Quel avenir pour le Comité d'évaluation et d'accompagnement
Le Comité d'évaluation et d'accompagnement (CEA), l'un des deux mécanismes de suivi prévus par l'Accord politique de Ouagadougou (APO), signé le 4 mars, connaît sa première réforme. On peut le dire, même si les nouveaux membres n'ont pas encore été désignés, conformément à la demande formulée par le Président du Burkina Faso, président en exercice de la CEDEAO et Facilitateur dans la crise inter-ivoirienne, de voir renouveler la composition du CEA. La question qui se posera maintenant est de savoir le rôle et le poids de leurs successeurs quand on sait que l'APO a été mené et conclu dans un esprit.
En tout cas, les deux signataires de l'APO, le Président Laurent Gbagbo et le Premier ministre Guillaume Kigbafori Soro, ont été saisis, quelques jours après la 4ème réunion du CEA, au cours de laquelle des divergences ont vu le jour, de la conduite de certains dossiers. En particulier, le choix de l'opérateur technique (Sagem sécurité) chargé de mener le processus d'identification des populations et le contrôle de l'identification. Une situation qui avait conduit Laurent Gbagbo et Guillaume Soro à se rendre à Ouaga avant de signer, le 29 novembre, à Korhogo, les accords complémentaires 2 et 3, après que les négociateurs n'ont pu trouver de compromis sur les modalités d'application. Ce dossier, ajouté au retard pris dans le redéploiement de l'administration préfectoral, a suffi pour que l'ex-porte-parole soit taxé d'être un obstacle à la paix par ses adversaires. Même si cela ne peut être considéré comme un drame, on peut néanmoins relever qu'une telle décision traduit une crise de confiance entre les deux parties. Puisque la création des mécanismes de suivi avait pour objectif de maintenir l'esprit de consensus dans la phase d'application. Aux finx du suivi du présent Accord et de la poursuite du dialogue direct, les parties conviennent de créer un cadre permanent de concertation (CPC) et un Comité d'évaluation et d'accompagnement (CEA), indique le paragraphe VII des mécanismes de suivi et de concertation. Un signe révélateur de ce que d'aucuns qualifieraient de crise de leadership qui règne au sein du gouvernement et dont fait écho abondamment la presse nationale. A l'origine, des divergences de vues entre le Premier ministre Guillaume Soro et son numéro 2, Désiré Tagro, ministre de l'Intérieur. Il est reproché à M. Tagro, entre autres, de jouer à la ??Super star'' pour avoir conduit avec succès, pour le compte du Chef de l'Etat, les négociations de paix qui ont abouti à l'Accord et de vouloir conduire le processus d'identification conjointement avec le Premier ministre. A cela, s'ajoute le fait qu'il serait intransigeant lors des discussions sans le respect du protocole. Notamment sans considération de la qualité de Premier ministre que représente Guillaume Soro. Par ailleurs, la considération, que lui porte le Président du Faso, porterait quelquefois ombrage à certains de ses collègues. En sa qualité de Premier ministre, chef du gouvernement, qui anime et coordonne l'activité du gouvernement, conformément au décret N°2007-458 du 20 avril 2007 portant attribution des membres du gouvernement (art.1) et, par délégation du Président de la République, définit la politique de réconciliation et de reconstruction nationales et la conduite des actions découlant de l'Accord de Ouagadougou (art.2), M. Soro tient à suivre de prêt l'identification. A l'opposé, le ministre de l'Intérieur, à qui des pouvoirs ont été également délégués, fait valoir ses charges. A savoir : la mise en ?uvre et le suivi de la politique du gouvernement en matière d'administration du territoire, de décentralisation, de dépôt légal, d'identification des populations, de cultes, d'immigration et d'émigration, de sécurité intérieure et de protection civile (art.3). Selon nos sources, la requête de renouvellement aurait été formulée expressément par le Premier ministre qui exigeait uniquement la tête du ministre Désiré Tagro. Bien que la demande ait été acceptée, elle n'a pas été sans effet néfaste pour le chef du gouvernement. Puisque rien que pour exclure le ministre de l'Intérieur, le Premier ministre a été contraint de sacrifier également ses trois représentants également ministres issus des Forces nouvelles ; la décision finale étant de remercier tous les membres du gouvernement présents au sein du CEA. Ainsi, du côté des Forces nouvelles, les ministres Louis André Dakoury-Tabley (Solidarité et Victimes de guerre), Sidiki Konaté (Tourisme et Artisanat), Koné Mamadou (Justice et Droit de l'Homme) y font leurs adieux. Côté présidentiel, il reste SEM. Alcide Djédjé (Représentant permanent de la Côte d'Ivoire à l'ONU) et Konaté Navigué (président JFPI et directeur des Affaires politiques au ministère de l'Intérieur). En cédant, Laurent Gbagbo voulait ainsi démontrer qu'il ne ferait rien qui puisse être considéré comme une volonté manifeste de sa part de vouloir bloquer le processus de paix. L'objectif, pour lui, étant l'organisation des élections générales en 2008. Ce qui passe par la fixation des dates de l'élection présidentielle, le désarmement et la réunification du pays. Préoccupations auxquelles les accords complémentaires 2 et 3 ont apporté une réponse. Désormais, la balle est dans le camp de Guillaume Soro.
Paulin N. Zobo
En tout cas, les deux signataires de l'APO, le Président Laurent Gbagbo et le Premier ministre Guillaume Kigbafori Soro, ont été saisis, quelques jours après la 4ème réunion du CEA, au cours de laquelle des divergences ont vu le jour, de la conduite de certains dossiers. En particulier, le choix de l'opérateur technique (Sagem sécurité) chargé de mener le processus d'identification des populations et le contrôle de l'identification. Une situation qui avait conduit Laurent Gbagbo et Guillaume Soro à se rendre à Ouaga avant de signer, le 29 novembre, à Korhogo, les accords complémentaires 2 et 3, après que les négociateurs n'ont pu trouver de compromis sur les modalités d'application. Ce dossier, ajouté au retard pris dans le redéploiement de l'administration préfectoral, a suffi pour que l'ex-porte-parole soit taxé d'être un obstacle à la paix par ses adversaires. Même si cela ne peut être considéré comme un drame, on peut néanmoins relever qu'une telle décision traduit une crise de confiance entre les deux parties. Puisque la création des mécanismes de suivi avait pour objectif de maintenir l'esprit de consensus dans la phase d'application. Aux finx du suivi du présent Accord et de la poursuite du dialogue direct, les parties conviennent de créer un cadre permanent de concertation (CPC) et un Comité d'évaluation et d'accompagnement (CEA), indique le paragraphe VII des mécanismes de suivi et de concertation. Un signe révélateur de ce que d'aucuns qualifieraient de crise de leadership qui règne au sein du gouvernement et dont fait écho abondamment la presse nationale. A l'origine, des divergences de vues entre le Premier ministre Guillaume Soro et son numéro 2, Désiré Tagro, ministre de l'Intérieur. Il est reproché à M. Tagro, entre autres, de jouer à la ??Super star'' pour avoir conduit avec succès, pour le compte du Chef de l'Etat, les négociations de paix qui ont abouti à l'Accord et de vouloir conduire le processus d'identification conjointement avec le Premier ministre. A cela, s'ajoute le fait qu'il serait intransigeant lors des discussions sans le respect du protocole. Notamment sans considération de la qualité de Premier ministre que représente Guillaume Soro. Par ailleurs, la considération, que lui porte le Président du Faso, porterait quelquefois ombrage à certains de ses collègues. En sa qualité de Premier ministre, chef du gouvernement, qui anime et coordonne l'activité du gouvernement, conformément au décret N°2007-458 du 20 avril 2007 portant attribution des membres du gouvernement (art.1) et, par délégation du Président de la République, définit la politique de réconciliation et de reconstruction nationales et la conduite des actions découlant de l'Accord de Ouagadougou (art.2), M. Soro tient à suivre de prêt l'identification. A l'opposé, le ministre de l'Intérieur, à qui des pouvoirs ont été également délégués, fait valoir ses charges. A savoir : la mise en ?uvre et le suivi de la politique du gouvernement en matière d'administration du territoire, de décentralisation, de dépôt légal, d'identification des populations, de cultes, d'immigration et d'émigration, de sécurité intérieure et de protection civile (art.3). Selon nos sources, la requête de renouvellement aurait été formulée expressément par le Premier ministre qui exigeait uniquement la tête du ministre Désiré Tagro. Bien que la demande ait été acceptée, elle n'a pas été sans effet néfaste pour le chef du gouvernement. Puisque rien que pour exclure le ministre de l'Intérieur, le Premier ministre a été contraint de sacrifier également ses trois représentants également ministres issus des Forces nouvelles ; la décision finale étant de remercier tous les membres du gouvernement présents au sein du CEA. Ainsi, du côté des Forces nouvelles, les ministres Louis André Dakoury-Tabley (Solidarité et Victimes de guerre), Sidiki Konaté (Tourisme et Artisanat), Koné Mamadou (Justice et Droit de l'Homme) y font leurs adieux. Côté présidentiel, il reste SEM. Alcide Djédjé (Représentant permanent de la Côte d'Ivoire à l'ONU) et Konaté Navigué (président JFPI et directeur des Affaires politiques au ministère de l'Intérieur). En cédant, Laurent Gbagbo voulait ainsi démontrer qu'il ne ferait rien qui puisse être considéré comme une volonté manifeste de sa part de vouloir bloquer le processus de paix. L'objectif, pour lui, étant l'organisation des élections générales en 2008. Ce qui passe par la fixation des dates de l'élection présidentielle, le désarmement et la réunification du pays. Préoccupations auxquelles les accords complémentaires 2 et 3 ont apporté une réponse. Désormais, la balle est dans le camp de Guillaume Soro.
Paulin N. Zobo