Le PDCI aussi
Le monde est vraiment à l'envers. Le plus vieux parti de Côte d'Ivoire est né avant la honte. Voilà des gens qui ont gouverné sans partage ce pays pendant une quarantaine d'années et qui veulent revenir au pouvoir. Au lieu de se remettre en cause, ce parti ne fait que s'attaquer aux autres partis politiques. C'est de bonne guerre. En politique, on ne fait pas de passe à son adversaire. Mais Henri Konan Bédié et ses amis doivent comprendre que les temps ont changé. Ce n'est pas la faute aux Ivoiriens, s'ils ont cassé leur canari. Leur temps est passé. On ne peut pas prendre du vieux pour faire du neuf. C'est en cela qu'il faut saluer le courage de l'ancien Premier ministre, Charles Konan Banny. Ce dernier n'est pas passé par quatre chemins pour dire qu'il faut un nouveau PDCI. Mais ce nouveau veut dire changement d'hommes et de mentalités. Même si on dit que ce sont les vieilles marmites qui font de bonnes sauces. Ce n'est pas le groupe de Bédié et consorts qui peuvent rendre les Ivoiriens heureux. Pendant sept ans de pouvoir, le Sphinx de Daoukro et sa famille ont infantilisé le peuple. Presque tout était entre leurs mains. Pendant ce temps, le peuple broyait du noir. On se rappelle la mainmise du fils de Bédié sur le secteur du riz. La mauvaise gestion était érigée en lettre d'or. Des constructions pharaoniques à Daoukro et Koukourandoumi avec l'argent du contribuable. Les détournements des fonds étaient leur jeu favori. La preuve, le détournement des 18 milliards de l'Union européenne. Sans compter les détournements des milliards dans certains départements ministériels et structures étatiques détenues par des caciques du clan Bédié. On se rappelle les affaires Adiaké Koutouan, Kino Bouadi. Ne parlons pas des questions liées au Droit de l'Homme. Le régime PDCI a battu le record des emprisonnements des leaders de l'opposition et des journalistes. Avec ça, ils s'autoproclament donneurs de leçons. Ce parti a intérêt à suivre les conseils de Charles Konan Banny. Il soutient que la direction actuelle a dilapidé l'héritage de Félix Houphouët-Boigny. Il soutient : "On ne peut pas avoir gouverné pendant près d'un siècle un Etat sans laisser de passif. Le PDCI a le devoir d'interroger son propre pouvoir. Si le PDCI fait l'effort sur lui-même de se remettre en question alors il pourra entreprendre de séduire avec succès tous ceux qui se sont éloignés de lui ". Le PDCI aussi. Les Ivoiriens ne sont pas prêts à confier leur avenir à des leaders qui n'ont d'yeux que pour leurs seuls intérêts : " Tout pour moi seul, rien pour le peuple ". Sylvain Miaka Ouretto n'a pas tort quand il dit que les Ivoiriens doivent aider Henri Konan à aller à la retraite.
Y.Gbané
Y.Gbané