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Soir Info
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Ce que Soro et le RHDP se sont dit

2 heures de huis clos entre Guillaume Soro et le RHDP. 2 heures pour parler des préparatifs des élections, de la situation socio-politique du pays, des rapports Soro-RHDP. 2 heures de huis clos pour se dire mutuellement des vérités entre partenaires au sein du G7. La rencontre qui s'est tenue, mardi, à la Primature a tenu ses promesses et les participants paraissaient décontractés à leur sortie de la salle des conférences. Côté Primature, il y avait outre Guillaume Soro, plusieurs de ses conseillers, le ministre André-Dacoury Tabley... Côté RHDP, étaient présents Djédjé Mady, Adjoumani Kobena, Salif N'Diaye, Amadou Soumahoro, Kandia Camara, Bandama Maurice, Legré Philippe... Une source proche du Premier ministre Soro a retracé pour nous les échanges entre ce dernier et la délégation des opposants emmenée par Alphonse Djédjé Mady. D'entrée de jeu, le secrétaire général du PDCI, s'est réjoui que Guillaume Soro ait consenti à les recevoir sur leur propre demande. Il a dit à Soro qu'il était impérieux pour eux de renouer le fil du dialogue après de méchantes incompréhensions entre les Forces nouvelles et l'opposition du RHDP. Les relations entre les deux parties avaient pris comme un coup de roquette ? depuis que Soro avait accepté la main tendue de Gbagbo et qu'il avait même dans son discours de nouvel an, porté des interrogations sur la sincérité de leur alliance au niveau du G7. Alphonse Djédjé Mady a pensé qu'il fallait aujourd'hui réchauffer les relations entre les Forces nouvelles et le RHDP. Il avait en cela le soutien constant de ses amis opposants. Djédjé Mady est entré, ensuite, dans le vif du sujet. Il a expliqué à Guillaume Soro que, dans le cadre des préparatifs des élections, le RHDP appréciait les symboles ? qu'il est donné de faire voir aux Ivoiriens mais l'opposition souhaiterait qu'au delà des symboles ?, des questions de fond trouvent leurs solutions. Mady a fait part à Soro d'une inquiétude qui leur était commune chez les partis du RHDP : ils s'inquiètent du discours de Laurent Gbagbo qui veut aller vite, vite aux élections ?. Djédjé Mady et les siens pensent qu'en demandant que les élections se déroulent au mois de décembre 2007, le chef de l'Etat prépare un coup. Ils suspectent Gbagbo de vouloir organiser les élections dans un pays coupé en deux en s'arc-boutant sur une disposition de la Constitution (probablement l'article 48 qui demande au chef de l'Etat de prendre des mesures exceptionnelles suivant la situation). Les opposants à Laurent Gbagbo craignent que le chef de l'Etat ne confonde vitesse et précipitation, nous a rapporté notre source qui a participé à la rencontre avec Soro. Le porte-parole du RHDP a affirmé au chef du gouvernement qu'il était attendu pour conduire le pays à des élections justes et transparentes. Djédjé Mady a interpellé le Premier ministre sur certains faits qui démontrent clairement que le chemin de la paix reste long et semé d'embûches : les entraves à la liberté de circuler, les milices qui n'ont pas fini d'être démantelées, le traitement jugé déséquilibré de l'information par les médias d'Etat... Là dessus, Djédjé Mady a fait savoir à Guillaume Soro, que la Télévision avait pris cette habitude de commenter les propos des leaders politiques et les faire parler peu sinon pas du tout. Le RHDP n'appréciait pas cette façon de faire et ils ont voulu attirer l'attention du Premier ministre sur le risque qu'il y avait à ne pas permettre un accès direct aux populations. Les opposants ont demandé à Soro de veiller à ce que les prochains conseils d'administration de la RTI et de Fraternité Matin, les deux médias d'Etat, ne soient pas au service d'un groupe de personnes en particulier. Le porte-parole Djédjé Mady est revenu sur la suppression par le Conseil de sécurité du poste de Haut représentant pour les élections en Côte d'Ivoire. Il a trouvé qu'il y avait eu recul de la part de la Communauté internationale et cela n'était pas du goût de l'opposition. Pour les opposants, la présence d'un Haut représentant pour les élections participerait de la transparence des opérations. Le RHDP est apparu d'autant plus étonné que personne, à sa connaissance, n'avait demandé explicitement la suppression dudit poste.

Soro répond au RHDP

Guillaume Soro a remercié ses hôtes pour avoir voulu le rencontrer. Il les a également remerciés pour les préoccupations mais n'a pas manqué de rappeler que le processus était entré dans une nouvelle ère depuis l'accord de Ouaga. Il a dit qu'il ne s'agissait pas pour lui d'avancer à l'aveuglette mais il suivra les prescriptions de Ouaga et tiendra compte de la matrice sur l'application de l'accord rédigée à l'issue du séminaire gouvernemental. Guillaume Soro a indiqué qu'il était indispensable de créer un climat apaisé si on voulait arriver au bout du processus. Il s'est engagé à briser le mur de méfiance entre concitoyens. S'agissant des déclarations du chef de l'Etat, il s'est gardé de faire de la polémique. Il a dit simplement aux opposants que le chef de l'Etat avait la latitude de faire des propositions par rapport à d'éventuelles dates pour la tenue d'élections. De même, les opposants pouvaient également participer au débat. En ce qui le concerne, il reste dans sa logique : celle qui consiste à ne pas faire le fétichisme des dates, à avancer sûrement et à pas réfléchis. Le chef du gouvernement a admis que le démantèlement des milices et la sécurisation de l'ex-zone de confiance étaient des questions à régler. Il a soutenu que le CCI (Centre de commandement intégré) était resté sans grands moyens mais le gouvernement s'attelait à changer la donne. Guillaume Soro a parlé de la reprise imminente des opérations d'audiences foraines, de la réinstallation des maires dans les zones Centre Nord Ouest, des préparatifs pour l'identification...Il a pris acte des préoccupations des opposants concernant le traitement de l'information par les médias d'Etat. Il a rappelé les accords précédents (notamment celui de Pretoria) relativement à cette question des médias. Il a également pris acte de la tristesse de l'opposition devant la suppression du poste qu'occupait Gérard Stoudmann. Guillaume Soro a affirmé qu'il n'avait jamais été opposé au maintien du poste de HRE mais sa suppression pourrait s'expliquer par la situation ayant prévalu au lendemain de l'accord de Ouaga : les acteurs ont voulu se réapproprier le processus et la Communauté internationale a, sans doute, voulu les y encourager.

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Article publié par Soir Info et référencé par 225.ci.