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Le Rebond
· 4 min de lecture

Tunnel sans issue

Bonjour Cher Président. Tu te sens peut être très bien dans ta peau après avoir rencontré les représentants du Grand Ouest. Tu as parlé, avancé des choses, les unes aussi graves que les autres. Pour finir, on perd ses cheveux en t'écoutant et on se demande bien si tu vis dans le même pays que nous autres. Une fois encore, des élus et cadres d'une région ont organisé le voyage de leurs parents sur Abidjan pour te rencontrer. Le ??bétail'' du jour a bien applaudi ton ??one man show''. Pouvait-il en être autrement quand on sait que des millions de nos francs sont en jeu dans ce genre d'opération. Chacun emprunte le car de la compromission et du reniement de soi, avec au c?ur, la certitude de retourner au village riche d'un billet de 10.000 Fcfa. Ceux qui n'en auront pas eu n'hésiteront pas à se répandre dans la presse pour dénoncer une mascarade dont ils sont pourtant les complices. L'ivresse de ces rassemblements au palais présidentiel ont ceci de révoltant qu'ils sont une tribune ouverte à la démagogie ; une tribune où elle (la démagogie) est la chose la mieux partagée. Pour une sous-préfecture, un centre de santé vite occupé par des animauxOn croit au devoir d'aller remercier le Président de la République. Mauvaise pratique s'il en est car le Président est élu pour travailler au bien-être des populations. Encore que les fonds usités ne sont pas les siens mais le fruit des labeurs de tous.
Cher Président, une petite visite dans ton palais, et les délateurs et les zélateurs en sortent avec des millions. De l'argent qui aurait pu servir à autre chose. Que non ! Le premier des refondateurs que tu es ,préfère distribuer de l'argent aux calculateurs politiques pendant que les braves populations, celles laborieuses ont fini par choisir la queue du diable pour logis. Les pauvres planteurs plutôt que de voir leurs produits achetés à quelques 3000 Fcfa comme promis, sont chaque jour spoliés par des prédateurs jamais rassasiés. Te connaissant, je suis certain que tu regrouperas les rouspéteurs et tu leur promettras de mettre de l'ordre dans leur filière avant de leur lâcher quelques milliards. Ils iront se battre au couteau sans se rendre compte que pendant qu'ils donnent dans la querelle inutile, tes proches et toi prenez des bains dans des piscines de billets de banque. Les planteurs ne sont pas les seuls en colère. Il y a les enseignants du secondaire public qui ont sonné la charge depuis hier. Ils ne réclament que le paiement des indemnités et primes d'examens de 2007. Ce n'est pas de l'argent qui vient des caisses de l'Etat. Cet argent a été payé par les candidats au titre des droits d'examen. Où est-il passé ? En attendant de savoir la destination que ces fonds ont pris, que perds-tu à désintéresser les enseignants grévistes afin d'éviter une autre année scolaire bâclée aux apprenants ? Tu ne le feras. Tu veux les voir à tes pieds avant d'agir. Tu te veux l'Alpha et l'Omega. Qui ne veut pas l'entendre de cette oreille peut aller se la faire mettre ailleurs.

Cher Président, tes partisans aiment à te présenter comme un politicien avisé. Ils se trompent sur toute la ligne. Avoir un comportement que n'envierait un habitué des ??black market'', tenir un discours nationaliste et se bomber la poitrine des ??drogués à ta case'' ne peuvent faire de toi un homme d'Etat accompli. Impossible ! Sidéré j'ai été de t'entendre dire que la guerre a fait de la Côte d'Ivoire une Nation. Faux ! Mille fois faux ! Jusque-là pour ce qui me concerne nul ne peut donner des éléments et faits incontestables de l'existence d'un lien solide, ciment de l'appartenance d'individus vivant sur un même territoire. Sous ton régime, les ivoiriens plus que jamais pensent à leurs ??parents'' avant toute chose. N'as-tu pas toi-même placé à des postes dits ??juteux'' enfants, frères, s?urs et amis, et mis au défi quiconque voudra les limoger quand bien même ils se rendent coupables de mauvaise gestion. Maintenant, si tu t'es laissé enivrer par l'activisme intéressé des jeunes patriotes qui te soutirent de l'argent, au point de penser que toute la Côte d'Ivoire te soutient, alors tu auras tiré dans le vent. Souvenons-nous ensemble de cette déclaration venant de toi au plus fort de la crise : ??de toutes les façons, ils peuvent refuser de désarmer. Nous avons pour nous le Sud qui est la Côte d'Ivoire utile''. Paroles d'un chef qui affirme diriger une nation.

Cher Président, ce n'est pas demain que tu abandonneras la politique politicienne. Tu y excelles. Tu es un spécimen rarissime. Tu peux avec hargne soutenir une cause en public et batailler avec la même énergie contre elle en privé. La duplicité. Rien d'autre. Les peaux de bananes contre les audiences foraines sont là qui l'attestent. Tu nous dis que le redéploiement de l'administration est effectif et que les audiences foraines peuvent se tenir. Non ! Nous apprend-t-on, ton bras droit donne des coups tordus. ??Il n'y a pas de logements et de bureaux pour les Préfets et Sous-préfets''. Qui est responsable de cette situation ? Les Forces Nouvelles avec qui tu es en lune de miel. Que faites-vous pour une solution idoine ? Encore rien. Parce que dans ton entendement, le mieux à faire, c'est de maintenir le statu quo. La Côte d'Ivoire peut continuer à souffrir. Ce n'est pas bien grave. L'essentiel c'est que tu sois encore dans ton fauteuil. Le bout du tunnel n'est donc pas tout près. Les rêveurs en auront pour leur compte.

Bouah de Maniasso

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Article publié par Le Rebond et référencé par 225.ci.