Dr André Ouattara, directeur de cabinet adjoint du S.G des Forces nouvelles : Nous nous inscrivons dans le cadre d'une gestion mixte
Dr André Ouattara représente au comité technique national chargé du rétablissement de l'unicité des caisses en zone CNO les Forces nouvelles. Du 09 au 12 avril dernier, il a pris part à une mission du cordon douanier dans le nord de la Côte d'Ivoire. Vous venez d'effectuer une mission dans le nord de la Côte d'Ivoire dans le cadre du redéploiement de l'administration douanière; en quoi consistait cette mission?
L'objet de la mission était de procéder à un repérage des sites en zones CNO, en vue de la mise en place du cordon douanier. Elle nous a conduit dans les localités de Pogo, Ouangolo, Tengrela et M'Bengué. Elle a pris fin comme vous le savez, le 12 avril dernier. Evidement, comme toute mission, des rapports vont être faits à l'autorité qui a instruit cette mission et nous verrons la suite. Je voulais aussi, très rapidement, rappeler que, après le retour des partenaires des bailleurs de fonds, à savoir le FMI et la Banque mondiale et même de la BAD, les discussions ont été engagées entre ces institutions financières et les autorités ivoiriennes. Elles ont porté sur leur appui au processus de sortie de crise. Evidemment, la conditionnalité posée par ces institutions était de faire en sorte que la question de l'unicité des caisses devienne effective sur le terrain. C'est donc pour rester dans la logique du redéploiement de l'administration générale que nous nous sommes retrouvés dans le cadre de cette mission pour procéder à la première phase pratique qui est le repérage. Quel est le bilan de cette mission?
Comme je l'ai dit tout à l'heure, la mission a consisté essentiellement à faire le repérage, c'est-à-dire l'identification des sites qui vont très bientôt abriter les services financiers de la douane qui vont être redéployés. Je voudrais rappeler qu'à ce niveau-là, il ne s'agira pas de redéployer seulement les services financiers de la douane mais, il s'agira de rester dans la logique des conclusions des travaux élaborées par le comité technique national. A ce niveau, je voudrais dire également que le principe de la gestion mixte au niveau de ces corridors qui ont été identifiés est de mise. En d'autres termes, il s'agira de mettre en place une équipe mixte composée des agents de la douane de la zone gouvernementale et des agents ou éléments des Forces nouvelles qui ont joué ce rôle-là au lendemain du 19 septembre 2002 jusqu'à maintenant. Que devient donc la Centrale? qui jouait jusque-là le rôle de contrôle financier et douanier dans les zones CNO?
Comme je l'ai dit tout à l'heure, il s'agit de s'inscrire dans le cadre d'une gestion mixte. Pour nous, jusqu'à preuve du contraire, les agents de la Centrale qui se trouvent dans les différentes localités qui donnent sur les frontières, sont nos douaniers. Evidemment, lorsqu'on parle de gestion mixte, il va falloir combiner les agents douaniers de la zone gouvernementale et les agents de la Centrale. Je voudrais dire que le principe va plus loin car il s'agit d'une parité dans les effectifs qui seront déployés sur le terrain. Donc la Centrale va peut-être disparaître sous sa dénomination actuelle, mais étant entendu que les agents qui l'ont animée jusque-là vont se retrouver dans un autre cadre, on peut dire que la centrale va connaître une mutation, mais les objectifs restent les mêmes, à savoir faire de la mobilisation pour permettre à toutes les entités des Forces nouvelles de pouvoir survivre jusqu'à ce que nous sortions définitivement de cette crise. Vos populations sont inquiètes car depuis plus de cinq ans, elles ont perdu certaines habitudes, notamment le paiement des taxes douanières
Dans le cadre du comité technique national, les inquiétudes des opérateurs économiques, des populations de façon générale, n'ont pas été occultées et ces préoccupations et inquiétudes se retrouvent en bonne place dans le cadre des conclusions qui ont été validées par le Premier ministre. Ces préoccupations sont de plusieurs ordres. Il s'agit par exemple des arriérés d'impôts, de la facture normalisée, de la question du dédouanement des appareils électroménagers acquis pendant cette période; il s'agit des véhicules, des motos, etc. Il y a même la question des factures Sodeci-Cie qui entrent dans le cadre des arriérés. Toutes ces préoccupations font partie des réflexions que nous avons transmises au Premier ministre. Maintenant, en tant qu'économiste, il va sans dire qu'avec le retour de l'administration douanière officielle, il y a dans la zone CNO un risque d'inflation, tout simplement parce que durant les cinq ans qu'a duré la crise, ce qui a été constaté, c'est que de façon générale, la Centrale qui jouait donc le rôle de services financiers et douaniers dans la zone est partie des taux qui étaient appliqués par l'administration douanière pour fixer ses taux. Et vous pouvez le vérifier, les taux que nous avons fixés sont largement en deçà des taux qui sont pratiqués en zones gouvernementales. Lorsque l'administration douanière et financière va revenir, par rapport au principe du territoire et par rapport au fait qu'il ne faut pas avoir deux poids deux mesures, il est évident que les taux qui seront appliqués seront pareils sur l'ensemble du territoire. Face à tout cela, nous avons également proposé des mesures d'accompagnement qui sont contenues dans les matrices d'actions ou si vous voulez les conclusions qui ont été remises au Premier ministre. Maintenant, nous espérons qu'au niveau technique, là je m'adresse au ministère de l'Economie et des Finances, des propositions très acceptables seront mises en ?uvre pour permettre à nos populations de ne pas sentir ce changement. Je voudrais également dire que la douane ne reviendra pas comme ça du jour au lendemain car dans nos conclusions, il y a une bonne partie du temps qui est consacrée à la période de sensibilisation des populations. Cette période de sensibilisation sera suivie, quelque temps plus tard, de l'arrivée des équipes avec les moyens adéquats pour s'entretenir avec les populations, les opérateurs économiques.
Source: fn-ci.info
Repères
RECETTES. Le colonel Zohi Pascal, directeur régional des douanes à Korhogo, y a pris fonction en décembre 2001 soit 9 mois avant le déclenchement de la crise. Pendant cette période d'exercice, il dit avoir recouvré 1 milliard 80 millions. Le DR est prêt à revenir à Korhogo si l'on le lui demande. COMITE DE REFLEXION. C'est le 26 décembre que le Premier ministre a mis sur pied le comité technique de réflexion en vue de l'unicité des caisses de l'Etat. Les résultats de son travail ont permis cette mission. MISSION DE PRESSE. La mission était accompagnée de 15 journalistes de la presse nationale et internationale sous la direction de Ouattara Aboubacar.
EFFECTIF. L'effectif de la douane avant la crise était de 150 éléments répartis dans six bureaux et postes : Ouangolo terrestre et ferroviaire, Ferké, Pogo, Tengrela et Nigouni. Les postes de Ouangolo, Pogo et Ferké étaient les plus importants du point de vue des recettes. L'administration minimale qui sera redéployée comptera 80 personnes.
Focus : La douane revient pour faire son métier
Conformément à l'Accord politique de Ouagadougou et en vue du retour de la douane dans la région des Savanes, la primature y a conduit les 10 et 11 avril, une mission d'identification des sites. Elle a particulièrement visité les locaux de la direction régionale des douanes de Korhogo, les postes et bureaux de douane de Ouagolodougou, Pogo (à la frontière Côte d'Ivoire ? Burkina - Mali), Tengrela et Nigouni (frontière Côte d'Ivoire - Mali). Composée d'éléments militaires des FDS et des Forces nouvelles, de la douane et de la primature, la mission était dirigée par Ahonzo Alexis, conseiller spécial du Premier ministre. Cette visite a été motivée par deux raisons fondamentales. La première raison est que les partenaires économiques de la Côte d'Ivoire lui demandent de recouvrer ses taxes sur tout le territoire. La seconde, que le budget 2008 prenne en compte les zones CNO. Il y a prévu un recouvrement de recettes d'un montant de 20 milliards de F. En un mot, l'objectif recherché, c'est l'unicité des caisses de l'Etat. Dans les localités visitées, la délégation a informé, au cours de ses séances de travail, les autorités administratives (préfets et sous-préfets), traditionnelles et les Forces nouvelles, les représentants des conseils municipaux et généraux et de la société civile, de l'objet, des motivations et de l'intérêt de leur présence. Concernant l'objet de leur présence, M. Ahonzo a précisé que cela ne signifie pas que la douane est déjà arrivée?. Il a donc expliqué à ses interlocuteurs qu'il s'agit d'une mission de prospection pour identifier les locaux à réhabiliter ou tout autre site qui pourrait abriter les agents du cordon douanier qui seront installés à la suite des conclusions de leur mission et de la décision des gouvernants. Il a mentionné que ce cordon sera composé d'éléments de la douane nationale et des Forces nouvelles. Leur sécurité sera assurée par les éléments du Centre de commandement intégré (CCI). Quant à l'intérêt de la mission, M. Ahonzo a particulièrement insisté sur l'importance de la région nord non seulement dans l'économie nationale, mais aussi dans les relations économiques du pays avec les pays limitrophes. L'administration sait que du point de vue des activités commerciales, la région nord est très importante () ce cordon n'est donc pas seulement pour la Côte d'Ivoire?, a-t-il dit. Les Forces nouvelles se sont montrées disposées et disponibles pour accompagner le processus de normalisation. Cette visite exploratrice qui annonce l'arrivée imminente de la douane devra mettra fin à certaines habitudes et pratiques, particulièrement la contrebande. Les propos du conseiller du Premier ministre ont donc suscité quelques inquiétudes. Qu'à Korhogo, Ferké ou Tengrela, les autorités administratives, les élus, les responsables traditionnels et religieux ont traduites à la délégation. Surtout la question des nombreuses motos que les populations ont acquises pendant la crise. Répondant à cette préoccupation, le colonel Kouadio Marcellin, conseiller militaire du directeur général de la douane, s'est voulu rassurant: La douane vient pour faire son métier comme elle l'a toujours fait pour le compte de l'Etat. Je voudrais donc dire aux populations concernées que le gouvernement a pris des mesures, a fait des propositions par entremise du ministère de l'Economie et des Finances qui permettront de régler de façon égalitaire et juste la situation des produits concernés. La douane fera un travail propre. Nous venons travailler dans un esprit de paix. Que la population sache donc que nous ne ferons rien pour jeter de l'huile sur le feu.? Les populations, dans leur ensemble, souhaitent que l'Etat allège les taxes ou leur fasse des forfaits pour qu' (elles) puissent y faire face et ainsi relancer leurs activités?. Konaté Inza et Yéo Piébé, respectivement vice-président et secrétaire administratif de la Fédération des commerçants de Korhogo, comptent dès cette réunion commencer à sensibiliser leurs membres de l'arrivée prochaine de la douane afin de faire des propositions concrètes.
N. Martial
L'objet de la mission était de procéder à un repérage des sites en zones CNO, en vue de la mise en place du cordon douanier. Elle nous a conduit dans les localités de Pogo, Ouangolo, Tengrela et M'Bengué. Elle a pris fin comme vous le savez, le 12 avril dernier. Evidement, comme toute mission, des rapports vont être faits à l'autorité qui a instruit cette mission et nous verrons la suite. Je voulais aussi, très rapidement, rappeler que, après le retour des partenaires des bailleurs de fonds, à savoir le FMI et la Banque mondiale et même de la BAD, les discussions ont été engagées entre ces institutions financières et les autorités ivoiriennes. Elles ont porté sur leur appui au processus de sortie de crise. Evidemment, la conditionnalité posée par ces institutions était de faire en sorte que la question de l'unicité des caisses devienne effective sur le terrain. C'est donc pour rester dans la logique du redéploiement de l'administration générale que nous nous sommes retrouvés dans le cadre de cette mission pour procéder à la première phase pratique qui est le repérage. Quel est le bilan de cette mission?
Comme je l'ai dit tout à l'heure, la mission a consisté essentiellement à faire le repérage, c'est-à-dire l'identification des sites qui vont très bientôt abriter les services financiers de la douane qui vont être redéployés. Je voudrais rappeler qu'à ce niveau-là, il ne s'agira pas de redéployer seulement les services financiers de la douane mais, il s'agira de rester dans la logique des conclusions des travaux élaborées par le comité technique national. A ce niveau, je voudrais dire également que le principe de la gestion mixte au niveau de ces corridors qui ont été identifiés est de mise. En d'autres termes, il s'agira de mettre en place une équipe mixte composée des agents de la douane de la zone gouvernementale et des agents ou éléments des Forces nouvelles qui ont joué ce rôle-là au lendemain du 19 septembre 2002 jusqu'à maintenant. Que devient donc la Centrale? qui jouait jusque-là le rôle de contrôle financier et douanier dans les zones CNO?
Comme je l'ai dit tout à l'heure, il s'agit de s'inscrire dans le cadre d'une gestion mixte. Pour nous, jusqu'à preuve du contraire, les agents de la Centrale qui se trouvent dans les différentes localités qui donnent sur les frontières, sont nos douaniers. Evidemment, lorsqu'on parle de gestion mixte, il va falloir combiner les agents douaniers de la zone gouvernementale et les agents de la Centrale. Je voudrais dire que le principe va plus loin car il s'agit d'une parité dans les effectifs qui seront déployés sur le terrain. Donc la Centrale va peut-être disparaître sous sa dénomination actuelle, mais étant entendu que les agents qui l'ont animée jusque-là vont se retrouver dans un autre cadre, on peut dire que la centrale va connaître une mutation, mais les objectifs restent les mêmes, à savoir faire de la mobilisation pour permettre à toutes les entités des Forces nouvelles de pouvoir survivre jusqu'à ce que nous sortions définitivement de cette crise. Vos populations sont inquiètes car depuis plus de cinq ans, elles ont perdu certaines habitudes, notamment le paiement des taxes douanières
Dans le cadre du comité technique national, les inquiétudes des opérateurs économiques, des populations de façon générale, n'ont pas été occultées et ces préoccupations et inquiétudes se retrouvent en bonne place dans le cadre des conclusions qui ont été validées par le Premier ministre. Ces préoccupations sont de plusieurs ordres. Il s'agit par exemple des arriérés d'impôts, de la facture normalisée, de la question du dédouanement des appareils électroménagers acquis pendant cette période; il s'agit des véhicules, des motos, etc. Il y a même la question des factures Sodeci-Cie qui entrent dans le cadre des arriérés. Toutes ces préoccupations font partie des réflexions que nous avons transmises au Premier ministre. Maintenant, en tant qu'économiste, il va sans dire qu'avec le retour de l'administration douanière officielle, il y a dans la zone CNO un risque d'inflation, tout simplement parce que durant les cinq ans qu'a duré la crise, ce qui a été constaté, c'est que de façon générale, la Centrale qui jouait donc le rôle de services financiers et douaniers dans la zone est partie des taux qui étaient appliqués par l'administration douanière pour fixer ses taux. Et vous pouvez le vérifier, les taux que nous avons fixés sont largement en deçà des taux qui sont pratiqués en zones gouvernementales. Lorsque l'administration douanière et financière va revenir, par rapport au principe du territoire et par rapport au fait qu'il ne faut pas avoir deux poids deux mesures, il est évident que les taux qui seront appliqués seront pareils sur l'ensemble du territoire. Face à tout cela, nous avons également proposé des mesures d'accompagnement qui sont contenues dans les matrices d'actions ou si vous voulez les conclusions qui ont été remises au Premier ministre. Maintenant, nous espérons qu'au niveau technique, là je m'adresse au ministère de l'Economie et des Finances, des propositions très acceptables seront mises en ?uvre pour permettre à nos populations de ne pas sentir ce changement. Je voudrais également dire que la douane ne reviendra pas comme ça du jour au lendemain car dans nos conclusions, il y a une bonne partie du temps qui est consacrée à la période de sensibilisation des populations. Cette période de sensibilisation sera suivie, quelque temps plus tard, de l'arrivée des équipes avec les moyens adéquats pour s'entretenir avec les populations, les opérateurs économiques.
Source: fn-ci.info
Repères
RECETTES. Le colonel Zohi Pascal, directeur régional des douanes à Korhogo, y a pris fonction en décembre 2001 soit 9 mois avant le déclenchement de la crise. Pendant cette période d'exercice, il dit avoir recouvré 1 milliard 80 millions. Le DR est prêt à revenir à Korhogo si l'on le lui demande. COMITE DE REFLEXION. C'est le 26 décembre que le Premier ministre a mis sur pied le comité technique de réflexion en vue de l'unicité des caisses de l'Etat. Les résultats de son travail ont permis cette mission. MISSION DE PRESSE. La mission était accompagnée de 15 journalistes de la presse nationale et internationale sous la direction de Ouattara Aboubacar.
EFFECTIF. L'effectif de la douane avant la crise était de 150 éléments répartis dans six bureaux et postes : Ouangolo terrestre et ferroviaire, Ferké, Pogo, Tengrela et Nigouni. Les postes de Ouangolo, Pogo et Ferké étaient les plus importants du point de vue des recettes. L'administration minimale qui sera redéployée comptera 80 personnes.
Focus : La douane revient pour faire son métier
Conformément à l'Accord politique de Ouagadougou et en vue du retour de la douane dans la région des Savanes, la primature y a conduit les 10 et 11 avril, une mission d'identification des sites. Elle a particulièrement visité les locaux de la direction régionale des douanes de Korhogo, les postes et bureaux de douane de Ouagolodougou, Pogo (à la frontière Côte d'Ivoire ? Burkina - Mali), Tengrela et Nigouni (frontière Côte d'Ivoire - Mali). Composée d'éléments militaires des FDS et des Forces nouvelles, de la douane et de la primature, la mission était dirigée par Ahonzo Alexis, conseiller spécial du Premier ministre. Cette visite a été motivée par deux raisons fondamentales. La première raison est que les partenaires économiques de la Côte d'Ivoire lui demandent de recouvrer ses taxes sur tout le territoire. La seconde, que le budget 2008 prenne en compte les zones CNO. Il y a prévu un recouvrement de recettes d'un montant de 20 milliards de F. En un mot, l'objectif recherché, c'est l'unicité des caisses de l'Etat. Dans les localités visitées, la délégation a informé, au cours de ses séances de travail, les autorités administratives (préfets et sous-préfets), traditionnelles et les Forces nouvelles, les représentants des conseils municipaux et généraux et de la société civile, de l'objet, des motivations et de l'intérêt de leur présence. Concernant l'objet de leur présence, M. Ahonzo a précisé que cela ne signifie pas que la douane est déjà arrivée?. Il a donc expliqué à ses interlocuteurs qu'il s'agit d'une mission de prospection pour identifier les locaux à réhabiliter ou tout autre site qui pourrait abriter les agents du cordon douanier qui seront installés à la suite des conclusions de leur mission et de la décision des gouvernants. Il a mentionné que ce cordon sera composé d'éléments de la douane nationale et des Forces nouvelles. Leur sécurité sera assurée par les éléments du Centre de commandement intégré (CCI). Quant à l'intérêt de la mission, M. Ahonzo a particulièrement insisté sur l'importance de la région nord non seulement dans l'économie nationale, mais aussi dans les relations économiques du pays avec les pays limitrophes. L'administration sait que du point de vue des activités commerciales, la région nord est très importante () ce cordon n'est donc pas seulement pour la Côte d'Ivoire?, a-t-il dit. Les Forces nouvelles se sont montrées disposées et disponibles pour accompagner le processus de normalisation. Cette visite exploratrice qui annonce l'arrivée imminente de la douane devra mettra fin à certaines habitudes et pratiques, particulièrement la contrebande. Les propos du conseiller du Premier ministre ont donc suscité quelques inquiétudes. Qu'à Korhogo, Ferké ou Tengrela, les autorités administratives, les élus, les responsables traditionnels et religieux ont traduites à la délégation. Surtout la question des nombreuses motos que les populations ont acquises pendant la crise. Répondant à cette préoccupation, le colonel Kouadio Marcellin, conseiller militaire du directeur général de la douane, s'est voulu rassurant: La douane vient pour faire son métier comme elle l'a toujours fait pour le compte de l'Etat. Je voudrais donc dire aux populations concernées que le gouvernement a pris des mesures, a fait des propositions par entremise du ministère de l'Economie et des Finances qui permettront de régler de façon égalitaire et juste la situation des produits concernés. La douane fera un travail propre. Nous venons travailler dans un esprit de paix. Que la population sache donc que nous ne ferons rien pour jeter de l'huile sur le feu.? Les populations, dans leur ensemble, souhaitent que l'Etat allège les taxes ou leur fasse des forfaits pour qu' (elles) puissent y faire face et ainsi relancer leurs activités?. Konaté Inza et Yéo Piébé, respectivement vice-président et secrétaire administratif de la Fédération des commerçants de Korhogo, comptent dès cette réunion commencer à sensibiliser leurs membres de l'arrivée prochaine de la douane afin de faire des propositions concrètes.
N. Martial