L`étrange posture des Forces nouvelles
Konaté Sidiki, porte-parole des Forces nouvelles qui " coupe et qui décale " avec l'ex-première dame Simone Ehivet Gbagbo, l'image est saisissante, séduisante et belle. Seulement voilà, la scène que nous avons vue samedi à Yopougon ressemble à du déjà vu, dans notre récente histoire politique. Le bal des mutins au stade Houphouët-Boigny et la fête au champagne après le forum national de réconciliation en décembre 2001. Que s'est-il passé pour que les ennemis d'hier décident de s'embrasser et de se livrer à un bal poussière au complexe de Yopougon ? Pourquoi ont-ils dansé ? Qu'ont-ils fêté en réalité ? La paix ? Ou le commencement de la paix ? Il faut en tout cas espérer que l'on aille jusqu'au bout de l'aventure et que cette dynamique de paix se maintienne et soit couronnée par les élections que tout le monde appelle de tous ses v?ux. Car dans cette affaire, on a certes nommé un Premier ministre, formé un nouveau gouvernement, créé le Centre de commandement intégré des 2 forces belligérantes, pris une ordonnance d'amnistie générale, démantelé la zone de confiance, mais force est cependant de constater qu'on n'a pas encore touché à l'essentiel, au n?ud même de la crise ivoirienne : l'identification, le désarmement et les élections. Pour rappel, les problèmes de Seydou Diarra ont commencé lorsqu'il a voulu parler de désarmement et d'identification. Les problèmes de Banny ont aussi commencé quand il a voulu initier les audiences foraines, 1ère étape de l'identification. Avant même d'avoir initié et réussi ces grands chantiers, les Forces nouvelles semblent être aux anges. Elles ne se font plus de souci, elles sont heureuses. Au moment où tout le monde semble se faire du souci pour leur sort, leur capacité à sortir indemne du piège qui se referme sur eux, chaque jour un peu plus.
Car, cela ne fait l'ombre d'aucun doute que c'est Gbagbo qui mène le bal ; c'est lui qui frappe le tam-tam, et c'est à son rythme que tout le monde danse, y compris le Premier ministre, " chef du gouvernement ". On est en effet loin du Guillaume Soro qui se demandait, dans sa période d'hésitation avant d'accepter d'être le Premier ministre de Gbagbo, si ce dernier pouvait le supporter ? Même si pour des questions évidentes de bonne collaboration, l'actuel Premier ministre évite d'évoquer toutes les questions qui fâchent en public, l'on ne peut pas avancer que M. Soro est un Premier ministre aussi difficile à man?uvrer que ses prédécesseurs. Maîtrise-t-il l'environnement dans lequel il évolue ? Sait-il où il est, où il va et ce que Gbagbo lui réserve ?
A la vérité, ce ne sont pas ces seules questions qui perturbent la sérénité de tous ceux qui espèrent en la paix, véritablement. Ce qui inquiète, c'est la posture inconfortable dans laquelle s'est installé le leader des Forces nouvelles. On ne refera pas le débat du partage des portefeuilles ministériels, mais un acte récemment posé par le chef de l'Etat vient confirmer encore une fois que le seul maître à bord dans ce processus s'appelle Laurent Gbagbo. Pour régler, en effet, la question du partage du pouvoir, ce dernier a signé, au lieu d'un décret, une simple lettre pour permettre à Soro de présider un conseil des ministres. De la poudre aux yeux. Et cela démontre bien que comme Diarra et Banny, Gbagbo ne cèdera pas un centime de pouvoir à Soro. On va juste lui donner de temps à autre l'illusion de commander, sans plus.
La situation d'ensemble ne rassure pas d'ailleurs tout le monde dans le camp des ex-rebelles. Certains collaborateurs de Guillaume Soro ne croiraient pas en la bonne foi du chef de l'Etat. Ils trouvent même suspect son empressement dans la mise en ?uvre de l'accord de Ouaga. Certaines langues accusent même le chef de l'Etat de travailler à couper les racines à son Premier ministre en inondant d'argent ses principaux chefs militaires.
Vrai ou faux, là n'est pas la question. Car, si Gbagbo a engagé le dialogue direct avec Soro, c'est parce que dans ce carré ivoirien, c'est lui seul qui détient une force militaire susceptible de le contrarier. Le chef de l'Etat ne comprend que le langage de la force. Dans quelques semaines, que représentera Soro à ses yeux ?
Akwaba Saint Clair
Car, cela ne fait l'ombre d'aucun doute que c'est Gbagbo qui mène le bal ; c'est lui qui frappe le tam-tam, et c'est à son rythme que tout le monde danse, y compris le Premier ministre, " chef du gouvernement ". On est en effet loin du Guillaume Soro qui se demandait, dans sa période d'hésitation avant d'accepter d'être le Premier ministre de Gbagbo, si ce dernier pouvait le supporter ? Même si pour des questions évidentes de bonne collaboration, l'actuel Premier ministre évite d'évoquer toutes les questions qui fâchent en public, l'on ne peut pas avancer que M. Soro est un Premier ministre aussi difficile à man?uvrer que ses prédécesseurs. Maîtrise-t-il l'environnement dans lequel il évolue ? Sait-il où il est, où il va et ce que Gbagbo lui réserve ?
A la vérité, ce ne sont pas ces seules questions qui perturbent la sérénité de tous ceux qui espèrent en la paix, véritablement. Ce qui inquiète, c'est la posture inconfortable dans laquelle s'est installé le leader des Forces nouvelles. On ne refera pas le débat du partage des portefeuilles ministériels, mais un acte récemment posé par le chef de l'Etat vient confirmer encore une fois que le seul maître à bord dans ce processus s'appelle Laurent Gbagbo. Pour régler, en effet, la question du partage du pouvoir, ce dernier a signé, au lieu d'un décret, une simple lettre pour permettre à Soro de présider un conseil des ministres. De la poudre aux yeux. Et cela démontre bien que comme Diarra et Banny, Gbagbo ne cèdera pas un centime de pouvoir à Soro. On va juste lui donner de temps à autre l'illusion de commander, sans plus.
La situation d'ensemble ne rassure pas d'ailleurs tout le monde dans le camp des ex-rebelles. Certains collaborateurs de Guillaume Soro ne croiraient pas en la bonne foi du chef de l'Etat. Ils trouvent même suspect son empressement dans la mise en ?uvre de l'accord de Ouaga. Certaines langues accusent même le chef de l'Etat de travailler à couper les racines à son Premier ministre en inondant d'argent ses principaux chefs militaires.
Vrai ou faux, là n'est pas la question. Car, si Gbagbo a engagé le dialogue direct avec Soro, c'est parce que dans ce carré ivoirien, c'est lui seul qui détient une force militaire susceptible de le contrarier. Le chef de l'Etat ne comprend que le langage de la force. Dans quelques semaines, que représentera Soro à ses yeux ?
Akwaba Saint Clair