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Le Patriote
· 15 min de lecture

Alassane ouattara, (Président du RDR): "Moi, otage d'un clan ?Jamais !"

Dans cette seconde partie de notre entretien avec le Président du RDR, nous faisons avec lui, un voyage à l'intérieur de son parti. Il nous parle de la grande formation politique qu'il veut bâtir, de son projet de société, de la dissidence, des départs, des retours annoncés, des nouvelles adhésions.

L.P. Abordons les questions relatives à votre parti, le RDR. Vous avez annoncé un congrès. Avec vos collaborateurs, avez-vous décidé d'une date ?
ADO : Pas une date précise, mais nous espérons faire le Congrès à la mi-décembre. Nous avons mis en place un comité d'organisation présidé par le Ministre Marcel Amon Tanoh. Ce comité fera des propositions au Secrétariat général du parti.

L. P. : Avant les réflexions du comité scientifique, vous, en tant que président, quels sont les enjeux que vous percevez à travers ce Congrès ?
ADO : Les enjeux sont clairs. D'ailleurs, le Bureau politique qui s'est réuni le 28 juillet dernier, a déjà indiqué que l'objectif c'est d'abord de renouveler les instances du parti. Ensuite, de désigner le candidat du parti à l'élection présidentielle. Enfin, de réadapter la stratégie du parti pour la conquête du pouvoir. Ce sont tout de même des enjeux importants, des objectifs essentiels. Le comité scientifique est déjà à pied d'?uvre sous la direction du Ministre Cissé Bacongo. Il nous fera des propositions dont nous débattrons.

L.P : Vous auriez choisi une ville de l'intérieur du pays pour la tenue de ce conclave. Quel sens donnez-vous à cela ?
ADO : Nous attendons les propositions du Comité d'organisation. Ce n'est pas au Président de choisir le lieu où doit se tenir le Congrès. Nous sommes un parti démocratique.

L.P. : Vous-vous êtes déjà déclaré candidat à la présidence du RDR et à la candidature de votre parti à la présidentielle. Accepteriez-vous d'affronter au cours de ce Congrès, d'autres personnes ou cadres de votre parti ?
ADO : Absolument! Mais, je ne me suis pas déclaré candidat. Le Bureau Politique dernier a proposé que je sois le candidat du parti. Les Délégués Généraux du parti en Europe ont fait la même proposition. Je leur ai fait savoir que je me tenais à leur disposition. Si tel était leur souhait, j'accepterai volontiers d'être le candidat du RDR à la prochaine élection présidentielle.

L.P. : Vous avez connu des moments de dissensions au sein de votre parti. Vous avez des cadres très proches qui vous ont quittés. Quels sont les effets que cette dissidence-là a créés au sein du RDR ?
ADO : Malgré ces départs, le RDR est un parti fort et bien structuré. Avec une base qui croit en notre lutte. Je considère que le parti est plutôt sorti renforcé de cette crise.

L.P. : Le chef de fil de cette dissidence, Zémogo Fofana, est un élu local à Boundiali. Vous avez été annoncé dans cette ville, mais vous n'y êtes pas parti. Pourquoi ?

ADO : Le moment venu, je le ferai. Je serai à Boundiali comme je l'ai promis aux populations.

L.P. : Les cadres qui sont partis l'ont dit. Certains qui y sont encore, le disent également : il y aurait des dysfonctionnements dans la machine RDR. Selon vous, ces accusations sont-elles fondées?
ADO : J'accepte la critique. Je respecte la liberté d'expression et la liberté de pensée. C'est leur droit de s'exprimer comme ils l'ont fait. Ils auront la possibilité de prendre la parole à l'occasion du Congrès pour dire quelles solutions ils proposent. La démocratie interne jouera comme cela se fait d'ailleurs au quotidien dans la gestion du parti.

L.P. : Entre autres, il est reproché à votre parti d'être un club de soutien à votre personne. Partagez-vous cet avis ?
ADO : Un club de soutien d'environ 700 mille militants, ce n'est quand même pas mal (rires) ! Le RDR est un grand parti politique bien structuré, avec près de 30 mille comités de base et 3406 sections. Mon objectif n'a donc jamais été de construire un club de soutien, un clan ou une secte. Il s'agit de bâtir une grande formation politique. Je crois que nous sommes arrivés à le faire. Vous savez, gagner les élections municipales, qui sont des élections locales comme le disent les anglais, c'est cela la force d'un parti politique. Cela veut dire que le parti est implanté partout dans le pays, dans toutes les communes. Chaque Ivoirien trouvera sa place dans notre parti. Nous voulons être une formation de masse, dans laquelle doivent se retrouver des Ivoiriens de tous âges, de toutes origines, de toutes croyances et de toutes conditions. Le RDR est un parti démocratique et républicain qui aspire à donner aux ivoiriens, justice, progrès et prospérité.

L.P. : Concernant vos collaborateurs, au cours de plusieurs réunions du Bureau politique, certains de vos militants ont fait cas de ce que M. Ouattara serait pris en otage par un noyau de ses proches. Pourquoi, cette récrimination qui revient de plus en plus ?

ADO : Ah! Ces fameux coupeurs de route (Rires)! Vous savez, c'est mal me connaître. Je suis très ouvert. Je reçois toutes les idées et toutes les suggestions. Mais les décisions, je les prends moi-même. Je considère que ces rumeurs proviennent de personnes qui ne me connaissent pas bien ou qui ne savent pas comment le parti fonctionne. Quand il y a des idées, nous les débattons au sein de notre Comité Directeur qui comprend les dix (10) Secrétaires généraux du parti, les conseillers spéciaux du président et tous les ministres. C'est quand même une assemblée d'une vingtaine de personnes qui analyse les propositions de décisions, avant que nous ne puissions nous prononcer là-dessus. Le processus est très cohérent et est très rationnel.

L.P. : Pensez-vous que vous êtes suffisamment accessible à tous vos militants ? On parle d'un certain nombre de cadres qui seraient inamovibles autour de vous.
ADO : Je pense que je suis l'un des leaders politiques les plus accessibles. Les militants vous le diront. Je reçois à tout moment, de jour comme de nuit. Je reçois des dizaines d'appels par jour. Et je me fais un devoir de répondre ou de rappeler. Par ailleurs, Pourquoi voulez-vous que je change des collaborateurs qui sont compétents, qui font leur travail ? Qui ont montré leur fidélité non pas à ma personne, mais à la cause que nous défendons. La politique, c'est une question de conviction. Ceci est important pour moi. Je veux diriger la Côte d'Ivoire avec des femmes et des hommes de conviction.

L. P. : Vous parlez de conviction. Cela fait-il partie des critères de nomination au sein de votre parti?
ADO : Tout à fait! Il y a des critères qui sont clairs tels que la compétence, l'engagement, la diversité. La politique doit être un savant dosage de toutes les opinions et de toutes les sensibilités. Il faut éviter des frustrations dans la composition d'une équipe.

L. P. : Mais on vous accuse d'être un parti tribal.
ADO : Regardez les chiffres et vous verrez qu'il s'agit encore de manipulation et de faux procès. Le RDR est un parti véritablement ouvert. C'est un parti qui a des responsables de toutes les régions. C'est un parti qui est implanté dans tous les départements de Côte d'Ivoire.

L.P. : Votre parti qui, dans les années 2000, 2001, mobilisait des centaines de milliers de personnes dans les rues aujourd'hui n'en fait pas. N'est-ce pas le signe que l'effervescence s'estompe ?
ADO : Il y a un temps pour tout ! Maintenant, notre priorité, c'est la préparation des élections. C'est donc l'extension du parti sur l'ensemble du territoire et nous assurer que nos militants et les ivoiriens en général auront leur carte d'identité et leur carte d'électeur pour participer aux prochaines élections. Nous travaillons à l'encadrement des militants et des sympathisants.

L.P : Vous dites les encadrez. Mais certains de vos militants sont morts ou blessés au cours des différentes manifestations qui ont eu lieu par le passé. Que fait aujourd'hui le RDR pour apporter sa solidarité à ces personnes?
ADO : Le RDR fait beaucoup. Je tiens d'ailleurs à cette occasion à féliciter notre Secrétaire nationale chargée de la solidarité, Mme Anne Oulotto, qui reçoit des dizaines de victimes ou de familles de victimes au siège du parti. Et nous leur apportons le soutien que nous pouvons, en fonction de nos moyens. D'ailleurs, nous allons organiser très bientôt une rencontre avec les familles des victimes, dans différents quartiers d'Abidjan. C'est important parce que cette lutte a été rude. C'est une véritable tragédie que la Côte d'Ivoire a vécue à cause de ce régime répressif. Nous ne pouvons donc pas être insensibles à de tels drames.

L.P. : Le 17 mars dernier, vous avez rencontré vos élus. Et vous avez interpellé vos cadres en ces termes : les militants se plaignent de plus en plus de vous. Ils disent que vous êtes distants. Et qu'ils ont le sentiment d'être oubliés. J'ai donc le devoir de vous demander d'entendre leurs cris de détresse . Pensez-vous avoir été entendu ?
ADO : Je pense que nous avons été entendus. Je constate que des efforts importants ont été faits dans le domaine de la solidarité. C'est un premier pas dont je me félicite mais il faut aller plus loin. J'encourage ceux qui le peuvent à se montrer plus généreux.

L .P. Pour votre parcours dans les hautes instances internationales, vous êtes considéré par certains ivoiriens comme le candidat de l'élite. Croyez-vous en cela ?
ADO : Je souhaite plutôt être perçu comme un candidat en phase avec le peuple. Le candidat pour une Côte d'Ivoire moderne. Le candidat de tous les Ivoiriens réconciliés. Le candidat qui rejette l'exclusion et la discrimination. Le candidat pour qui la récompense est le fruit du mérite et du travail. C'est comme cela que je vois ma candidature.

L.P. : Après Washington et Paris que vous avez parcourues ces derniers temps, quel état faites-vous de la mobilisation de vos militants à l'extérieur et dans ces grandes contrées ?
ADO : Il faut dire que la mobilisation a été exemplaire. Ces deux rencontres ont permis d'encourager les militants à l'harmonie à l'entente et à la solidarité.

L. P. : Vous avez dit tout à l'heure que le départ de certains cadres de votre parti ont fait du bien au RDR. En toute franchise et avec du recul, ne regrettez-vous pas d'avoir perdu des cadres comme Zémogo, Béchio, Ali Kéita ou Kouamé Oi Kouamé?
ADO : J'avoue qu'il est regrettable de perdre de proches collaborateurs, notamment Zémogo Fofana et Jean-Jacques Béchio que je considérais comme des frères et des amis. Mais la vie politique est ainsi faite. Ils sont partis. Je ne ferai pas d'autres commentaires.

L.P. : Entre-temps, le Dr Ahua Junior est annoncé dans votre parti. M. Ouattara débauche-t-il au FPI ?
ADO : Pas du tout! Ce n'est pas notre méthode. Le Dr Ahua a pris sa décision seul. Il a fait l'expérience politique du Front Populaire Ivoirien. Il en éprouve une très grande déception comme beaucoup de militants du FPI d'ailleurs. Je me réjouis qu'il soit des nôtres, car, il a une bonne expérience politique. Je salue sa venue ainsi que celle de tous ceux qui ont nouvellement adhéré au RDR. Je profite de cette occasion pour féliciter notre Secrétaire Générale, le Pr Henriette Dagri Diabaté et Maurice Bandama, le Secrétaire Général Adjoint chargé des nouvelles adhésions, pour l'excellent travail accompli dans ce sens.

L.P. : D'autres cadres sont annoncés dans votre parti. On cite même Mamadou Ben Soumahoro qui serait sur le retour, le ministre Joël N'Guessan, M. Abou Cissé et bien d'autres. Ces informations sont-elles vérifiées ou il s'agit tout simplement d'une man?uvre d'intoxication ?

ADO : Intoxication de la part de qui ?

L. P. : De nos sources.
ADO : Ecoutez, soyez patients et on verra!

L.P. : Mais accepteriez-vous ces cadres qui, a un moment donné, vous ont créé des problèmes au plan personnel, en vous injuriant?

ADO : Mais quand je dis que j'ai pardonné à tous ceux qui m'ont offensé, c'est la réalité. Je n'ai pas de ranc?urs. Je n'ai pas de rancune. Tous ceux qui veulent revenir au RDR seront les bienvenus. L'essentiel est que nous puissions mener ensemble le combat pour la démocratisation de notre pays.

L.P. : Durant plus de cinq ans, votre village, Kong, a été privé de représentant à l'Assemblée nationale. Comment avez-vous vécu cela ?
ADO : Cela a été une déchirure pour nous. Pour moi, pour ma famille et toute la population. Fort heureusement, cette situation sera réparée en 2008, car Kong aura enfin ses députés.

L .P. : Vous avez évoqué les conditions d'élections transparentes. Si ces conditions ne sont pas remplies, est-ce à dire que vous allez boycotter les élections ?
ADO : Non, pas du tout! Mais, je suis persuadé que les élections seront transparentes.

L. P. : Mais si le boycott de 2000 était à refaire, alliez-vous le faire ?
ADO : Non ! Nous n'allons tout de même pas laisser le pays dans les mains de ce pouvoir. Ce serait enterrer la Côte d'Ivoire. Vous savez le passé, comme le disent les anglais, c'est l'eau qui a coulé sous le pont. Il ne faut pas commettre les mêmes erreurs dans le futur. La Côte d'Ivoire d'aujourd'hui n'a pas besoin d'un boycott comme en 2000. Le contexte n'est plus le même. Regardez le Sénégal. Les Sénégalais n'avaient jamais boycotté d'élection. Je constate qu'ils le font aujourd'hui. Il faut comprendre qu'à la date d'aujourd'hui, un boycott n'est pas imaginable, pour la classe politique ivoirienne. En revanche, cela ne veut pas dire que nous irons aux élections à n'importe quelles conditions, sans transparence. Nous nous battrons pour que ces élections soient transparentes. Nous sommes suffisamment nombreux en Côte d'Ivoire et pas seulement dans les partis politiques, pour exiger que les élections soient transparentes. Nous ne voulons plus, comme l`a dit Laurent Gbagbo, d'élections calamiteuses .

L.P. : A ce niveau, avez-vous défini les règles du jeu avec les Forces nouvelles qui ont aujourd'hui la primature, par rapport à la transparence du processus ?
ADO : Nous n'avons pas de définition particulière à faire. Nous faisons confiance au Premier ministre pour organiser les élections dans les meilleures conditions et dans l'intérêt supérieur de la Côte d'Ivoire. La Commission Electorale Indépendante a pris des engagements forts sur cette question.

L.P. : Dans votre programme, le Vivre ensemble que propose le RDR pour recoudre le tissu social déchiré par cinq années de guerre ?
ADO : C'est un travail gigantesque ! Je pourrais vous faire tout un développement sur ce chapitre. Les fondamentaux sont simples. Il s'agit d'abord de réconcilier les Ivoiriens. Ensuite ce sera de bâtir un Etat de droit. Un Etat où la justice est reconnue comme étant l'élément clé du règlement des conflits. Un Etat doté d'une armée républicaine et non d'une armée aux ordres d'un individu. Il faut également reconstruire la Côte d'Ivoire. Il ne s'agit pas seulement d'une renaissance, mais plus encore, d'une véritable reconstruction. Ceci demandera un travail énorme de gestion, d'organisation et de financement de l'Etat. Il faudra se pencher sur des questions fondamentales comme l'éducation, la santé et les infrastructures. Tout cela exige des investissements et des financements extérieurs importants. Je suis bien placé pour convaincre les bailleurs de fonds de reprendre leurs financements sur la Côte d'Ivoire.
Il faudrait amener les Ivoiriens à prendre en main leur destin et à mieux préparer leur avenir. Cela veut dire assurer une meilleure éducation à nos enfants, favoriser l'accès de tous aux soins de santé, rémunérer les paysans à un juste prix, épargner pour assurer notre autonomie financière. C'est un vaste chantier. Le programme Vivre ensemble que j'ai proposé peut être consulté. C'est un programme qui a été fait en l'an 2000. Nous sommes en train de l'actualiser car la situation en 2000 n'est pas celle d'aujourd'hui. Celle d'aujourd'hui est totalement dégradée par rapport à la situation que nous avions en 1999-2000.

L.P. : En somme, la Côte d'Ivoire moderne, pour vous, c'est celle-là que veut bâtir Vivre ensemble
ADO : En effet, il s'agit de construire une Côte d'Ivoire moderne. Une Côte d'Ivoire de progrès et de prospérité. C'est cela mon ambition pour la Côte d'Ivoire. Parce que la Côte d'Ivoire est notre bien commun à tous, un bien précieux que nous devons protéger.

L.P. : Un aspect important du combat de votre parti, c'est la question de la Constitution de notre pays. On se rappelle que le projet qui avait été soumis par votre parti à l'ancienne Commission consultative n'était pas le même que celui qui a été voté. Une fois au pouvoir, allez-vous songer à changer cette Constitution ?
ADO : Tout à fait! Il faudrait nécessairement une Constitution qui réconcilie et qui rassemble les Ivoiriens. Une Constitution qui permette de construire une vraie nation. Une Constitution qui ne contient pas de germes confligènes. Une Constitution qui ne divise pas et qui n'exclut pas. Cela est essentiel pour permettre la construction d'une vraie Nation.

L.P. : Aujourd'hui, on dit que la violence des jeunes en Côte d'Ivoire est le fait qu'elle soit dés?uvrée. Partagez-vous cela?
ADO : Il faut dire que la question de la jeunesse est très difficile. Mais je ne crois pas qu'il y ait une seule raison qui explique la situation actuelle. Je crois que nous avons besoin de moraliser notre société. Nous avons besoin d'inculquer le sens de l'autorité et de la responsabilité dans la famille. Si les enfants qui vont à l'école n'ont pas ces valeurs à la maison, comprenez que c'est difficile. Vous savez, l'école ne peut pas tout faire à la place des parents. Ça, c'est la première des choses. La deuxième, au niveau de l'école, j'ai le sentiment qu'il y a un échec de tout le processus pédagogique et que l'école n'a pas été adaptée aux réalités d'un pays en voie de développement, d'un pays pauvre. Que ce soit dans le Secondaire ou le Supérieur, nous n'avons pas su orienter à temps les élèves qui avaient besoin de trouver une sortie beaucoup plus rapide du système scolaire pour se consacrer à des emplois. La formation a donc été négligée. La troisième chose, c'est quand on finit sa Licence ou son Master. Il n`y a pas d`emplois et les jeunes sont ainsi exploités politiquement. Il y a donc une vaste manipulation de notre jeunesse à cause de la pauvreté et de la misère. N'oublions pas que les jeunes constituent une large proportion de la population ivoirienne. Nous ne pouvons pas rester indifférents devant une telle situation. Ce sera donc un chantier indispensable. Il faudrait prendre des décisions courageuses qui permettront, d'abord, à ceux qui sont dans les Universités, de se dire qu'ils auront un travail un jour. Un emploi ne se crée pas par des discours, mais par des actes, par la capacité d'attirer des investisseurs, par la capacité d'encourager les nationaux à garder leur argent en Côte d'Ivoire, par la capacité de mettre les Ivoiriens au travail, comme nous l'avions fait de 90 à 93. On donnerait ainsi une perspective à notre jeunesse.
Il y a un problème très grave de la jeunesse. C'est aussi un problème de société. Il faut le reconnaître. Il faut donc pouvoir remettre nos compatriotes au travail, restaurer l'autorité de la famille, la discipline et la hiérarchie. Il faut mettre à l'honneur le travail et le mérite.

L.P. : Parlant de l'autorité de l'Etat, comment juguler le fléau de la FESCI qui, depuis 90, est comme un os dans la gorge des différents régimes?
ADO : Sachez que la FESCI n'est qu'une partie de la jeunesse. Je m'adresse à toute la jeunesse. Et il faut faire du brain washing , c'est-à-dire, qu'il faut laver le cerveau de ces jeunes à qui on a inculqué des choses qui ne sont pas réelles. Qu'on arrête de leur dire que la vie est facile et que tout est possible si on a des relations. C'est tout un programme. La jeunesse est un véritable souci pour moi. Il faut tout faire pour assurer l'insertion des jeunes. Arrêtons les discours ! Allons chercher les solutions là où les autres ont réussi. Nous pouvons le faire parce que nous en avons la capacité.

Par Charles Sanga,Emmanuel Koré Bakary Nimaga

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Article publié par Le Patriote et référencé par 225.ci.