Yamoussoukro : Le racket continue à Zatta
Les consignes de l'état-major des armées interdisant les tracasseries routières ne sont pas encore respectées dans tous les corridors. L'opération coup de poing contre le racket engagée le 2 juin dernier est-elle déjà reléguée aux oubliettes ? En tout cas, tout porte à le croire. Au regard, bien entendu, de ce que vivent certains usagers de la route au corridor de Zatta, village situé à 25 km à l'ouest de Yamoussoukro. Ici, les consignes édictées par l'Etat- major des armées sont violées au quotidien, par toutes les unités en faction. Les chauffeurs continuent de descendre et les apprentis courent toujours vers les guérites pour s'acquitter de leurs droits de passage. En plus des plaintes de certains transporteurs rencontrés, nous avons pris place à bord d'une camionnette de type Kia commise au transport de marchandises. En vue de vérifier l'exactitude des propos tenus par les chauffeurs. Ainsi samedi dernier, à ce corridor reconnu comme tel par les chauffeurs eux-mêmes, notre apprenti a dû payer 500 F à la brigade anti-drogue, 1000 F à la Douane, 1000 F au poste de police et 500 F à l'Ocpv. Soit 3000 F CFA. Bien que le véhicule soit en règle. C'est le même constat fait à Lolobo, nouvelle sous-préfecture située à 20 km au nord de Yamoussoukro, sur la route de Tiébissou. Il suffit de passer par là pour voir les chauffeurs et apprentis envahir la cabane dressée à ce corridor. Interrogé à cet effet, un chauffeur nous a répondu que c'est parce qu'ils ne veulent pas perdre le temps qu'ils préfèrent aller vers les agents. Bien sûr avec les pièces garnies au moins d'un billet de banque. Comme quoi, chassez le naturel, il revient toujours au galop.
Koffi Kouamé
Koffi Kouamé