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Les Samedis de Biton - Alignement

Dans de nombreux discours d'hommes politiques, de la société civile ou de la culture j'entends souvent dire : En Afrique, un vieux qui meurt est comme une bibliothèque qui brûle. Ce n'est pas ce qu'Ahmadou Hampaté Ba a dit au sénateur américain Benson, à l'Unesco à Paris, en 1961. Le sage a dit : En Afrique, un vieillard qui meurt est comme une bibliothèque qui brûle chez vous. Hampaté dit vieillard et non vieux. Pour le sage, il y a une nette différence entre le vieux et le vieillard. Chez les Peulh, on peut appeler un enfant vieillard. Tout se situe dans le savoir et la connaissance. Un vieux n'a pas forcément le savoir et la connaissance. C'est un vieux, ce n'est pas un vieillard. D'où la comparaison du vieillard, qui ne sait pas écrire, avec la bibliothèque qui contient la connaissance et le savoir en Occident. L'écriture n'est que la photographie du savoir. Le vieillard africain qui meurt s'en va avec sa connaissance et son savoir. Le même Hampaté Ba, que j'ai beaucoup fréquenté, aimait souvent dire que le père qui parle à son fils en Occident est considéré comme intelligent et respectueux quand il regarde dans les yeux de son père ou de son aîné. Le petit africain qui regarde ainsi son père est considéré comme impoli, idiot, mal élevé. Ces deux exemples montrent la nette différence entre l'entendement de l'européen et de l'africain. On comprend alors aisément que beaucoup de choses venues de l'Occident et imposées aux Noirs d'Afrique ont dû mal à s'imposer. Nous sommes héritiers de plusieurs millénaires de grandes civilisations. On a greffé une autre culture sur nous. Une culture venue de très loin. J'en veux pour preuve la fameuse démocratie venue de l'Occident. Avant l'indépendance ou après la démocratie avec son multipartisme n'arrivent pas à s'imposer dans nos pays. Des cadres africains, optimistes, oublient que durant la colonisation cette démocratie importée existait déjà et les maux de l'époque sont les mêmes que ceux d'aujourd'hui. Plus de cinquante ans pour quelque chose qui ne s'impose pas est à abandonner. Toutes les élections sont contestées hier comme aujourd'hui. L professeur et raciste James Waston disait : Ils ne sont pas comme nous. Il a raison. Nous ne sommes pas comme eux. Gilbert Cesbron disait que nous étions les enfants bâtards que l'Occident a faits à notre mère l'Afrique. Notre démocratie c'est le tribalisme, l'argent et les postes de responsabilité même si on partage avec les européens le troisième cas. Ayons une bonne fois le courage de nous démarquer et de faire des élections sans contestation, une élection à l'Africaine. Combien de personnes se disent d'un parti et dans leur c?ur ne le sont pas. Dans les urnes leur bulletin n'est pas celui de leur parti. J'en connais de ces faux militants. Il faut finir définitivement avec l'hypocrisie politique. Certains propos de camarades me poussent à relancer ce qu'avait tenté, il y a des années, le Nigeria. Chaque électeur s'alignait derrière l'image de celui pour lequel il voulait voter. Quelle meilleure forme de démocratie ! On peut encore trouver des élections transparentes en Afrique. L'exemple du Nigeria a fait long feu, les Occidentaux trouvant que ce n'est pas de la démocratie. Un ancien premier ministre d'un pays de l'Afrique centrale que j'avais rencontré répondait ainsi à ma question : Ce sont les Occidentaux qui m'ont poussé à accepter le poste. Il était évident qu'il n'aurait pas été loin. Il est temps de leur faire comprendre que nous ne sommes pas comme eux. Rentrer dans un isoloir avec de nombreux bulletins dans la main n'est pas adapté à notre culture. En continuant de voter comme cela se fait à Berlin, à Paris, à Vienne on va contester encore dans cent ans les élections. Est-ce si compliqué de comprendre que nous n'avons pas les mêmes manières de nous comporter. Si eux pensent que nous devrions les imiter, nous-mêmes savons que nous sommes différents d'eux. Imposons leur notre alignement. Il se trouvera tôt ou tard un homme politique qui va imposer l'alignement dans une des nombreuses élections. Quelqu'un qui voudra mettre fin à la tricherie, à la dissimulation, au mensonge et à l'hypocrisie dans la politique africaine. J'en suis persuadé. Ainsi va l'Afrique.
A samedi prochain. P.S : Le mercredi dernier, je me trouvais à Alepé pour assister à une conférence du magistrat Sébastien Zahiri Ziki sur son livre : Regards sur la crise ivoirienne J'admire son courage. Il persiste et signe : Pas d'élection présidentielle en Côte d'Ivoire avant l'an 2010 Et c'est L G qui sera élu pour cinq ans, totalisant ainsi quinze ans de pouvoir. C'est une révélation divine vérifiée par la Bible et les évènements. Il était l'invité, tout comme moi, de l'Amicale pour la Promotion de la Lecture. Ces enseignants ont décidé de faire la promotion du livre et de la lecture pour faire des ivoiriens et des africains de véritables bibliothèques ambulantes. Si nous n'avons plus de vieillards et que nos vieux ne sont pas tous des trésors de savoir et de connaissance, notre intelligence ne sera renforcée que par la pratique quotidienne des cinq genres de lecture (information ; distraction ; acquisition ; ravissement et élévation.

Isaïe Biton K.

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