous la tutelle d'un seul ministère et que le poste de directeur du Port de pêche soit détenu par un marin. Pour lui, une subvention pour les armateurs locaux, une réduction des taxes notamment sur le carburant et la création d'une brigade de surveillance des eaux ivoiriennes incluant les marins pêcheurs, aiderait les acteurs du secteur à ne pas mettre la clé sous le paillasson. Par ailleurs, une interdiction formelle de pêche et une suspension véritable de ces bateaux sur les côtes ivoiriennes serait salutaire au secteur.
Sogona Sidibé