Grades des Forces Nouvelles - Rien n`est encore réglé
La question de la reconnaissance des grades des militaires des Forces Nouvelles par le camp présidentiel est loin d'être réglée. Malgré l'accord de Ouagadougou, le problème reste entier et risque de compromettre tout le processus de paix.
E n son point III, l'accord de Ouagadougou stipule que les deux parties décident de procéder à l'unification des deux forces en présence par la création d'une structure opérationnelle intégrée. Cet outil, c'est le Centre de Commandement Intégré. La mise ensemble des deux armées suppose le règlement de l'épineux problème que constituent les grades acquis par les militaires des Forces Nouvelles depuis 2002. Sur ce point, des sources indiquent que les Forces restées loyales à Gbagbo sont intraitables. Pas question pour elles de reconnaître des grades qui n'auront été mis par Laurent Gbagbo. Or sans la reconnaissance des grades des Forces Nouvelles, il est difficile de parler de CCI, encore moins d'armée intégrée. Il y a quelques semaines, le ministre de la Défense, Amani N'guessan Michel avait annoncé que le problème des grades des Forces nouvelles serait réglé dans une semaine. Depuis, plus rien. Pis, les choses sont bloquées et chaque camp reste sur sa position.
Du côté des FDS, presque tous les Officiers sont unanimes pour dire qu'il serait impensable d'admettre que des caporaux devenus commandants intègrent aussi facilement la hiérarchie militaire alors que ceux restés loyaux n'ont rien en compensation. Aussi, la hiérarchie des loyalistes ne veut pas entendre parler des grades acquis dans la rébellion. Comme dans une sorte de passe d'armes, deux Officiers des Forces Nouvelles et non des moindres ont donné la réponse du berger à la bergère. Dans des propos tenus devant ses hommes de Bouaké et rapportés hier par notre confrère "L'Inter", Issiaka Ouattara dit Wattao, chef d'état-major adjoint des FAFN s'est voulu ferme quant au fait que leurs grades ne sont pas négociables : "Nous avons reçu nos grades au front, nous n'allons jamais les enlever. S'ils ne peuvent pas en rajouter, il ne faudrait pas non plus en diminuer. Dans plusieurs pays, en Afrique du Sud, au Mali, au Congo, au Liberia, après la guerre, pour la paix, on a accepté chacun avec son grade. Surtout que nous sommes de l'effectif de l'armée ivoirienne". Notre confrère révèle que Wattao a ajouté que l'on ne devrait pas discuter ou s'attarder sur les problèmes de grades si l'on veut la paix. Pour sa part, le mythique Koné Zacharias, chef de la zone de Séguéla et de Vavoua, a dit dans les colonnes de Nord-Sud, à propos des grades des FAFN : "Nous avons un chef, Soro Guillaume qui, de surcroît est l'actuel Premier ministre. C'est lui, qui nous a donné nos grades, et pas un ministre. Jusqu'ici, le Premier Ministre ne nous a pas dit qu'il ne reconnaît pas nos grades. Le jour où il le dira, nous ne ferons que respecter sa décision" Ce qui revient à dire que tant que Soro ne viendra pas devant ses hommes pour annuler les grades qu'il leur a donnés, il n'est pas question de parler de ces grades. Soro est-il prêt à le faire ? Rien n'est moins sûr. Par ailleurs, des chefs de guerre des FAFN sont allés jusqu'à dire : "Si la partie sud veut annuler nos grades d'après 2002, il faudra alors annuler tous les grades de tous les militaires loyalistes acquis depuis le 19 septembre 2002." Autant dire que les grades demeurent la pomme de discorde entre les deux armées. Ce qui menace le processus entier.
Eddy PEHE
E n son point III, l'accord de Ouagadougou stipule que les deux parties décident de procéder à l'unification des deux forces en présence par la création d'une structure opérationnelle intégrée. Cet outil, c'est le Centre de Commandement Intégré. La mise ensemble des deux armées suppose le règlement de l'épineux problème que constituent les grades acquis par les militaires des Forces Nouvelles depuis 2002. Sur ce point, des sources indiquent que les Forces restées loyales à Gbagbo sont intraitables. Pas question pour elles de reconnaître des grades qui n'auront été mis par Laurent Gbagbo. Or sans la reconnaissance des grades des Forces Nouvelles, il est difficile de parler de CCI, encore moins d'armée intégrée. Il y a quelques semaines, le ministre de la Défense, Amani N'guessan Michel avait annoncé que le problème des grades des Forces nouvelles serait réglé dans une semaine. Depuis, plus rien. Pis, les choses sont bloquées et chaque camp reste sur sa position.
Du côté des FDS, presque tous les Officiers sont unanimes pour dire qu'il serait impensable d'admettre que des caporaux devenus commandants intègrent aussi facilement la hiérarchie militaire alors que ceux restés loyaux n'ont rien en compensation. Aussi, la hiérarchie des loyalistes ne veut pas entendre parler des grades acquis dans la rébellion. Comme dans une sorte de passe d'armes, deux Officiers des Forces Nouvelles et non des moindres ont donné la réponse du berger à la bergère. Dans des propos tenus devant ses hommes de Bouaké et rapportés hier par notre confrère "L'Inter", Issiaka Ouattara dit Wattao, chef d'état-major adjoint des FAFN s'est voulu ferme quant au fait que leurs grades ne sont pas négociables : "Nous avons reçu nos grades au front, nous n'allons jamais les enlever. S'ils ne peuvent pas en rajouter, il ne faudrait pas non plus en diminuer. Dans plusieurs pays, en Afrique du Sud, au Mali, au Congo, au Liberia, après la guerre, pour la paix, on a accepté chacun avec son grade. Surtout que nous sommes de l'effectif de l'armée ivoirienne". Notre confrère révèle que Wattao a ajouté que l'on ne devrait pas discuter ou s'attarder sur les problèmes de grades si l'on veut la paix. Pour sa part, le mythique Koné Zacharias, chef de la zone de Séguéla et de Vavoua, a dit dans les colonnes de Nord-Sud, à propos des grades des FAFN : "Nous avons un chef, Soro Guillaume qui, de surcroît est l'actuel Premier ministre. C'est lui, qui nous a donné nos grades, et pas un ministre. Jusqu'ici, le Premier Ministre ne nous a pas dit qu'il ne reconnaît pas nos grades. Le jour où il le dira, nous ne ferons que respecter sa décision" Ce qui revient à dire que tant que Soro ne viendra pas devant ses hommes pour annuler les grades qu'il leur a donnés, il n'est pas question de parler de ces grades. Soro est-il prêt à le faire ? Rien n'est moins sûr. Par ailleurs, des chefs de guerre des FAFN sont allés jusqu'à dire : "Si la partie sud veut annuler nos grades d'après 2002, il faudra alors annuler tous les grades de tous les militaires loyalistes acquis depuis le 19 septembre 2002." Autant dire que les grades demeurent la pomme de discorde entre les deux armées. Ce qui menace le processus entier.
Eddy PEHE