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Le Temps
· 3 min de lecture

Déstabilisation de la Côte d`Ivoire - Comment Sarkozy a failli piéger Gbagbo à Lisbonne

Parvenir à écarter le n°1 ivoirien du fauteuil présidentiel. Tel est l'objectif de Nicolas Sarkozy. Mais hélas! Le coup a échoué comme au temps de Chirac. Le coup semble-t-il, était préparé bien avant la cérémonie de la flamme de la paix à Bouaké. Tout, y compris le changement brutal de l'ordre politique, était prévu pour être exécuté. Seule la date de l'opération restait à définir, nous a confié une source militaire. Qui ne manquera pas d'évoquer la nécessité pour la commission d'enquête, de remonter à la France de Sarkozy, pour la manifestation de la vérité. De fait, le Président français et son homologue ivoirien s'étaient rencontrés à Lisbonne, au Portugal dans le cadre du sommet Afrique Europe. Une rencontre que beaucoup d'observateurs de la scène politique ont vite fait d'assimiler à une opération de charme initiée par le Président ivoirien à l'effet, dit-on, de négocier la normalisation des relations France Côte d'Ivoire. Archi faux, nous indique notre source, qui, en sus, donne plus de détails sur la rencontre Sarkozy-Gbagbo à Lisbonne. " Ce sont les collaborateurs de Nicolas Sarkozy qui l'ont conseillé d'approcher son homologue ivoirien pour échanger sur la situation sociopolitique en Côte d'Ivoire, les relations entre les deux pays et les perspectives de normalisation qui pourraient se dégager. " Et notre source d'ajouter qu'il s'agissait d'un exercice diplomatique auquel Sarkozy s'est livré dans le seul but de découvrir le Président ivoirien dans ce qu'il a non seulement de naturel mais surtout de politique. C'est ainsi qu'est apparu la question du départ ou de la présence de la Force Licorne en Côte d'Ivoire après l'accord politique de Ouagadougou. La réponse du N°1 ivoirien a été sans équivoque. " Moi, je n'ai pas de problème avec la Force Licorne. Certes le pays a retrouvé sa tranquillité, mais les militaires français nous accompagnent dans le processus de sortie de crise. Donc moi, je n'ai aucun problème avec eux. " Telle a été la réponse de Laurent Gbagbo à son hôte français. Qui, explique notre source, a désarmé psychologiquement le Président français puisque celui-ci, selon notre interlocuteur, attendait mieux que ça pour justifier le plan diabolique alors en préparation depuis Paris.
Le piège évité de justesse.
Qu'aurait été l'attitude de Nicolas Sarkozy si Gbagbo avait clairement exprimé sa désapprobation à l'égard de l'Armée française en Côte d'Ivoire? Certes l'actuel Président français clame à qui veut l'entendre qu'il n'a jamais été et qu'il ne sera jamais l'héritier de Jacques Chirac. Dès lors, l'on peut penser aisément que la Côte d'Ivoire de Laurent Gbagbo n'a pas, ou n'aura pas de problème avec la France sarkozienne. Or, faire une telle déduction à partir de simples propos en provenance de l'Elysée serait commettre la plus grosse erreur politique. " Et Gbagbo qui en a fait son métier, ne s'est pas laissé prendre au piège. En répondant à Sarkozy qu'il n'a pas de problème avec la Force-licorne, le Président ivoirien venait là de jouer à un jeu de poker où l'adversaire, à défaut de prendre au piège son ennemi, se laisse prendre lui-même au piège. Notre source révèle que Sarkozy qui voulait en savoir davantage sur l'état d'âme du chef de l'Etat vis-à-vis de ses soldats en Côte d'Ivoire a été coupé de court. Toutefois, l'intérêt de la France étant le même depuis Chirac, il va sans dire que la politique française, fondée sur la préservation des (leurs) intérêts économiques resteront inchangés. D'où l'impérieuse nécessité de changer l'ordre politique surtout que le Président ivoirien, ajoute notre source, a juré la main sur le c?ur, de préserver lui aussi l'intérêt des ivoiriens dans les relations commerciales et économiques
Simplice Zahui

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Article publié par Le Temps et référencé par 225.ci.