Aller au contenu

Éditorial : Faux procès

Au pays de la parole libérée?, tout le monde parle, parle. Pour accuser. A raison parfois, mais souvent à tort. Malheureusement! Par jalousie. Par méchanceté. Par haine! Les exemples sont nombreux. Une évaluation des 95 établissements d'enseignement supérieur privé ou grandes écoles a été organisée en août dernier. Pour la deuxième année consécutive, le Groupe LOKO s'est offert la palme de l'Excellence. Non seulement l'EST Loko a obtenu le premier prix, mais aussi M. José Dominique Loko a placé six de ses grandes écoles dans les dix premières places: EST Loko (1er); William-Ponty (3e); ISFOP-Zone 4 (4e); ISTA-Loko (6e); ISFOP-Optique (7e); ESTTIA (10e).Dans une interview parue dans Fraternité Matin du 5 septembre dernier, le professeur Abou Karamoko, président du comité de pilotage, a expliqué les critères objectifs retenus pour faire le classement de ces grandes écoles.
En plus des infrastructures (immeubles, équipements et matériel didactique), d'autres paramètres importants ont été pris en compte: la déclaration des travailleurs à la CNPS, le paiement régulier des impôts, etc. Dans un pays où certains refusent la loi du mérite et du travail persévérant, ils ont commencé à faire un procès au groupe LOKO et à son fondateur. Oubliant royalement que c'est pierre après pierre que l'édifice s'est mis en place avec bientôt 60 ans d'expérience. Les jeunes loups pressés de faire fortune et surtout de récolter des lauriers devraient méditer sur le parcours de M. Loko José Dominique: ils comprendraient alors qu'il n'y a pas de génération spontanée et que la réussite est toujours le couronnement des efforts persévérants consentis patiemment, par un travail rigoureux et méthodique. Loko José Dominique a commencé l'action de formation en 1948 par le cours privé para-scolaire de dactylographie à Treichville. Par la suite, il va ouvrir à Dimbokro en 1954, à Bouaké en 1956 avant de s'installer définitivement à Abidjan dès 1959. Aujourd'hui, son expérience et la recherche de l'excellence ont fait la différence.
Ces dernières semaines, la Refondation a fait l'objet d'un procès quasi quotidien. On a ressorti à l'occasion le vieux cliché de la liste des présumés milliardaires. Hier, sous Houphouet-Boigny, l'on avait présenté beaucoup de barons du PDCI comme étant milliardaires. Dès la mort du Bélier de Yamoussoukro, le troupeau de richards s'est clairsemé.
En réalité, sous nos tropiques, les avantages liés à certaines fonctions font rêver : gratuité du logement, de l'eau, de l'électricité, du carburant, du téléphone, etc. Même si les salaires sont modestes, ces différents chapitres font des heureux bénéficiaires des privilégiés. Dès lors, leur train de vie change. Choquant ceux qui, hier encore, profitant de ces mêmes avantages concédés, affichaient une aisance matérielle. Tout comme hier, il existe parmi les Refondateurs des flambeurs?. Ils ne sont malheureusement pas les seuls. Les militants du PDCI, du RDR, de l'UDPCI, qui du fait de la guerre et du partage du pouvoir, ont eu accès à des postes ministériels ou de grandes directions ne sont pas des exemples de modestie ou d'humilité dans leur train de vie. Ouvrons simplement les yeux: nous découvrirons alors, avec ahurissement, que les Ivoiriens sont tous les mêmes, quel que soit le parti auquel ils appartiennent. Avec leurs qualités et leurs défauts. Bon nombre de ceux qui sont persuadés qu'ils vont disparaître de la scène politique avec la fin de la fin de la guerre ont choisi d'assurer leurs vieux jours?. En tordant le cou aux règles de bonne gouvernance, de transparence, de probité et d'honnêteté. Il serait malhonnête de situer les bons dans un camp et les mauvais dans l'autre. Pour être justes, les procès doivent être équitables. Il faut prendre les deux faces de la médaille. On ne saurait se saisir des propos courageux de Mamadou Koulibaly pour flageller le FPI et oublier le symbole qu'il représente. Mamadou Koulibaly est un homme libre, une conscience critique, un esprit indépendant jusqu'à être parfois gênant pour ses alliés. Ces derniers ont cependant l'intelligence d'en faire une poche de moralité, une lucarne de liberté qui donne du crédit à leur idéal de démocratie. Est-on prêt au PDCI, au RDR, à l'UDPCI à accepter d'avoir son Mamadou Koulibaly? Apparemment non, quand on observe les radiations et bannissements.
Peut-on raisonnablement parler de l'échec de la Refondation en ne retenant que les difficultés de la libéralisation de la filière café-cacao tout en occultant les Conseils généraux qui, dans une belle émulation, affichent chaque jour dans les médias leurs réalisations? Il est donc faux d'affirmer que la Refondation n'a pas construit d'écoles, de centres de santé, de châteaux d'eau: les Conseils généraux sont le prolongement d'une politique, d'un projet de société ayant un concepteur. A l'évidence, la prochaine présidentielle sera un moment de débats, voire de déballages. La pré-campagne nous sert des procès permanents. Il va falloir instaurer par exemple un grand débat entre les deux candidats du second tour. Pour enrichir la démocratie, mais surtout permettre la confrontation d'idées et la contradiction.

Par
Jean-Baptiste Akrou

Dans cet article