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Les ministres Youssouf Soumahoro et Dosso Moussa en viennent aux mains - Comment et pourquoi c`était prévisible

Deux ministres de la République en sont venus aux mains le jeudi 19 avril 2007. Retranchés dans leur fief de l'hôtel du Golf, à Abidjan Cocody-Riviéra, les ministres Youssouf Soumahoro et Dosso Moussa, tous deux issus des Forces nouvelles, se sont tapés dessus comme des garnements à la lutte pour du pain farci. En vérité, c'était prévisible.

Selon des explications des proches de ces personnalités, tout cela est arrivé pour une histoire de dossiers, de meubles et autres accessoires de bureau. Affectés respectivement aux départements du Commerce et de l'Enseignement Technique et de la Formation Professionnelle dans le nouveau ''Gouvernement de mission'', les deux ministres n'ont fait que permuter. Youssouf Soumahoro, qui était à l'Enseignement Technique, vient à la place de Dosso Moussa qui prend le département du premier. En pareille circonstance, il ne suffisait à l'un que de prendre ses effets personnels, notamment stylos, et d'autres matériels de bureau. La Fonction publique étant une continuité, bureaux, tapis et autres meubles restent en place. Comme dans tant de ministères !
Mais, voilà. Il n'y a pas très longtemps, exacerbés par le comportement qu'ils jugent inadmissible de leur ministre de tutelle, des étudiants de certains établissements techniques ont envahi le cabinet du ministre Youssouf Soumahoro. Là-bas, ils se sont donnés à c?ur joie sur le mobilier trouvé sur place, à défaut d'en découdre avec celui qu'ils pensent être la cause de leur malheur. Tout est saccagé, selon des témoins rencontrés au cabinet.
De retour, le ministre ne fait que constater les dégâts, avant d'en faire le point en Conseil de Gouvernement, puis en Conseil des ministres. ''pas de budget pour l'instant au chapitre du mobilier de bureau'', lui rétorquent le Premier ministre et son ministre Délégué chargé de l'Economie et des Finances d'alors. Qu'à cela ne tienne. Avec ''ses économies personnelles'', prétend-il, Youssouf Soumahoro se fait livrer de nouveaux meubles, et le travail peut continuer au cabinet, dans l'espoir qu'une fois inscrit au budget de l'exercice de l'année suivante, le prix de ce mobilier pourrait lui être restitué. Rien de tout cela. C'est dans cette situation que, un peu souffrant, et de retour d'une mission en Allemagne, il reste quelques mois à Paris. De son séjour parisien, d'aucuns disent qu'il serait allé se mettre à l'abri de poursuites judiciaires imminentes, tant sa gestion des ressources financières générées par différentes prestations du ministère de l'Enseignement Technique est jugée opaque. Il n'aurait pas, selon nos sources, de compte à rendre à personne. D'autres parlent même d'une grande école, refusée à la Côte d'Ivoire parce qu'elle formerait des étudiants sans débouchés véritables à cause des explications du ministre Youssouf Soumahoro, serait en construction au pays des Hommes intègres pour le compte de celui-ci. En plus de cela, les plus virulents des détracteurs du ministre Soumahoro parlent de frais de mission très onéreux que celui-ci prendrait, non pas pour effectuer des missions de l'Etat de Côte d'Ivoire, mais pour ses journées de villégiatures. Ce qui, selon ces sources, aurait amené les ministères de la Fonction Publique et de l'Economie et des Finances à ne payer désormais qu'une partie des frais de mission des ministres et autres cadres de l'Administration, au vu des reçus d'hôtel, de restaurant et d'autres commodités de la mission. Evidemment, le ministre Youssouf Soumahoro n'est pas le seul indexé dans ce cas.
C'est dans ce contexte de suspicion qu'intervient le renouvellement du Gouvernement, suite à l'accord de Ouagadougou. Très affecté par ces histoires de détournements et autres gabegies, Youssouf Soumahoro décide de récupérer ce qui lui appartient, en attendant ''qu'il réponde devant la justice'' pour tous ces délits qu'on lui attribue.
Quant au ministre Dosso Moussa, le gentleman des Forces nouvelles, connaissant les arcanes de l'administration pour avoir occupé de hauts postes de responsabilités, tout comme d'ailleurs son adversaire? qui fut un des Directeurs financiers de l'Atci, il a laissé en place tout le mobilier de son cabinet. C'est, donc, fort surpris de l'attitude de son camarade des Forces nouvelles qu'il prend un huissier pour faire le constat ''du déménagement''.
Ayant gros sur le c?ur, après les dénigrements et autre suspicion de trahison de la cause des Forces nouvelles au profit de Laurent Gbagbo, Youssouf Soumahoro, un notable de Touba, ne pouvait supporter que ''son frère de Séguéla''- quand bien même il est né à Issia où ses parents ont toutes leurs réalisations, Dosso Moussa ne demeure pas moins originaire de Mankono''- le traite ainsi.
Après les grossières injures, les deux hommes en sont venus aux mains. Selon des sources généralement bien informées du quartier général des Forces nouvelles à Abidjan, il y a eu plus de peur que de mal, tant les deux antagonistes pouvaient recourir aux armes à feu. Cette bagarre, d'après ces sources, était, donc, prévisible. L'on apprend par ailleurs que le ministre Youssouf Soumahoro, a bastonné son géniteur alors qu'il avait 13 ans, et qu'à l'Atci, le Dg Gnon Basile était régulièrement menacé d'être bastonné Si nos deux loubards restent au gouvernement et ne se font pas de cadeaux, alors qu'ils sont tous les deux issus des Forces nouvelles, il faut avoir peur pour les ministres issus des autres mouvements politiques si un jour ils ont affaire à eux. Ainsi, va la Côte d'Ivoire.
Laurent Nahounou

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